Le président polonais compare l’UE à l’époque où Varsovie était occupée
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Le président polonais compare l’UE à l’époque où Varsovie était occupée

Dans la foulée de la loi sur la Shoah, Andrzej Duda déplore que l'adhésion à l'UE permette aux "personnes dans des capitales lointaines" de prendre des décisions au nom de Varsovie

Le président polonais Andrzej Duda donne une conférence de presse le 6 février 2018 à Varsovie pour annoncer qu'il va signer une loi controversée sur l'Holocauste qui a suscité des tensions avec Israël, les Etats-Unis et l'Ukraine (Crédit : AFP / JANEK SKARZYNSKI)
Le président polonais Andrzej Duda donne une conférence de presse le 6 février 2018 à Varsovie pour annoncer qu'il va signer une loi controversée sur l'Holocauste qui a suscité des tensions avec Israël, les Etats-Unis et l'Ukraine (Crédit : AFP / JANEK SKARZYNSKI)

Le président polonais Andrzej Duda a critiqué mardi l’appartenance de son pays à l’Union européenne en la comparant à certains aspects de son occupation par la Russie, l’Autriche et la Prusse pendant 123 ans, entre 1795 et 1918.

Le chef de l’Etat a dénoncé, lors d’un discours en province rapporté mercredi par plusieurs médias, une situation où « quelque part au loin, dans des capitales lointaines, on décide de nos affaires (…) et en réalité nous travaillons pour le compte des autres ».

M. Duda est issu du parti conservateur Droit et Justice, qui gouverne la Pologne depuis sa victoire électorale en octobre 2015.

Les relations de Varsovie avec l’Union européenne connaissent depuis d’importantes tensions, provoquées en premier lieu par des réformes controversées de la justice. Celles-ci ont conduit Bruxelles à déclencher contre la Pologne une procédure inédite risquant de conduire à des sanctions allant jusqu’à priver le pays de son droit de vote au Conseil européen.

Lors d’un déplacement à Kamienna Gora, en Basse-Silésie, le président polonais a prononcé une allocution sur l’indépendance, que le pays avait retrouvée en 1918 et dont on célèbre cette année le 100e anniversaire.

« Nous avons aujourd’hui une Pologne souveraine et indépendante qui, j’y crois, sera un Etat où nous vivrons de mieux en mieux. Parlez-en à vos enfants », a-t-il dit.

« Parce que, souvent, les gens nous disent : à quoi bon la Pologne ? L’Union européenne est la plus importante », a-t-il poursuivi, sans préciser à quels discours il faisait référence.

« Que tous ces gens se rappellent les 123 années de partages. (…) Il y avait aussi (à l’époque) des gens pour dire : peut-être c’est mieux, il n’y aura plus de querelles, de soulèvements, d’insurrections, de guerres, d’aventures, de confédérations, on aura enfin la paix ».

Puis ces gens « ont rapidement compris que les guerres continuent, les aventures continuent, mais nous n’avons plus aucune influence, que nous ne décidons plus de nous-mêmes, que maintenant, quelque part au loin, dans des capitales lointaines, on décide de nos affaires, on y récupère l’argent que nous gagnons par notre travail, et en réalité nous travaillons pour le compte des autres », a encore estimé le président polonais.

La Pologne, membre de l’UE depuis 2004, est le premier pays bénéficiaire des fonds européens, touchant environ dix milliards d’euros par an net, après déduction de sa contribution au budget de l’UE.

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