Le premier « dirigeable » incendiaire lancé depuis Gaza atterrit en Israël
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Le premier « dirigeable » incendiaire lancé depuis Gaza atterrit en Israël

On pouvait y lire en hébreu : "Si nous sommes condamnés à souffrir, alors nous ne souffrirons pas seuls"

Les Palestiniens transportent un dirigeable incendiaire qu'ils vont lancer depuis la bande de gaza vers Israël, le 13 octobre 2018 (Capture d'écran: Twitter)
Les Palestiniens transportent un dirigeable incendiaire qu'ils vont lancer depuis la bande de gaza vers Israël, le 13 octobre 2018 (Capture d'écran: Twitter)

Un groupe terroriste palestinien de Gaza a fait savoir qu’il avait lancé le tout premier « dirigeable » incendiaire vers Israël au cours des émeutes et des manifestations qui ont eu lieu vendredi le long de la frontière avec Gaza.

Une vidéo circulant mardi dans les médias palestiniens a montré les membres du groupe des « fils de Zouari » en train de lancer ce dispositif d’approximativement cinq mètres – un ballon de taille imposante conçu pour ressembler à un dirigeable – au-delà de la frontière, à l’est du camp de réfugiés de Bureij, dans le centre de Gaza.

La ballon arborait un message en hébreu disant : « Si nous sommes condamnés à souffrir alors nous ne souffrirons pas seuls. »

Nul ne sait si le « dirigeable » est parvenu à passer la frontière ou s’il a déclenché des incendies en Israël.

Le dispositif aurait été lancé dans un contexte d’affrontements intenses avec les forces israéliennes de sécurité, vendredi après-midi, lors de l’une des journées les plus meurtrières survenues depuis des mois de manifestations massives le long de la frontière avec Gaza.

Sept Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens lors de ces émeutes qui ont fait plus de 40 blessés, a indiqué le ministère de la Santé dirigé par le Hamas.

L’armée israélienne a ouvert le feu, tuant quatre personnes, sur 20 manifestants qui avaient ouvert une brèche dans la clôture frontalière à l’aide d’une bombe, se ruant vers un poste militaire. Aucun soldat israélien n’a été blessé, a noté l’armée. Les Gazaouis se trouvaient à « quelques mètres » des troupes lorsque ces dernières ont tiré, a déclaré samedi la chaîne Hadashot.

Deux autres Palestiniens ont été tués sur d’autres sites de manifestation, selon le ministère de la Santé. Samedi matin, l’instance a annoncé qu’un septième Palestinien qui avait reçu une balle avait succombé à ses blessures.

Israël a pour sa part indiqué que 14 000 Palestiniens se sont rassemblés à la clôture frontalière, vendredi après-midi, faisant brûler des pneus et jetant des bombes, des grenades, des pierres et des cocktails Molotov vers les soldats stationnés de l’autre côté de la barrière.

Depuis le mois de mars, le Hamas, un groupe islamiste qui cherche à détruire Israël, orchestre des manifestations pratiquement hebdomadaires le long de la frontière, qui ont été l’occasion d’affrontements violents entre émeutiers palestiniens et soldats israéliens. Environ 150 Palestiniens ont été tués et le Hamas a reconnu que des douzaines de victimes appartenaient à ses rangs.

Lors de ces mouvements de protestation, les Palestiniens ont aussi envoyé des dispositifs incendiaires attachés à des ballons sur le territoire israélien, déclenchant des feux qui ont anéanti des milliers d’hectares de terre et entraîné des millions de shekels de dégâts.

Des manifestants palestiniens rassemblés le long de la barrière frontalière israélienne à l’est de la ville de Gaza, alors que de la fumée émane de pneus, le 21 septembre 2018. (AFP / Said Khatib)

Vendredi, 10 incendies ont éclaté dans le sud d’Israël, allumés par des ballons incendiaires lancés depuis la frontière de Gaza dans le cadre des manifestations.

Samedi, un feu a touché les alentours du kibboutz Beeri. Trois ballons transportant des combustibles ont été retrouvés dans le conseil régional d’Ashkelon, dans le conseil régional d’Eshkol et dans le quartier Ein Kerem de Jérusalem.

En réponse aux violences de vendredi, le ministre de la Défense Avigdor Liberman a ordonné l’arrêt du transfert de carburant vers Gaza, quelques jours après que l’Etat juif a accepté d’autoriser l’approvisionnement en fioul dans la bande pour permettre une meilleure alimentation en électricité.

Un ballon incendiaire retrouvé dans le quartier d’Ein Kerem à Jérusalem, le 13 octobre 2018 (Crédit : Unité du porte-parole de la police)

« Israël ne tolérera pas une situation dans laquelle le carburant peut entrer à Gaza alors que le terrorisme et la violence sont utilisés contre les soldats et les citoyens de l’armée israélienne », a fait savoir un communiqué de son bureau.

Quatre camions-citernes avaient livré du fioul à Gaza dans la matinée de vendredi avant que n’éclatent les émeutes, a expliqué Liberman.

Cette suspension est survenue quelques jours seulement après la conclusion d’un accord négocié par les Nations unies, qui prévoyait la livraison d’un carburant payé par le Qatar au sein de l’enclave côtière pour tenter de soulager la situation à Gaza, enclave placée sous blocus.

Un responsable qatari a déclaré à l’agence de presse Reuters que ce don de carburant à hauteur de 60 millions de dollars était survenu « à la demande des Etats-donateurs aux Nations unies pour empêcher l’escalade de la catastrophe humanitaire existante ».

Israël a facilité cette livraison en dépit des objections de l’Autorité palestinienne, en espérant qu’elle pourrait aider à apaiser des mois de manifestations et d’affrontements.

Le Hamas a pris le contrôle de Gaza, qui se trouvait alors entre les mains de l’Autorité palestinienne d’Abbas, en 2007. Les tentatives de réconciliation multiples visant à rendre à l’AP le pouvoir au sein de l’enclave côtière ont échoué.

Abbas estime que passer des accords avec le Hamas revient à reconnaître le contrôle du groupe terroriste à Gaza, à la place de l’AP, et il a cherché à bloquer ces approvisionnements en carburant. Il aurait menacé de couper tous les fonds à Gaza en réponse à ces transferts en essence.

Israël craint qu’une plus importante détérioration de la situation à Gaza n’entraîne un nouveau conflit sur la frontière sud.

Israël et l’Egypte appliquent des restrictions sur les déplacements des biens et des personnes depuis et vers Gaza. Selon Israël, ce blocus est nécessaire pour empêcher le Hamas et les autres groupes terroristes de la bande d’importer des armes ou de construire des infrastructures militaires.

Samedi, le leader du Hamas Ismail Haniyeh s’est rendu aux funérailles de l’une des victimes de vendredi, promettant que le groupe continuerait à maintenir le rythme des manifestations hebdomadaires jusqu’à la levée du blocus israélo-égyptien.

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