Le négociateur palestinien fustige le discours « messianique » de Pence
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Le négociateur palestinien fustige le discours « messianique » de Pence

Saeb Erekat a jugé que la reconnaissance de Jérusalem était un « cadeau aux extrémistes » et que l'Amérique faisait davantage « partie du problème que de la solution »

Saeb Erekat, secrétaire général de l'Organisation de la libération de la Palestine (OLP), à Ramallah, le 23 novembre 2015. (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Saeb Erekat, secrétaire général de l'Organisation de la libération de la Palestine (OLP), à Ramallah, le 23 novembre 2015. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Les Palestiniens ont sévèrement critiqué lundi le discours du vice-président américain Mike Pence à la Knesset dans lequel il a insisté sur la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. Le négociateur de longue date de l’OLP a qualifié la mesure de « cadeau aux extrémistes ».

« Le discours messianique de Pence est un cadeau aux extrémistes et a prouvé que l’administration américaine faisait davantage partie du problème que de la solution. Son message au reste du monde est clair : violer la loi internationale et les résolutions, et les Etats-Unis vous récompenseront », a tweeté Saeb Erekat.

Plus tôt ce lundi, Hanan Ashrawi, responsable de l’Organisation de libération de la Palestine, a déclaré qu’il était « ridicule » de penser que la visite de Pence contribuerait à renforcer les efforts de paix.

« Les Américains ne peuvent plus parler de processus de paix après l’avoir miné, suite à la reconnaissance de Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël », a-t-elle affirmé selon l’agence de presse officielle Wafa.

Le vice-président américain Mike Pence, à la Knesset, le 22 janvier 2018. (Crédit : AFP PHOTO / POOL / Ariel Schalit)

En signe de protestation contre la visite de Pence, les Palestiniens ont manifesté lundi dans la ville de Naplouse, en Cisjordanie. Un manifestant a brandi une pancarte représentant le vice-président comme étant le chien de l’AIPAC, lobby pro-israélien.

Un petit groupe de Palestiniens ont également incendié la photo de Pence à Bethléem ce dimanche soir lors de l’arrivée du vice-président en Israël.

Depuis que le président américain Donald Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël le 6 décembre, les relations entre les Etats-Unis et les Palestiniens ont été fortement endommagées et Mahmoud Abbas, leader de l’Autorité palestinienne, a affirmé qu’il ne considérait plus les Etats-Unis comme un intermédiaire honnête.

Abbas a depuis intensifié sa rhétorique contre les Etats-Unis, maudissant Trump dans un discours plus tôt ce mois-ci dans lequel il a qualifié l’accord de paix proposé par la Maison-Blanche de « gifle du siècle ».

Les Palestiniens manifestent contre la visite du vice-président américain Mike Pence en Israël, à Naplouse, en Cisjordanie, le 22 janvier 2018 (Nasser Ishtayeh / Flash90)

Selon un reportage de Channel 10 diffusé ce vendredi, Erekat aurait exhorté Abbas à rejeter totalement le plan, dans lequel figure un certain nombre de mesures déjà précédemment rejetées par les Palestiniens.

Le reportage télévisé faisait échos à un reportage de Hadashot diffusé la semaine dernière, dans lequel il avait été dévoilé qu’un associé du leader de l’Autorité palestinienne s’était rendu en Arabie saoudite afin de connaître les détails du plan de paix de Trump.

Le plan appelle à ce que la sécurité de la Cisjordanie reste sous le contrôle d’Israël, avec une présence militaire israélienne dans la vallée du Jourdain et sur les points stratégiques de Cisjordanie. L’Etat palestinien serait démilitarisé mais compterait une sorte de super-police.

Le président américain Donald Trump, à gauche, et le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas posent pour une photo lors d’une conférence de presse conjointe au palais présidentiel de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017 (AFP / Mandel Ngan)

Le plan proposait également l’établissement de la capitale palestinienne dans la banlieue de Jérusalem, et Israël maintiendrait la liberté de culte pour toutes les religions dans les lieux saints de Jérusalem sous son contrôle.

Bien que le terme « périphérie » ne soit pas clair, un article du New York Times du mois dernier indiquait que la capitale palestinienne proposée serait Abu Dis, une ville de Cisjordanie située à la périphérie de Jérusalem.

Les Palestiniens voient Jérusalem-Est, qu’Israël a conquis à la Jordanie lors de la guerre des Six jours en 1967, comme la capitale de leur futur état. Israël revendique la ville entière comme sa capitale « indivisible ».

Le discours de Pence a été prononcé alors que Mahmoud Abbas, leader de l’Autorité palestinienne, se trouvait à Bruxelles afin d’exhorter les Etats membres de l’Union européenne de reconnaître l’Etat palestinien.

Pence ne rencontrera pas Abbas ou d’autres fonctionnaires de l’AP, qui ont refusé de rencontrer les responsables de l’administration Trump concernant le processus de paix depuis que Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël.

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