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Le Mossad aurait obtenu l’asile en Autriche pour un agent double syrien – média

Khaled al-Halabi, accusé de répression de manifestations à Raqqa, vivait à Vienne dans un appartement payé par le Mossad qui l'avait fait entrer dans le pays, selon le NY Times

Vienne, capitale de l'Autriche, le 15 août 2019. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
Vienne, capitale de l'Autriche, le 15 août 2019. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Un haut responsable syrien accusé de crimes de torture sous le régime d’Assad a été introduit clandestinement en Autriche par le Mossad. L’agence de renseignement israélienne lui aurait obtenu l’asile dans ce pays en raison de son statut d’agent double, a rapporté mercredi le New York Times.

Selon cet article qui cite des enquêteurs et des procureurs agissant à titre bénévole, le général de brigade Khaled al-Halabi, 62 ans, vivait à Vienne dans un appartement payé par le Mossad.

L’article a été publié alors que Halabi était inculpé à Vienne pour des accusations de torture. Détenu en Autriche depuis décembre, il est le plus haut responsable syrien accusé de crimes de guerre en Europe.

Le lieutenant-colonel Musab Abu Rukbah, 53 ans, autre ancien haut responsable syrien, a également été inculpé mercredi. On ignore s’il a été arrêté et placé en détention par les autorités autrichiennes, d’après le NY Times.

Les accusations portent sur les activités de répression menées par les deux hommes lors d’un soulèvement survenu à Raqqa pendant le Printemps arabe, de 2011 à 2013, contre le régime d’Assad.

Halabi a rejoint les services de renseignement syriens en 2001. En 2008, il s’est vu confier la responsabilité de la branche de sécurité 335 à Raqqa, a fait savoir le journal. En 2011, lorsque les manifestations antigouvernementales ont éclaté, les services de sécurité ont œuvré à rechercher les organisateurs et les responsables de la transmission de vidéos aux médias internationaux, ont indiqué des victimes de torture.

Les victimes ont décrit avoir été torturées dans la branche dirigée par Halabi. L’une d’entre elles affirme avoir subi des mauvais traitements pendant des heures dans son bureau, non pas par Halabi lui-même, mais par Abu Rukbah.

Selon le journal, Halabi était un agent double qui travaillait pour le Mossad. Après avoir quitté la Syrie pour la Turquie en 2013, il s’est rendu à Paris via la Jordanie en 2015. Lorsque les autorités françaises ont commencé à enquêter sur les demandeurs d’asile, à la recherche d’éventuels crimes de guerre, il a décidé de fuir la France.

Le Mossad et un groupe d’officiers des services de renseignements autrichiens ont aidé Halabi à se rendre en voiture de la capitale française jusqu’à la frontière autrichienne. De là, Halabi a été emmené à Vienne, où il s’est caché dans un appartement payé par le Mossad.

Le rôle des agents autrichiens dans cette affaire a été mis au jour par la suite. D’après les procureurs, ils ont agi de leur propre initiative. Ils ont été inculpés en 2023 pour abus de pouvoir, pour avoir organisé l’asile de Halabi dans le cadre d’un accord avec le Mossad. Le chef de l’agence autrichienne du renseignement intérieur (BVT) s’est rendu en Israël en 2015, lorsque l’accord de coopération a été conclu, ont ajouté les procureurs.

Le Mossad a demandé que Halabi soit amené en Autriche, puisqu’il avait travaillé pour l’agence d’espionnage.

Quatre des accusés ont finalement été acquittés, faute de preuves qu’ils avaient nui à l’État. Le cinquième n’a pas pu assister au procès, pour des raisons de santé.

En janvier 2016, après avoir reçu des informations de militants concernant ses crimes présumés de torture, le ministère autrichien de la Justice a décidé de retrouver Halabi. Ce sont les recherches lancées à cet effet qui ont conduit à soupçonner les services de renseignement du pays de le cacher.

« Le gouvernement autrichien et les services de renseignement ont apporté leur aide au Mossad et à des criminels de guerre », a déclaré Asyad Almousa, avocat, qui a été torturé dans une prison syrienne. « C’est le pire niveau de criminalité que l’on puisse atteindre. »

Le gouvernement israélien et le Mossad n’ont fourni aucune réponse aux questions concernant Halabi, a rapporté le New York Times. Les ministères autrichiens de l’Intérieur et de la Justice ont pour leur part indiqué qu’ils s’abstenaient de commenter toute affaire spécifique, pour des raisons de confidentialité.

Le parquet autrichien de Vienne n’a pas divulgué les noms de Halabi et d’Abu Rukbah lors de l’annonce des inculpations. Selon l’article, ce sont les avocats et les victimes qui ont identifié les deux hommes.

Les procureurs qui ont déposé l’acte d’accusation contre Halabi ont affirmé dans un communiqué que 21 victimes de torture avaient été identifiées.

Les deux hommes récusent les accusations portées contre eux. Leurs avocats, n’ayant pu être joints, n’ont fourni aucun commentaire concernant les charges retenues contre leurs clients, a fait savoir le New York Times.

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