Le ministre des Affaires étrangères hongrois à Jérusalem lundi
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Le ministre des Affaires étrangères hongrois à Jérusalem lundi

En visite d'une demi-journée, Péter Szijjártó rencontrera Netanyahu et Ashkenazi pour discuter de la lutte contre la COVID-19, mais pas de l'annexion, selon Jérusalem

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le ministre hongrois des Affaires étrangères Péter Szijjártó et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de l'ouverture de la mission commerciale de la Hongrie dans le centre de Jérusalem, le 19 mars 2019. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)
Le ministre hongrois des Affaires étrangères Péter Szijjártó et le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de l'ouverture de la mission commerciale de la Hongrie dans le centre de Jérusalem, le 19 mars 2019. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, l’un des plus fidèles alliés d’Israël en Europe, doit arriver à Jérusalem lundi pour une visite d’une demi-journée en Israël afin de discuter des efforts communs de lutte contre la pandémie de coronavirus et d’aborder d’autres questions à l’ordre du jour international.

M. Szijjártó doit rencontrer le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi et le ministre de la Science et de la Technologie Izhar Shay, avec lesquels il signera un accord bilatéral de coopération dans les domaines de la recherche spatiale.

« Nous avons de très bonnes relations avec la Hongrie. Et nous apprécions non seulement leur soutien à Israël dans les forums internationaux, mais nous coopérons aussi étroitement dans la lutte contre le coronavirus », a déclaré dimanche Avi Nir-Feldklein, qui dirige le bureau Europe du ministère des Affaires étrangères.

« Par exemple, nous travaillons ensemble sur la production de respirateurs dans une usine [appartenant à Israël] en Hongrie, ce qui prend bien sûr une signification supplémentaire au cours de la deuxième vague que nous connaissons actuellement. Le ministre des Affaires étrangères, M. Szijjártó, a d’ailleurs visité l’usine récemment ».

Nir-Feldklein faisait référence à Celitron Medical Technologies, située à Vác, qui a été fondée par un Israélien, Itzik Carmel. Celitron se concentre généralement sur la gestion des déchets médicaux, mais produit actuellement le respirateur Panther 5, qui est considéré comme un outil important dans la lutte contre la COVID-19.

Ces dernières années, Budapest a été le plus fervent défenseur de Jérusalem dans l’Union européenne, bloquant plusieurs tentatives de publier des déclarations critiques à l’égard de la politique israélienne.

Par exemple, la Hongrie est l’un des seuls pays qui ne s’est pas prononcé publiquement contre le projet d’Israël d’annexer unilatéralement de grandes parties de la Cisjordanie. Szijjártó a réitéré à plusieurs reprises que le gouvernement du Premier ministre Viktor Orban continuera à s’opposer aux condamnations unilatérales de l’État juif.

Lors d’un appel téléphonique en mai, Szijjártó a également déclaré à Ashkenazi qu’“Israël peut continuer à compter sur le point de vue juste et équilibré de la Hongrie”, selon un compte rendu de leur conversation.

M. Szijjártó a également exprimé de rares éloges à l’égard de « L’accord du siècle » du président américain Donald Trump, déclarant que le plan de paix au Moyen-Orient de l’administration « est approprié pour créer la paix et la stabilité dans la région à long terme ».

Cependant, des responsables à Jérusalem ont déclaré dimanche que le projet d’annexion de Netanyahu, qui a récemment disparu de l’actualité en raison de la résurgence du coronavirus et de l’hésitation de la Maison Blanche, ne devrait pas occuper une place importante dans les discussions de M. Szijjártó avec ses homologues israéliens.

Le ministère hongrois des Affaires étrangères Péter Szijjártó (à gauche) et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans les locaux de la nouvelle mission commerciale hongroise, dans le centre de Jérusalem, le 19 mars 2019. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

En février, Szijjártó, qui était ministre des Affaires étrangères depuis 2014, a signé un document officiel soutenant la position d’Israël selon laquelle la Cour pénale internationale n’est pas compétente pour enquêter sur d’éventuels crimes de guerre commis en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est.

Budapest « doute que la Palestine remplisse tous les éléments constitutifs d’un État, et donc que la compétence territoriale de la Cour ne s’étende pas nécessairement aux « territoires palestiniens occupés » », peut-on lire dans le document.

L’un des trois juges d’une chambre préliminaire de la CPI qui examine actuellement la question de la compétence, Péter Kovács, est un ressortissant hongrois. Mais Israël n’a pas l’intention de demander à Szijjártó de s’impliquer dans cette affaire, ont déclaré des responsables à Jérusalem.

En mars 2019, Szijjártó a solennellement ouvert une mission commerciale à Jérusalem, faisant de la Hongrie le premier et jusqu’à présent le seul État membre de l’UE à exploiter un bureau doté d’un statut diplomatique dans la capitale.

Szijjártó est le cinquième haut dignitaire étranger à se rendre en Israël depuis l’apparition de la pandémie de coronavirus au début de l’année. Il n’est pas prévu qu’il se rende dans les territoires palestiniens.

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