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Le premier musée de la Shoah de Toronto s’intéresse à l’ère post-survivants

Le musée vise à instruire les jeunes, évite les images choquantes et présente des objets personnels récemment dévoilés

Le Musée de la Shoah de Toronto est situé sur le campus Sherman de  United Jewish Appeal (UJA) Federation of Greater Toronto. (Crédit : musée de la Shoah de Toronto via JTA)
Le Musée de la Shoah de Toronto est situé sur le campus Sherman de United Jewish Appeal (UJA) Federation of Greater Toronto. (Crédit : musée de la Shoah de Toronto via JTA)

JTA – Toronto abrite l’une des plus grandes communautés juives du monde, près de la moitié des 335 000 Juifs du Canada. Mais jusqu’à la semaine dernière, la ville n’avait pas de musée dédié à la Shoah.

Le musée de la Shoah de Toronto a ouvert ses portes vendredi et de nombreux dignitaires et survivants de la Shoah ont assisté à l’inauguration.

Destiné aux jeunes qui hériteront d’un monde post-survivant, l’espace s’articule autour de 11 stands où des survivants plus vrais que nature partagent leurs témoignages par le biais de vidéos interactives.

Ses quatre galeries abordent la persécution des juifs et des minorités en Europe et au Canada, les atrocités de la Seconde Guerre mondiale et les débuts de la nouvelle vie au Canada pour des milliers de réfugiés.

« Dès le départ, nous avons voulu faire en sorte que ce musée soit un lieu où les survivants puissent s’exprimer longtemps après leur départ », a déclaré Dara Solomon, directrice exécutif du musée, à la Jewish Telegraphic Agency. « Faire venir les survivants de la Shoah pour voir comment nous y sommes parvenus, et les voir vraiment heureux et épanouis, a été l’une des expériences les plus significatives de ma vie personnelle et professionnelle ».

Si le centre raconte les histoires humaines d’un génocide, il ne met pas l’accent sur la panoplie d’horreurs que certains attendent d’un musée de la Shoah. Dans la galerie consacrée aux atrocités, certains documents – tels que des images de massacres dans des fosses à la périphérie des villes – sont rangés dans des tiroirs qui doivent être sortis par des visiteurs, de leur plein gré.

« Nous avons pris la décision très consciente de ne pas utiliser les représentations incroyablement explicites avec lesquelles j’ai grandi, parce que nous savons que les élèves n’apprennent pas aussi bien qu’on le pensait lorsqu’ils sont tristes », a déclaré Mme Solomon. « Si vous les rendez tristes et que vous les effrayez, l’apprentissage s’arrête. »

Le musée du Mémorial de l’Holocauste des États-Unis (USHMM) a conseillé aux professionnels qui enseignent la Shoah de se servir des images choquantes de manière « judicieuse » et « uniquement dans la mesure nécessaire » pour atteindre les objectifs d’apprentissage. Les images et les textes trop explicites peuvent exploiter la vulnérabilité émotionnelle des élèves au lieu de les encourager à faire preuve d’esprit critique dans un environnement sûr, selon les lignes directrices de l’USHMM.

Le musée du Mémorial l’Holocauste des Etats-Unis, à Washington. (Crédit : CC BY-SA/AgnosticPreachersKid)

Créé par la United Jewish Appeal (UJA) Federation of Greater Toronto, le musée de près de 900 mètres carrés a ouvert ses portes sur le Sherman Campus de la fédération, un centre communautaire juif qui abrite également un théâtre, une crèche et d’autres bâtiments communautaires. Mme Solomon espère que cet emplacement facilitera l’établissement de liens entre les expositions historiques et la vie juive quotidienne à Toronto.

Le musée de la Shoah de Toronto vient remplacer le centre d’éducation et de commémoration de la Shoah de la ville, fondé en 1985 par des survivants locaux qui souhaitaient partager leurs histoires avec des étudiants. L’ancien espace ne comportait qu’un petit nombre d’expositions et était deux fois plus petit que le nouveau musée.

Outre les témoignages enregistrés, les visiteurs du nouveau musée peuvent désormais voir des objets qui n’ont jamais été présentés au public. Ces objets vont d’un uniforme rayé de prisonnier, standard dans les camps de concentration nazis, à un cadeau envoyé par une mère du camp de Ravensbrück à ses enfants en 1942.

Marketa Brady a fabriqué au camp trois breloques en forme de cœur à partir d’une ration de pain mâchée et peinte avec du dentifrice pour son fils George et sa fille Hana, qui n’avaient pas encore été capturés en Tchécoslovaquie. Marketa, son mari Karel et Hana Brady, âgée de 13 ans, ont finalement été tués à Auschwitz, mais George a survécu et a conservé les breloques. La vie de sa sœur a inspiré le livre Hana’s Suitcase (La valise d’Hana), publié en 2002 par Karen Levine, qui est très étudié par les enfants au Canada. Les breloques peuvent être admirées dans le nouveau musée.

Le musée abrite également un rouleau de Torah qui a survécu à la Nuit de Cristal, la nuit où les nazis ont détruit les maisons, les entreprises et les synagogues juives dans toute l’Allemagne et l’Autriche, en novembre 1938, annonçant ainsi le génocide à venir. Un prêtre catholique a sauvé cette Torah d’une synagogue en flammes dans la ville de Brand. À la fin de la guerre, il l’a remise au jeune aumônier de l’armée américaine Gunther Plaut, qui l’a ramenée chez lui dans un étui de bazooka.

Plaut est devenu rabbin à Toronto et a confié le rouleau au futur musée de la Shoah de Toronto avant de mourir en 2012. La création de cet espace a été retardée à plusieurs reprises, a déclaré Mme Solomon, et de nombreux survivants canadiens espèrent depuis des décennies qu’il devienne réalité.

« Nous n’avons pas vraiment eu de musée dans la ville pour collecter ces artefacts, de sorte que beaucoup de familles les ont conservés – en attendant que ce musée soit construit », a déclaré Mme Solomon.

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