Le parquet allemand refuse d’interdire un « Mein Kampf » théâtral
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Le parquet allemand refuse d’interdire un « Mein Kampf » théâtral

Le théâtre de Constance avait promis une entrée gratuite à qui acceptera de porter des brassards frappés d'une croix gammée lors de la première de la pièce

Une édition allemande de Mein Kampf (Mon Combat) d'Adolf Hitler à la Librairie régionale et centrale de Berlin (Zentrale Landesbibliothek, ZLB), le 7 décembre 2015. (Crédit : Tobias Schwarz/AFP)
Une édition allemande de Mein Kampf (Mon Combat) d'Adolf Hitler à la Librairie régionale et centrale de Berlin (Zentrale Landesbibliothek, ZLB), le 7 décembre 2015. (Crédit : Tobias Schwarz/AFP)

Le parquet de Constance en Allemagne a refusé mercredi au nom de la liberté artistique d’interdire une représentation théâtrale satirique de « Mein Kampf » lors de laquelle une distribution de croix gammées et d’étoiles jaunes est prévue.

Le parquet a ainsi rejeté, selon l’agence allemande dpa, plusieurs plaintes qui avaient été déposées après que le théâtre de Constance eut promis une entrée gratuite à qui acceptera de porter des brassards frappés d’une croix gammée lors de la première de la pièce vendredi 20 avril, date de naissance d’Hitler.

A ceux qui achèteraient leur billet, « nous (…) proposons de porter une étoile de David dans l’enceinte du théâtre en signe de solidarité avec les victimes de la barbarie nationale-socialiste (nazie) », écrivent les responsables du théâtre sur leur site internet.

Les symboles nazis sont prohibés en Allemagne. Le théâtre dit vouloir ainsi démontrer à quel point il est facile de corrompre.

La pièce « Mein Kampf », une farce noire et grinçante du Hongrois George Tabori (1914-2007) datant de 1987, fait référence au pamphlet programmatique rédigé par Adolf Hitler lorsqu’il était en prison avant de prendre le pouvoir, en 1924-25.

La Société germano-israélienne dans la région du Lac de Constance et la Société pour la coopération judéo-chrétienne ont appelé au boycott de la pièce. Cette polémique intervient alors que les autorités allemandes s’inquiètent de la montée de l’antisémitisme.

Mercredi, le gouvernement a d’ailleurs dénoncé une agression présumée contre deux Juifs filmée par une des victimes à Berlin.

Deux jeunes juifs portant une kippa, un couvre-chef religieux, ont été agressés mardi soir dans un quartier huppé de Berlin par trois jeunes, dont l’un au moins parlait arabe.

La lutte contre l’antisémitisme a une importance particulière pour le gouvernement allemand toujours hanté par le passé nazi.

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