Le personnel administratif des écoles reprend du service ; reprise imminente ?
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Le personnel administratif des écoles reprend du service ; reprise imminente ?

Les autorités sanitaires craignent que la reprise des cours ait un coût humain ; la Banque d'Israël estime que la fermeture des écoles coûte 2,6 milliards de shekels par semaine

Des élèves de première année de primaire le jour de la rentrée à l'école Efrata à Jérusalem, le 2 septembre 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Des élèves de première année de primaire le jour de la rentrée à l'école Efrata à Jérusalem, le 2 septembre 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le personnel administratif des écoles a reçu l’ordre jeudi de reprendre le travail immédiatement, ce qui laisse penser que la réouverture des écoles est imminente.

Le ministère de l’Education a déclaré dans un communiqué que les employés administratifs des écoles revenaient travailler dans les écoles soumises aux directives du ministère de la Santé.

« Petit à petit, le système éducatif revient à la routine », a déclaré le ministre de l’Education Rafi Peretz. « Nous faisons notre possible pour relancer le système éducatif et la reprise du personnel administratif dans les écoles est un pas dans cette direction. »

« Nous sommes prêts à revenir progressivement à la routine, certes par petits groupes et en alternance », a ajouté Peretz. « Si les entreprises et les centres commerciaux rouvrent, il n’y a aucune raison que le système éducatif ne rouvre pas, même si le format doit être différent. »

Rafi Peretz, alors chef du parti HaBayit HaYehudi, à Petah Tikva, le 20 février 2019. (Gili Yaari/Flash90)

Les autorités sanitaires ont toutefois mis en garde contre la réouverture des écoles à ce stade, soulignant les craintes que les enfants puissent s’infecter mutuellement à grande échelle et que, s’ils sont eux-mêmes capables de résister au virus, leurs parents et grands-parents n’ont pas cette chance.

« La reprise du système éducatif aura un coût humain », a estimé le directeur adjoint du ministère de la Santé Itamar Grotto dans une interview accordée à la radio militaire.

« Ce n’est pas le moment de baisser la garde. La seconde vague est toujours possible. Nous estimons qu’il est possible que des milliers de personnes aient besoin de respirateurs », a-t-il avancé sur un ton alarmant.

Pour le moment, seuls les programmes d’éducation spécialisée ont repris, et encore, à capacité limitée. La réouverture des crèches et autres structures scolaires n’a pas encore été évoquée.

Les directeurs, directeurs-adjoints, secrétaires, documentalistes et assistants ont été les premiers à recevoir l’ordre de reprendre du service.

Outre le travail de secrétariat, de gestion du budget, de gestion des comptes, des paiements et des inscriptions, le personnel administratif sera chargé d’élaborer des stratégies pour permettre le retour progressif des étudiants tout en perfectionnant l’enseignement à distance, qui devra continuer à être utilisé dans un avenir proche.

Illustration : Une école fermée dans la ville de Safed, au nord d’Israël, le 13 mars 2020. (David Cohen/Flash90)

Le personnel administratif a également été chargé de préparer les cours pour les vacances d’été afin de rattraper le temps perdu en raison de la pandémie, a déclaré le ministère de l’éducation.

Mais alors que le ministère de l’Education se prépare à rouvrir les écoles, la cheffe du syndicat des enseignants a laissé entendre que le personnel administratif devrait peut-être prévoir l’absence des certains enseignants.

Durant un débat à la Knesset mercredi sur le système éducatif, Yaffa Ben David a accusé le ministère des Finances de « tirer profit de la crise », de diaboliser son syndicat et de « monter les parents contre les professeurs ».

Ben David a avancé que les enseignants ont déjà travaillé 13 jours sans être rémunérés, préparé des programmes et donné des cours en ligne au cours des deux derniers mois.

« Les enseignants sont souvent au téléphone avec les parents, jusque tard le soir. Ils n’arrêtent pas de travailler à 14 heures », a-t-elle dit, exigeant une amélioration des conditions de travail des enseignants.

« En aucun cas nous ne travaillerons gratuitement. Aucun secteur de la population active n’a autant contribué que nous », a ajouté Ben David.

La secrétaire générale du Syndicat des enseignants Yaffa Ben-David s’exprime lors d’une manifestations à Tel Aviv le 29 août 2019. (Photo by Hadas Parush/Flash90)

De son côté, la Banque d’Israël a estimé jeudi que la fermeture du système éducatif a coûté à l’économie environ 2,6 milliards de shekels par semaine.

Le calcul de la Banque d’Israël est basé sur l’hypothèse que 408 000 ménages doivent assurer la présence d’au moins un parent à la maison pour s’occuper des enfants.

Selon la Banque d’Israël, Israël compte 370 000 ménages avec un enfant de moins de quatre ans et 110 000 autres ménages avec des enfants de cinq à neuf ans, mais sans frère ou sœur de plus de 15 ans qui puisse s’en occuper. La banque part du principe que 15 % des 480 000 ménages au total sont en mesure de fournir une solution, ce qui indique que 408 000 ménages ne le sont pas.

En outre, la Banque d’Israël a affirmé que la fermeture des écoles coûtera environ un milliard de shekels supplémentaire par semaine en productivité future en raison des compétences non enseignées.

La commission a déclaré que s’il n’est pas possible d’évaluer avec précision le coût pour l’économie de la « perte de production éducative », le système éducatif occupe « un rôle central dans la formation des générations futures, qui se reflète notamment dans la productivité à long-terme de l’économie ».

La Banque d’Israël a noté que son estimation d’un milliard de shekels par semaine ne tient pas compte de l’impact bénéfique de l’enseignement à distance.

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