Le mufti de Jérusalem prohibe la vente de terres dans la ville et en ‘Palestine’
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Le mufti de Jérusalem prohibe la vente de terres dans la ville et en ‘Palestine’

Exprimée avant le sommet arabe, la fatwa est perçue comme un avertissement aux dirigeants arabes qui soutiendraient les décisions de Trump et son plan de paix

Khaled Abu Toameh est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Le mufti de Jérusalem Mohammed Hussein pose devant le Dôme du Rocher au Mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem (Ahmad Gharabli / AFP)
Le mufti de Jérusalem Mohammed Hussein pose devant le Dôme du Rocher au Mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem (Ahmad Gharabli / AFP)

Le mufti palestinien de Jérusalem, le cheikh Mohammed Hussein, a émis jeudi une fatwa, ou décret religieux islamique, interdisant à quiconque « d’abandonner ou de vendre Jérusalem et la terre de Palestine à l’ennemi » – en référence aux Israéliens.

La fatwa a été publiée à la veille du sommet arabe qui doit se tenir en Arabie saoudite la semaine prochaine lors duquel un certain nombre de questions devraient être discutées, dont le plan de paix du président américain Donald Trump, et sa décision annoncée en décembre de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y déplacer l’ambassade.

La fatwa est perçue comme un avertissement aux dirigeants des Etats arabes contre leur éventuel soutien aux décisions et au plan de paix de Trump, que les Palestiniens ont dénoncé comme une « conspiration visant à liquider la cause palestinienne et les droits nationaux ».

Mercredi, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a réitéré son rejet du plan de Trump, le qualifiant de « grande conspiration ».

« La Palestine, qui inclut Jérusalem, est une terre Waqf (un don islamique), et il est interdit par la religion de l’abandonner ou de faciliter le transfert de sa propriété à l’ennemi », a déclaré Hussein dans sa fatwa. « La Palestine fait partie des propriétés publiques islamiques. »

C’était la deuxième fatwa de ce genre depuis 2014, quand Hussein a rappelé aux musulmans qu’il leur était interdit de vendre leurs biens aux Israéliens après qu’il est apparu que des familles juives avaient acheté des maisons à des Arabes de Silwan, à proximité de l’enceinte de la Vieille Ville de Jérusalem.

Plusieurs Palestiniens soupçonnés d’avoir vendu des biens à des Israéliens ont été tués, tandis que d’autres ont été condamnés à la prison par les tribunaux de l’Autorité palestinienne.

Un bâtiment du quartier Silwan à Jérusalem Est dans lequel se sont installés des Juifs, qui prétendent qu’il appartenait à des immigrants juifs du Yémen (Crédit : La Paix Maintenant)

Hussein a déclaré que le transfert de propriété de biens appartenant à des musulmans à « l’ennemi » était illégal et « considéré comme une trahison ».

« Tout Palestinien qui vend sa terre à son ennemi est un pécheur », a déclaré le mufti.

Il a également statué qu’il était interdit pour un Palestinien d’accepter une compensation pour ses biens de la part de « l’ennemi », car cela représenterait un soutien à « l’expulsion » des musulmans de leurs foyers.

La fatwa affirme également que Jérusalem est la « capitale éternelle de la Palestine ». La décision de Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël est illégitime et nulle, ajoute-t-elle.

Hussein a déclaré dans sa fatwa : « Jérusalem et la mosquée Al-Aqsa resteront un waqf islamique jusqu’à la fin du monde. Ils ne peuvent être vendus ou donnés comme cadeaux ou transmis par héritage. Personne n’a le droit de les abandonner, ou d’abandonner Jérusalem ou une partie de Jérusalem, ou une partie de la mosquée Al-Aqsa, à l’ennemi. »

Israël, a-t-il accusé dans son décret, « a usurpé la Palestine, expulsé son peuple, volé ses économies et commis les crimes les plus horribles contre les lieux de culte, avec l’aide des pays colonialistes qui continuent à l’assister dans sa violente agression ».

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