Le père d’un djihadiste jordanien combat l’Etat islamique
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Le père d’un djihadiste jordanien combat l’Etat islamique

"Je fais tout ça pour protéger cette génération, pour que les jeunes ne se fassent pas influencer comme mon fils," a déclaré Mazen Al-Dalaeen

Les terroristes de Province du Sinaï, groupe affilié de l'Etat islamique, le 6 février 2016. (Crédit : Telegram.me/HaiAlaElJehad5 via MEMRI)
Les terroristes de Province du Sinaï, groupe affilié de l'Etat islamique, le 6 février 2016. (Crédit : Telegram.me/HaiAlaElJehad5 via MEMRI)

En juillet 2015, Mohammed Al-Dalaeen, 23 ans et étudiant en médecine jordanien, rejoignait l’Etat islamique depuis l’Ukraine via la Turquie, accompagné de sa femme, convertie à l’islam.

Trois mois plus tard, il commettait un attentat-suicide à Mossoul, en Irak.

Depuis, son père, Mazen Al-Dalaeen, qui est un député jordanien, lutte contre l’extrémisme auprès des jeunes en essayant de les convaincre de ne pas rejoindre Daesh ou, pour ceux qui ont déjà été recrutés, de les ramener en Jordanie, rapporte MEMRI.

Selon lui, les médias et la société doivent jouer un rôle plus actif pour combattre l’Etat islamique en Jordanie.

Il a déjà ramené trois femmes et a aidé un homme depuis la Turquie à rentrer en Jordanie après qu’ils se soient rendus en Syrie pour servir l’Etat islamique.

« Je fais tout ça pour protéger cette génération, pour que les jeunes ne se fassent pas influencer comme mon fils, » a-t-il déclaré lors d’une interview réalisée en décembre dernier.

Le député a été menacé pour ses actions par le groupe terroriste. « Cela ne me dissuadera pas, je suis un membre du Parlement, et c’est une part de mon devoir national de sensibiliser les jeunes gens concernant les dangers de Daesh ».

Pour lutter contre l’endoctrinement de la jeunesse jordanienne il a organisé des lectures dans quelques universités du pays et il espère que toutes les universités pourront en bénéficier.

Le député appelle également à réinvestir le discours religieux et à ne pas le laisser dans les mains des fondamentalistes. « Nous devons gérer cette idéologie extrémiste qui peut s’infiltrer dans toutes les maisons par les réseaux sociaux », a-t-il ajouté.

Il dénonce la dangerosité des réseaux sociaux et le rôle qu’ils peuvent jouer dans le recrutement de nouveaux djihadistes. C’est par ces plate-formes que les jeunes sont contactés pour rejoindre le groupe terroriste en utilisant des arguments notamment financiers auprès d’une jeunesse souvent démunie.

De plus, Daesh arrive à les convaincre qu’en faisant le djihad ces jeunes rejoindront le paradis du fait du respect des préceptes de la charia. « Daesh cible des gens éduqués et éclairés comme des docteurs, des ingénieurs et des avocats. Ils veulent montrer au monde que leurs membres ne sont pas juste des chômeurs sans qualification ».

Enfin, Mazen Al-Dalaeen dénonce l’existence de cellules dormantes à travers le Moyen-Orient en Turquie, en Irak ou en Egypte. Bien qu’il n’y ait pas de chiffres officiels, les experts estiment que 3 000 Jordaniens sont aujourd’hui membres de l’Etat islamique.

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