Le prochain film du réalisateur de « Foxtrot » ne sera pas israélien
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Le prochain film du réalisateur de « Foxtrot » ne sera pas israélien

"Il y a des limites à l'hébreu", a indiqué Samuel Maoz après avoir été snobé aux Oscars et une querelle avec la ministre israélienne de la Culture de droite

Samuel Maoz récompensé par le Lion d'argent du Grand prix du jury de la Mostra de Venise pour son film "Foxtrot", à Venise, le 9 septembre 2017. (Crédit : Tiziana Fabi/AFP)
Samuel Maoz récompensé par le Lion d'argent du Grand prix du jury de la Mostra de Venise pour son film "Foxtrot", à Venise, le 9 septembre 2017. (Crédit : Tiziana Fabi/AFP)

Le réalisateur d’un film à succès israélien qui avait été vivement critiqué par la ministre de la Culture au sein de l’Etat juif a annoncé que son prochain film sera réalisé à Hollywood et qu’il sera tourné en anglais.

« Je réfléchis à quelques nouveaux projets et le prochain sera réalisé en anglais », a indiqué Samuel Maoz à Haaretz dans une interview qui a été publiée dimanche.

Le dernier film de Maoz, « Foxtrot », avait remporté l’Ophir – le prix le plus important du cinéma israélien – tout en suscitant la colère de la ministre de la Culture Miri Regev.

Ce drame surréaliste s’intéresse au chagrin des parents d’un enfant mort au combat et comprend une scène où des soldats de l’armée couvrent le meurtre de quatre jeunes Arabes. Regev avait estimé que le film « montre des militaires israéliens de manière trompeuse comme étant des assassins et nuit à la réputation de l’armée israélienne », et qu’il « n’est pas digne de représenter Israël ».

Dans l’interview, Maoz explique que les propos de Regev tenus contre le film – qu’elle a admis ne pas avoir vu – « ont manifestement créé un formidable exercice de relations publiques en faveur du film et cela me plaît parce que davantage de gens y ont été exposés. C’était l’objectif. »

Et pourtant, insiste-t-il, « ses propos [de Regev] ont été diffamants et ont atteint le stade de l’incitation. J’ai reçu des menaces de mort. Des gens m’ont écrit en me disant qu’ils m’aspergeraient d’acide à Tel Aviv. En toute humilité, je pense que tout serait bien allé pour le film sans l’intervention publique de Regev ».

Son prochain projet, a-t-il ajouté, ne sera pas israélien.

« J’ai le sentiment qu’il y a des limites à l’hébreu. Un film israélien, indépendamment de son succès, est limité. Et je veux atteindre le public le plus large possible », a dit Maoz. « Je m’intéresse dorénavant à des offres auxquelles je réfléchis et qui m’ont été soumises par Hollywood d’y écrire et d’y réaliser mon prochain projet, qui sera tourné en 2019. Cela sera, pour un fois, un film de femmes, un drame sur une mère et sa fille ».

Yonatan Shiray dans le film primé ‘Foxtrot’ (Crédit : autorisation ‘Foxtrot’)

Après avoir gagné le Grand prix du jury lors du festival de Venise l’année dernière et l’Ophir israélien, qui lui a servi de passeport pour figurer dans les sélections des Oscars, « Foxtrot » a été l’un des neuf finalistes – sur 92 – à être envisagé pour recevoir l’Oscar du meilleur film étranger. Il n’a pas toutefois passé la sélection suivante qui réduisait la liste des concurrents à cinq films, et ce sont le Liban, le Chili, la Russie, la Hongrie et la Suède qui ont finalement été préférés par l’académie du cinéma américaine.

Cet échec a été salué par Regev qui a déclaré qu’il « nous a sauvé d’une déception amère et empêché une représentation mondiale mensongère de l’armée israélienne ».

L’AFP a contribué à cet article.

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