Le Premier ministre libanais inflexible sur l’arsenal du Hezbollah
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Le Premier ministre libanais inflexible sur l’arsenal du Hezbollah

Saad Hariri et ses alliés accusent le groupe terroriste chiite d'être un "Etat dans l'Etat" et d'imposer sa volonté comme parti armé sur le pays

Saad Hariri, le 14 février 2013. (Crédit : capture d'écran Youtube/mtvlebanon)
Saad Hariri, le 14 février 2013. (Crédit : capture d'écran Youtube/mtvlebanon)

Le Premier ministre libanais Saad Hariri s’est dit mardi inflexible sur l’arsenal du mouvement terroriste du Hezbollah ainsi que sur les « crimes » du président syrien Bashar al-Assad, à l’occasion du 12e anniversaire de l’assassinat de son père, l’ex-dirigeant Rafic Hariri.

Farouchement hostile au pouvoir à Damas, à qui il impute la planification de l’assassinat de son père, M. Hariri est devenu en novembre Premier ministre pour la deuxième fois.

Mais pour former un gouvernement d' »entente », il a dû composer avec le puissant mouvement terroriste chiite du Hezbollah, qui se bat en Syrie aux côtés du régime et dont cinq membres sont accusés par un tribunal international d’avoir mené l’attentat à la camionnette piégée du 14 février 2005.

« Nous avons négocié et fait des compromis pour préserver la stabilité » du Liban, a affirmé à Beyrouth Saad Hariri à l’occasion de la cérémonie de commémoration de l’assassinat.

« Mais nous n’avons, ni ne ferons, de compromis sur les principes comme le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), notre point de vue concernant le régime d’Assad et ses crimes, notre position sur des armes illégitimes et l’implication du Hezbollah en Syrie », a martelé Saad Hariri, sous les applaudissements.

La scène politique libanaise est profondément divisée sur le conflit dans la Syrie voisine et sur l’arsenal du Hezbollah, un parti appuyé par Téhéran et Damas et présent au gouvernement et au Parlement libanais.

Créé par les Gardiens de la révolution iraniens en 1982 dans la foulée de l’invasion israélienne, le Hezbollah est le seul parti libanais à ne pas avoir déposer les armes après la fin de la guerre civile (1975-1990).

Les déclarations de M. Hariri interviennent deux jours après des propos du président de la République libanaise Michel Aoun affirmant que l’arsenal du Hezbollah était « complémentaire » à celui de l’armée libanaise.

M. Aoun avait signé en 2006 une alliance avec le Hezbollah, mais à son élection en octobre, il s’est dit à égale distance avec toutes les parties libanaises.

M. Hariri et ses alliés accusent le Hezbollah d’être un « Etat dans l’Etat » et d’imposer sa volonté comme parti armé sur le pays. Ils réclament également qu’ils retirent ses combattants de Syrie.

Le Hezbollah se défend de toute accusation d’hégémonie et affirme que son arsenal est nécessaire pour la défense du Liban contre l’Etat hébreu. Le parti chiite et Israël s’étaient affrontés à l’été 2006 dans une guerre dévastatrice.

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