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Le Musée du patrimoine juif de NYC veut aider les enseignants à combattre l’antisémitisme

Une nouvelle ressource en ligne compile les questions les plus fréquemment posées sur les Juifs et la haine des Juifs afin d'inculquer l'empathie et de sensibiliser les jeunes contre la propagande en ligne

Le Musée du patrimoine juif - Mémorial vivant de l'Holocauste à New York. (Crédit : Musée du patrimoine juif/John Halpern via JTA)
Le Musée du patrimoine juif - Mémorial vivant de l'Holocauste à New York. (Crédit : Musée du patrimoine juif/John Halpern via JTA)

NEW YORK – Dara Winkler, professeure d’anglais à l’école secondaire Robert F. Wagner Jr. pour les arts et la technologie dans le Queens, s’estime chanceuse.

Ses élèves n’ont pas parcouru les couloirs en scandant « Mort à Israël » ou « Tuez les Juifs », comme cela a été le cas dans d’autres écoles de la ville de New York dans le contexte de la guerre entre Israël et le Hamas. Ils n’ont pas non plus gravé de croix gammées sur les bureaux ni organisé de débrayage massif.

« Nous avons un corps étudiant très diversifié : ils sont palestiniens, juifs et sud-asiatiques. Ils ont une approche assez cosmopolite du monde. À part un étudiant plus âgé qui a dit qu’Israël devrait arrêter ce qu’il fait, il ne s’est rien passé ici », a déclaré Mme Winkler.

Elle craint cependant qu’à mesure que la mémoire de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah s’estompe, de moins en moins d’élèves comprennent les tenants et les aboutissants du Moyen-Orient, et leur pertinence aujourd’hui.

« Plus exposés à la désinformation, ils sont vulnérables aux sophismes insidieux de la propagande en ligne », a expliqué Mme Winkler.

C’est en raison de cette distance croissante par rapport à l’Histoire que Mme Winkler estime qu’il est essentiel que les professeurs enseignent l’antisémitisme et la Shoah. À ce titre, elle a apprécié la nouvelle publication du Museum of Jewish Heritage-A Living Memorial to the Holocaust, intitulée Antisemitism FAQ Educator Resource (FAQ sur l’antisémitisme à destination des éducateurs).

Conçue pour permettre aux éducateurs et aux étudiants new-yorkais de comprendre le phénomène de l’antisémitisme tant historique que contemporain, la FAQ comprend une série de questions fréquemment posées, notamment sur l’origine de l’antisémitisme, les raisons pour lesquelles les Juifs ont été pris pour cible pendant la Shoah, les liens entre la Shoah et les événements actuels, et la manière d’identifier les tropes antisémites.

Cependant, comme le reconnaît Jack Kliger, président-directeur général du musée, aussi pratique que soit le guide, il ne s’agit pas d’une panacée.

Jack Kliger, président-directeur général du Musée du patrimoine juif. (Crédit : John Halpern)

« Il y a des gens qui ne changeront pas, mais nous devons avoir un impact sur ceux qui forment leur vision du monde, à qui l’on apprend, je l’espère, à développer leur esprit critique et à avoir le sens du bien et du mal », a précisé Kliger.

Et c’est d’autant plus important que les actes antisémites ne cessent de se multiplier.

Dans les mois qui ont suivi le massacre du 7 octobre perpétré par le Hamas, au cours duquel 1 200 personnes ont été massacrées en Israël et 253 autres enlevées dans la bande de Gaza, les incidents antisémites sont montés en flèche aux États-Unis, selon les données préliminaires de l’Anti-Defamation League (ADL). Il y a eu 3 291 incidents, contre 712 au cours de la même période de trois mois en 2022.

Comme Winkler, Mark Treyger, directeur général du Conseil des relations de la communauté juive de New York, s’est félicité de la publication de la FAQ.

Petit-fils de survivants de la Shoah, ancien professeur d’histoire au lycée et ancien président de la commission de l’éducation du conseil municipal de New York, M. Treyger s’est dit choqué par les résultats d’une enquête menée par la 2020 Claims Conference auprès de millennials et de membres de la génération Z, âgés de 18 à 39 ans. L’enquête a révélé que les deux tiers des personnes interrogées ne savaient pas que 6 millions de Juifs étaient morts pendant la Shoah, tandis que 10 % d’entre elles pensaient que les Juifs étaient responsables de ce génocide.

« Ce niveau d’ignorance est un terreau fertile pour l’antisémitisme. Les écoles ont besoin de toute l’aide supplémentaire dont elles peuvent bénéficier. Nous devons nous assurer que les écoles sont à la hauteur de la situation. Nous avons besoin d’un changement systémique, et non d’une approche fragmentaire », a déclaré Treyger.

Selon un rapport récent de l’American Jewish Committee, 63 % des Juifs américains ont déclaré que l’attaque terroriste du Hamas du 7 octobre les avait fait se sentir moins en sécurité en tant que personne juive aux États-Unis, et 46 % ont déclaré que les craintes d’antisémitisme les avaient obligés à changer leur comportement.

Mark Treyger, directeur général du Conseil des relations de la communauté juive de New York. (Autorisation)

Ces statistiques expliquent pourquoi Treyger souhaiterait également que le système scolaire de la ville de New York désigne une personne chargée de traiter les questions relatives au titre VI. Selon le titre VI, personne ne peut se voir refuser les avantages ou être soumis à une discrimination fondée sur la race, la couleur ou l’origine nationale, dans le cadre d’un programme ou d’une activité bénéficiant d’une aide financière fédérale.

« Je crains que ces protections ne soient pas mises en œuvre assez rapidement. Nous avons besoin d’une personne spécialement chargée de cette question, quelqu’un de proactif pour sensibiliser et enseigner l’antisémitisme, mais aussi l’islamophobie et la xénophobie », a-t-il déclaré. « C’est une question de climat et de culture scolaires. Lorsqu’ils entrent dans le bâtiment scolaire, quelle que soit leur origine, tous les élèves doivent se sentir en sécurité et soutenus. »

Malgré les difficultés persistantes à combattre l’antisémitisme, Kliger a déclaré qu’il s’inspirait des survivants de la Shoah.

« Ils sont ceux qui considèrent vraiment que l’éducation et l’enseignement aux générations futures sont essentiels. On pourrait penser que nous sommes en train de nous battre contre des moulins à vent, mais ce que je veux dire, au fond, c’est si la situation serait-elle meilleure ou pire ? Je ne doute pas que ce serait pire », a déclaré Kliger.

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