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Le monastère de la Vieille Ville abrite l’histoire arménienne de Jérusalem

Le musée du monastère arménien présente de superbes mosaïques, des œuvres d'art, des objets et des architectures remontant aux racines de l'Arménie en Terre sainte au IVe siècle

  • Une nouvelle aile du musée arménien Edward et Helen Mardigian de Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Une nouvelle aile du musée arménien Edward et Helen Mardigian de Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • La mosaïque d'oiseaux sur le sol du musée arménien Edward et Helen Mardigian de Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    La mosaïque d'oiseaux sur le sol du musée arménien Edward et Helen Mardigian de Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Vases ecclésiastiques arméniens exposés au musée arménien Edward et Helen Mardigian de Jérusalem. (Crédit : Koryoun Baghdasaryan)
    Vases ecclésiastiques arméniens exposés au musée arménien Edward et Helen Mardigian de Jérusalem. (Crédit : Koryoun Baghdasaryan)
  • Une inscription et un calice au sommet d'une mosaïque au musée arménien Edward et Helen Mardigian de Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Une inscription et un calice au sommet d'une mosaïque au musée arménien Edward et Helen Mardigian de Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Une magnifique illustration d'un manuscrit du XIIIe siècle réalisée par l'artiste arménien Thorus Roslin au musée arménien Edward et Helen Mardigian de Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
    Une magnifique illustration d'un manuscrit du XIIIe siècle réalisée par l'artiste arménien Thorus Roslin au musée arménien Edward et Helen Mardigian de Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)
  • Un calendrier mobile arménien de 1854 exposé au musée arménien Edward et Helen Mardigian de Jérusalem. (Crédit : Bob Chalik)
    Un calendrier mobile arménien de 1854 exposé au musée arménien Edward et Helen Mardigian de Jérusalem. (Crédit : Bob Chalik)
  • Les objets exposés sur l'histoire arménienne parmi les arches du musée arménien Edward et Helen Mardigian de Jérusalem. (Crédit : Bob Chalik)
    Les objets exposés sur l'histoire arménienne parmi les arches du musée arménien Edward et Helen Mardigian de Jérusalem. (Crédit : Bob Chalik)

À la fin du IIIe siècle, l’Arménie n’était qu’un pays païen comme des dizaines d’autres en Europe et en Asie. À l’époque, le pays était dirigé par le roi Tiridates III, avec l’aide de son indispensable secrétaire, Grégoire.

Un jour, alors que Grégoire refusa de mettre des fleurs sur une statue de dieux païens, le roi découvrît que son secrétaire était devenu chrétien. L’infortuné Grégoire fut jeté dans une fosse profonde, un abîme dont personne n’était jamais revenu.

Quelques années plus tard, en 301, le roi Tiridates III fut atteint d’une maladie rare. Après que sa sœur rêva trois nuits consécutives que seul Grégoire pouvait sauver le monarque d’une mort certaine, l’ancien secrétaire, qui avait en quelque sorte survécu à la fosse, fut libéré et parvint à guérir le roi. Peu de temps après, l’Arménie devint le premier pays à déclarer que le christianisme était une religion officielle d’État, 79 ans avant que l’empereur romain Théodose le Grand n’affirme la suprématie de la foi chrétienne sur toutes les autres dans l’Empire.

Un patriarcat arménien a été établi à Jérusalem en 638 et, depuis lors, malgré toutes les guerres et tous les massacres qui ont eu lieu au cours des siècles, la présence arménienne dans la Ville sainte n’a jamais été interrompue.

Au cours de l’ère byzantine, qui a duré du IVe au VIIe siècle, des dizaines de belles églises arméniennes ont été construites en Terre sainte, avant d’être démolies par les Perses conquérants en 614. Heureusement, un certain nombre de sols en mosaïque étonnants ont été presque parfaitement préservés sous les décombres.

L’un de ces sols exquis a été découvert en 1894. Une famille qui creusait les fondations d’une maison, près de la porte de Damas à Jérusalem, a été stupéfaite d’y découvrir un magnifique sol en mosaïque. Il s’est avéré qu’il s’agissait d’une partie d’une église arménienne du Ve ou du VIe siècle. Des fouilles plus poussées ont révélé que sous un coin de la mosaïque se trouvaient les restes d’une unité arménienne attachée à l’armée romaine (ou, peut-être, des martyrs morts au nom de leur foi).

Une nouvelle aile du musée arménien Edward et Helen Mardigian de Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Le patriarche arménien de Jérusalem a racheté le terrain sur lequel la mosaïque a été trouvée et, pendant plusieurs décennies, toute personne intéressée (comme nous) pouvait venir jeter un coup d’œil dans la cour de la maison qui avait été construite à cet endroit. Par la suite, pendant une longue période, les visites n’ont été possibles qu’avec l’autorisation du Patriarcat.

Cette année, la mosaïque a été méticuleusement transférée au couvent arménien, situé dans le quartier arménien de la Vieille Ville de Jérusalem, et est désormais au cœur du tout nouveau musée arménien Edward et Helen Mardigian, qui a ouvert ses portes la semaine dernière. La mosaïque couvre la quasi-totalité du premier étage de ce magnifique bâtiment, construit en 1853 en tant que séminaire théologique arménien de Jérusalem. Son créateur était l’artiste turco-arménien Sarkis Balyan, membre d’une famille distinguée d’artistes et d’architectes. Son père, Garabet Balyan, a conçu le somptueux palais de Dolmabahçe, le plus grand de ce type en Turquie.

Une magnifique illustration d’un manuscrit du XIIIe siècle réalisée par l’artiste arménien Thorus Roslin au musée arménien Edward et Helen Mardigian de Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Le séminaire a fonctionné jusqu’à ce que ses étudiants soient recrutés pour servir dans la Première Guerre mondiale par les dirigeants turcs du pays en avril 1917, juste avant la conquête britannique de Jérusalem. Il est resté vide jusqu’en 1922, lorsque le Patriarcat y a ouvert un orphelinat pour accueillir les enfants victimes du génocide arménien. Au total, 616 jeunes garçons ont trouvé refuge dans les murs de l’ancien séminaire. Le prêtre arménien Koryoun Baghdasaryan raconte que l’un de ces orphelins est même devenu un patriarche arménien.

En 1927, le séminaire théologique a été rouvert, mais en 1975, il a été déplacé en dehors du complexe monastique. Quatre ans plus tard, le bâtiment original du séminaire a été transformé en un modeste musée.

Le musée arménien Edward et Helen Mardigian, situé dans le couvent arménien de Jérusalem. (Shmuel Bar-Am)

Au cours des cinq dernières années, la remarquable structure a été rénovée, en partie par un artiste arménien qui a travaillé au Louvre, et le résultat est tout simplement magnifique. Mais, bien sûr, la pièce maîtresse est la mosaïque de l’oiseau, que Baghdasaryan appelle « le plus ancien monument en l’honneur du soldat inconnu » connu dans le monde. En effet, l’inscription en haut de la mosaïque se traduit par : « Pour la mémoire et le salut des Arméniens dont le Seigneur connaît les noms ».

La mosaïque d’oiseaux sur le sol du musée arménien Edward et Helen Mardigian de Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Longue d’un peu plus de six mètres et demi et large de quatre mètres, la mosaïque est remplie de médaillons d’oiseaux et a fait l’objet de nombreuses interprétations. Baghdasaryan propose une explication théologique, notant que le carreau central représente un oiseau en cage, qu’il assimile à l’âme en état de péché. Selon Baghdasaryan, il faut communier (recevoir le pain et le vin du prêtre pendant la messe) pour libérer l’oiseau (l’âme) de sa cage. Il ajoute qu’il en va de même pour la perle, représentée à l’intérieur de la coquille d’une huître.

D’autres carreaux, tous situés sur la rangée centrale, représentent du pain, et des raisins, le vin. Juste au-dessus de l’inscription, un calice contient à la fois le pain et le vin. Une grande variété d’oiseaux que l’on trouve en Israël, comme des cigognes, des faisans et des hirondelles, entourent les carreaux centraux.

Le frère Koryoun Baghdasaryan montrant des inscriptions faites par des orphelins au début du XXe siècle dans un orphelinat dont les locaux font maintenant partie du musée arménien Edward et Helen Mardigian de Jérusalem. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Autour de la mosaïque se trouvent diverses pièces insolites, notamment des inscriptions gravées sur les murs par les orphelins et indiquant leur ville d’origine, leur âge et le nom de l’orphelinat (Araratien – pour le mont Ararat en Turquie où, selon de nombreuses traditions, Noé a parqué son arche). L’une des pièces exposées est la copie d’une concession écrite par Saladin après sa conquête de la terre d’Israël en 1187. Dans son décret, Saladin a donné aux Arméniens des droits exclusifs sur les sites chrétiens sacrés de Jérusalem. Cette décision a été prise après que le patriarche lui a remis des lettres favorables aux Arméniens, écrites par le prophète Mahomet et par les dirigeants musulmans qui avaient conquis la ville au cours des siècles précédents.

Parmi les autres objets exposés au premier étage figurent d’anciennes gravures sur cuivre et des dessins d’artistes arméniens, ainsi qu’une vidéo émouvante de la réinhumation des corps découverts sous la mosaïque.

Les objets exposés sur l’histoire arménienne parmi les arches du musée arménien Edward et Helen Mardigian de Jérusalem. (Crédit : Bob Chalik)

Toute l’histoire de l’Arménie se trouve dans une gracieuse série d’arches dans un hall derrière la mosaïque. Les objets exposés sont colorés et intéressants, et il suffit d’appuyer sur un bouton pour lire les excellentes explications en anglais, français, arabe, hébreu ou arménien.

Une robe fabriquée à partir d’un morceau de la tente de Napoléon exposée au musée arménien Edward et Helen Mardigian de Jérusalem. (Crédit : Koryoun Baghdasaryan)

Nous avons aimé l’histoire vraie d’une merveilleuse robe arménienne exposée. L’armée de Napoléon a été vaincue à Akko en 1799 et ses soldats blessés ont été soignés dans le complexe arménien de Jaffa. Il était si reconnaissant pour le traitement qu’ils reçurent qu’il demanda comment il pouvait prouver sa reconnaissance. Ce que les Arméniens ont demandé, et reçu, a été un morceau de sa tente qui fut utilisé pour créer ce magnifique vêtement.

Sont également exposés certains des beaux objets utilisés pendant la messe, le baptême et l’ordination des Arméniens. Une pièce (les visiteurs doivent s’assurer d’entrer dans toutes les pièces dont la porte est ouverte) contient même des livres anciens illustrés, peints à la main, d’une rare beauté.

Tout le monde ne connaît pas les détails du génocide arménien, qui a commencé en 1915 et qui a duré plusieurs années. Les expositions en noir et blanc du deuxième étage donnent aux visiteurs une explication exceptionnellement claire de ce tragique événement.

La première presse à imprimer de Jérusalem, datant de 1833, exposée au musée arménien Edward et Helen Mardigian. (Crédit : Bob Chalik)

Les Arméniens sont fiers des contributions qu’ils ont apportées au fil des siècles. Ils ont apporté le premier appareil photo dans la ville, ainsi que la photographie en tant qu’art ; ils ont ouvert la première presse à imprimer de Jérusalem en 1833 avec la machine qui est exposée. Et bien sûr, les merveilleuses créations artistiques en céramique de Jérusalem sont l’œuvre d’artistes arméniens qui sont arrivés pour la première fois en 1919. Les Arméniens ont également été les tout premiers à Jérusalem à créer une école pour les filles – pas une école de commerce pour enseigner la cuisine et la couture, mais une école où elles seraient éduquées comme les garçons.

Remarque : un ascenseur devrait être opérationnel d’ici la fin du mois de novembre ; les personnes qui en auraient besoin, pour accéder au deuxième étage, doivent appeler en amont pour s’assurer qu’il fonctionne.

Heures d’ouverture : Du mardi au samedi de 9 h à 16 h. Prix : Adultes : 25 shekels, Enfants : 15 shekels ; les visiteurs en groupe paient 20 shekels chacun. Le musée se trouve en face du parking des Arméniens dans la Vieille Ville. Seules les espèces sont acceptées (shekels). Téléphone : 02-6328807

Aviva Bar-Am est l’auteure de sept guides en anglais sur Israël. Shmuel Bar-Am est un guide touristique agréé qui propose des visites privées et personnalisées en Israël pour les particuliers, les familles et les petits groupes.

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