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Le président Raïssi ironise sur la volonté de Biden de « libérer » l’Iran

"L'Iran s'est libéré il y a 43 ans et ne se soumettra plus à vous", a lancé à l'occasion de la commémoration de la prise d'otages de l'ambassade américaine à Téhéran le 4/11/1979

Le président iranien Ebrahim Raissi s'adresse à la foule lors d'une manifestation annuelle devant l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, en Iran, vendredi 4 novembre 2022. (Crédit ! AP Photo/Vahid Salemi)
Le président iranien Ebrahim Raissi s'adresse à la foule lors d'une manifestation annuelle devant l'ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, en Iran, vendredi 4 novembre 2022. (Crédit ! AP Photo/Vahid Salemi)

Le président iranien Ebrahim Raïssi a ironisé vendredi sur les propos tenus la veille par le président américain Joe Biden qui a affirmé qu’il veut « libérer » l’Iran.

« Les Etats-Unis disent qu’ils veulent libérer l’Iran mais je dois vous dire que l’Iran s’est libéré il y a 43 ans et ne se soumettra plus à vous », a lancé M. Raïssi devant des milliers de personnes rassemblées dans la capitale à l’occasion de la commémoration de la prise d’otages de l’ambassade américaine à Téhéran le 4 novembre 1979 par des partisans de la Révolution islamique.

Ils exigeaient l’extradition de l’ex-chah, soigné aux Etats-Unis : 52 diplomates et employés ont été retenus en otage pendant 444 jours. Cinq mois plus tard, Washington a rompu ses relations diplomatiques avec Téhéran et imposé un embargo sur le pays.

« Mort à l’Amérique, mort à Israël, mort à la Grande-Bretagne! », a scandé vendredi la foule. « L’Iran est fort », « nous obéissons au Guide suprême » Ali Khamenei, peut-on lire sur des pancartes brandies par les manifestants.

Des Iraniens agitent les drapeaux nationaux de leur pays lors d’un rassemblement devant l’ancienne ambassade des États-Unis à Téhéran, la capitale, le 4 novembre 2022, pour marquer le 43e anniversaire du début de la crise des otages en Iran. (Crédit : ATTA KENARE / AFP)

Jeudi, le président américain Joe Biden a déclaré que son pays va « libérer » l’Iran. « Ne vous inquiétez pas, nous allons libérer l’Iran. (Les Iraniens) vont se libérer eux-mêmes très bientôt », a-t-il dit lors d’un discours électoral en Californie, en référence aux manifestants.

L’Iran est secoué depuis près de deux mois par des manifestations déclenchées par la mort le 16 septembre de Mahsa Amini, une Kurde iranienne arrêtée trois jours plus tôt par la police des mœurs qui lui reprochait d’avoir enfreint le code vestimentaire strict, imposant notamment le port du voile en public.

Des dizaines de personnes, principalement des manifestants mais aussi des membres des forces de sécurité, ont été tuées depuis le début de la contestation, selon les autorités. Des centaines d’autres, dont des femmes, ont été arrêtées.

« Nos hommes et nos femmes sont déterminés, nous ne vous permettrons jamais de réaliser vos désirs sataniques », encore dit M. Raïssi à l’adresse des Etats-Unis, l’ennemi juré de l’Iran.

« L’ennemi veut cibler notre unité, notre sécurité, notre paix et notre détermination », a-t-il ajouté, saluant la diversité de la société iranienne, énumérant les communautés kurdes, baloutches, turkmènes et arabes.

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