Le propriétaire de Bezeq aurait ordonné une couverture favorable pour Netanyahu
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Le propriétaire de Bezeq aurait ordonné une couverture favorable pour Netanyahu

Ilan Yeshua, le PDG du site d'information Walla, a dit fournir aux enquêteurs des enregistrements de Shaul Elovitch qui prouveraient l'entente au profit de Bezeq

Shaul Elovitch, actionnaire majoritaire de Bezeq (Crédit : Capture d'écran Calcalist)
Shaul Elovitch, actionnaire majoritaire de Bezeq (Crédit : Capture d'écran Calcalist)

Ces derniers jours, des événements spectaculaires dans l’enquête sur la corruption de Bezeq, notamment l’arrestation du PDG de la société et du directeur général suspendu du ministère des Communications, auraient été possibles grâce à des enregistrements livrés aux enquêteurs par un témoin clé de l’affaire.

Selon les médias israéliens, le directeur général du site d’information Walla, Ilan Yeshua, a déclaré jeudi que le propriétaire du site, Shaul Elovitch, qui est également l’actionnaire majoritaire du géant des télécommunications Bezeq, lui a donné l’ordre de couvrir le Premier ministre Benjamin Netanyahu et sa famille de manière positive.

Ces derniers jours, les enregistrements ont été remis par Yeshua aux enquêteurs, qui les ont apparemment fait écouter à un autre suspect de l’enquête, le directeur du ministère des Communications, Shlomo Filber, qui a récemment accepté de témoigner dans cette affaire.

Selon des sources de l’Autorité des Titres, les enregistrements finissent par « faire craquer » Filber, le persuadant d’être le témoin de l’accusation. Filber aurait signé un accord mardi soir qui le protège des poursuites pénales en échange d’informations qui lieraient Netanyahu aux décisions de régulation favorables à Bezeq prises par le ministère des Communications. La police soupçonne que les avantages pour Bezeq ont été accordés en échange d’une couverture favorable des Netanyahu par Walla, l’un des plus importants sites d’information en hébreu d’Israël.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adressant à la délégation de la Conférence des présidents des principales organisations juives à Jérusalem le 21 février 2018 (Crédit : Avi Hayoun / Conférence des présidents)

Yeshua aurait suspecté des transactions douteuses quand Elovitch a commencé à le presser d’offrir une couverture plus favorable à Netanyahu. Ces soupçons l’ont amené à enregistrer les exigences d’Elovitch.

« L’enregistrement a été l’une des choses clés qui ont conduit Filber à craquer et à témoigner pour l’accusation », a déclaré un fonctionnaire de l’Autorité des Titres au site d’information Ynet.

Pendant ce temps, les enquêteurs de la police continuent de tenter de convaincre le conseiller clé de Netanyahu, Nir Hefetz, l’intermédiaire qui aurait négocié la contrepartie présumée entre Netanyahu et Elovitch, de témoigner également pour l’État. Hefetz et Elovitch ont été confrontés aux enregistrements de Yeshua, et à Yeshua lui-même, mercredi, dans les bureaux de l’unité anti-corruption Lahav 433 de la police israélienne à son quartier général de Lod.

A l’extérieur de l’immeuble de Bezeq, la plus grande compagnie téléphonique israélienne. (Crédit : Kobi Gideon / FLASH90)

L’enquête dite « Affaire 4000 » a commencé comme une enquête de l’Autorité des Titres sur les décisions du ministère des Communications qui a systématiquement et de manière spectaculaire bénéficié à Bezeq.

M. Filber lui-même a été suspendu de ses fonctions de directeur du ministère des Communications à la suite d’un rapport du médiateur de l’État en juillet qui a révélé des conflits d’intérêts possibles dans son traitement des questions réglementaires liées à Bezeq, y compris le soupçon qu’il a divulgué des documents du ministère, l’organisme de réglementation principal pour les médias et les industries des télécommunications d’Israël, aux cadres de Bezeq.

Une fois que des preuves de corruption possible ont été révélées dans ces enquêtes, le principal organe d’enquête de la police a été convoqué et l’enquête est devenue criminelle.

L’affaire a également impliqué Stella Handler, PDG de Bezeq, et Amikam Shorer, directeur général adjoint pour le développement des affaires, tous deux en état d’arrestation et dont la détention provisoire a été prolongée de six jours mercredi.

Stella Handler (G), PDG de la société de télécommunications Bezeq, comparaît devant le tribunal de district de Tel Aviv le 21 février 2018. (AFP Photo/Jack Guez)

En accédant à la demande de la police de prolonger leur détention provisoire, le juge du tribunal de district de Jérusalem supervisant l’affaire a écrit mercredi : « On peut affirmer avec certitude qu’il s’agit d’un cas qui ne se limite pas à des soupçons fondés de corruption grave. Ces actes auraient été commis par des hauts fonctionnaires du gouvernement et de la société Bezeq. »

L’affaire comprend également des soupçons contre la femme d’Elovitch Iris et son fils Or. Les trois Elovitch et Hefetz doivent ont comparu jeudi après-midi à l’audience de renvoi au tribunal de Tel Aviv.

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