Otages : Le parti de Gantz pourrait rejoindre la coalition pour un accord à Gaza
Répondant à un éditorial le qualifiant "d’idiot utile", la faction a rétorqué que "l’idiot est celui qui déteste Netanyahu plus qu’il ne souhaite le retour des otages"

Le parti centriste Kakhol Lavan-HaMahane HaMamlahti de Benny Gantz a indiqué, jeudi, qu’il envisageait de rejoindre le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu afin de garantir la conclusion d’un accord qui ouvrirait la voie à la libération des otages – au lendemain d’informations selon lesquelles il étudiait cette option au vu des progrès dans les négociations.
La chaîne publique Kan News a rapporté mercredi que la faction pourrait rejoindre la coalition si Netanyahu acceptait un cessez-le-feu à Gaza, dans l’éventualité où les partis d’extrême droite du ministre des Finances Bezalel Smotrich et du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir mettraient leur menace à exécution en quittant le gouvernement.
Répondant jeudi à un article d’opinion publié sur le site Walla, qui accusait Gantz d’être « l’idiot utile » de Netanyahu en envisageant de rejoindre la coalition, le parti a fait savoir que « l’idiot est celui qui déteste [Netanyahu] plus qu’il ne souhaite le retour des otages ».
Dans le même temps, les responsables du parti n’ont pas explicitement confirmé qu’ils prévoyaient d’offrir un tel filet de sécurité au Premier ministre.
Réagissant à l’article original, le député Alon Schuster, membre du parti, a déclaré à Kan qu’il « n’y a actuellement aucun contact concernant une entrée au gouvernement, mais si nous comprenons que cela permettra la libération des otages, alors c’est ce que nous ferons ».
Il a ajouté, « Vous ne pensez tout de même pas que nous allons laisser mourir les otages ? »
Le parti de Gantz avait rejoint le gouvernement de droite de Netanyahu après le pogrom commis par le groupe terroriste palestinien du Hamas en Israël, le 7 octobre 2023. Gantz avait été l’un des trois membres du nouveau cabinet de guerre disposant d’un droit de vote. Mais Kakhol Lavan-HaMahane HaMamlahti a finalement quitté le gouvernement mi-2024 en raison de divergences croissantes avec le Premier ministre sur la conduite de la guerre.
Ce n’était pas la première fois que le centriste s’alliait avec le Premier ministre de longue date, ni la première fois qu’il s’était brouillé avec lui : les deux hommes avaient déjà formé un gouvernement d’union nationale d’urgence en 2020, après trois scrutins sans majorité, en pleine pandémie de COVID-19. L’alliance s’était vite effondrée quand Netanyahu avait semblé se soustraire à l’accord de rotation à la tête du gouvernement qu’il avait signé avec Gantz.
La faction de Gantz a subi une série de défections et ne compte plus que sept sièges à la Knesset, tout en continuant à coordonner ses actions avec un huitième membre qui a récemment quitté la formation. Ce nombre serait insuffisant pour compenser les 13 sièges des factions de Smotrich et Ben Gvir. Dans un tel scénario, Netanyahu perdrait la majorité à la Knesset, qui compte 120 membres.
La coalition de Netanyahu ne détient déjà plus que 60 sièges, après le départ du parti Yahadout HaTorah le mois dernier, suivi par celui du député d’extrême droite Avi Maoz.
Le chef de l’opposition Yair Lapid, qui dirige le parti Yesh Atid, a répété à plusieurs reprises qu’il offrirait à Netanyahu un « filet de sécurité » pour tout accord sur les otages.
Lapid a doublé la mise mercredi, affirmant qu’il disposait d’un « filet de sécurité de 24 sièges » à offrir au Premier ministre, soit plus que suffisant pour couvrir les 13 sièges qui seraient nécessaires pour soutenir la coalition si le parti Hatzionout HaDatit de Smotrich et le parti Otzma Yehudit de Ben Gvir décidaient de quitter la coalition.
« Il n’a même pas besoin de donner quoi que ce soit en échange, il suffit de les ramener chez eux », a déclaré Lapid, faisant référence aux otages.
Les efforts visant à parvenir à un cessez-le-feu, qui ouvrirait la porte à la libération des otages détenus par le Hamas se sont intensifiés au cours de la semaine dernière, les médiateurs s’efforçant de signer un accord avant qu’Israël ne mette à exécution son plan d’offensive sur Gaza City, qui entraînerait le déplacement de plus d’un million de Palestiniens réfugiés dans la région.
Lundi, le Hamas a annoncé avoir accepté un accord basé sur le « cadre Witkoff », qui engagerait le groupe terroriste à libérer 10 otages vivants et à restituer les dépouilles de 18 otages tués, en échange d’un cessez-le-feu de 60 jours et de la remise en liberté par Israël de centaines de prisonniers palestiniens incarcérés en Israël pour atteinte à la sécurité nationale dans le cadre de négociations qui ont pour objectif de mettre fin définitivement à la guerre.
Netanyahu continue toutefois de repousser ces efforts, privilégiant le plan approuvé par son cabinet pour intensifier les combats dans la bande de Gaza, même s’il n’a pas explicitement rejeté la dernière proposition.
Cinquante otages sont toujours retenus en captivité à Gaza, dont 49 des 251 personnes kidnappées le 7 octobre 2023, en plus de la dépouille d’un soldat tué en 2014. Selon les autorités israéliennes, 28 d’entre eux sont morts, 20 seraient toujours vivants et l’état de santé de deux autres suscite de vives inquiétudes.
Lors du premier cessez-le-feu de novembre 2023, 105 otages avaient été libérés par le Hamas. Trente autres l’avaient été en janvier et février 2025, accompagnés de la restitution des dépouillesde huit otages assassinés qui ont été rendues à Israël.
Cinq captifs ont été relâchés hors de ces accords, huit autres ont été secourus par Tsahal. Les corps sans vie de 49 captifs ont par ailleurs été retrouvés à Gaza depuis le début de la guerre.







