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Le rabbin Amichai Eliyahu rejoint la liste d’extrême droite de Ben Gvir

Le nouveau-venu est le petit-fils de Mordechai Eliyahu, ancien grand rabbin séfarade d'Israël ; Jonathan Pollard a refusé de son côté d'entrer en politique

Le rabbin Amichai Eliyahu, à droite, 4eme sur la liste d'extrême-droite Otzma Yehudit aux élections israéliennes de 2022 qui auront lieu le 1er novembre. (Capture d'écran/YouTube)
Le rabbin Amichai Eliyahu, à droite, 4eme sur la liste d'extrême-droite Otzma Yehudit aux élections israéliennes de 2022 qui auront lieu le 1er novembre. (Capture d'écran/YouTube)

Le député d’extrême droite Itamar Ben Gvir a choisi l’héritier d’une importante famille du mouvement national-religieux pour occuper la quatrième place de la liste électorale de sa formation politique Otzma Yehudit.

Le rabbin Amichai Eliyahu, à la tête de l’organisation des rabbins communautaires, un groupe rabbinique, est le petit-fils du rabbin Mordechai Eliyahu, ancien grand rabbin séfarade d’Israël, et il est aussi le fils du rabbin Shmuel Eliyahu, figure éminente du mouvement national-religieux qui officie à Safed.

Le père d’Eliyahu est connu pour ses déclarations et ses jugements controversés sur la loi juive – et notamment l’interdiction de la location ou de la vente de biens immobiliers appartenant à des Juifs aux Arabes à Safed, une ville du nord du pays. Il a aussi critiqué le mouvement réformé, la communauté LGBT ou la présence des femmes dans les unités de combat de Tsahal.

Eliyahu a expliqué que c’était « un privilège » de rejoindre Otzma Yehudit et il a promis que le parti regrouperait des citoyens divers « sous la bannière de l’amour de la Torah, de l’amour pour la nation d’Israël et de l’amour pour la terre d’Israël ».

Ben Gvir a salué Eliyahu qui est, selon lui, « un authentique représentant de ce public arborant la kippa en tricot qui lutte pour l’identité juive ».

Le rabbin se retrouve donc sur la liste derrière le directeur-général d’Otzma Yehudit, qui figure à la place numéro deux, et derrière Almog Cohen, représentant du parti pour le Negev et pour la périphérie.

De son côté, Jonathan Pollard, qui avait été condamné pour espionnage, a démenti dimanche se présenter aux côtés de Ben Gvir à la Knesset, après des informations qui ont laissé entendre que le leader d’extrême droite réfléchissait à lui offrir un ticket sur la liste électorale d’Otzma Yehudit.

« C’est important pour moi d’apporter ma contribution à la nation d’Israël mais ma place n’est pas à la Knesset. Je pense que j’ai déjà suffisamment souffert », aurait indiqué Pollard, selon la Douzième chaîne.

Analyste dans le secteur des renseignements dans un centre d’antiterrorisme de la Navy américaine, Pollard avait retransmis des milliers de documents américains classifiés à l’État juif avant son arrestation en 1985. Il avait été condamné pour espionnage à la prison à vie deux années plus tard.

Il a été finalement libéré en 2015 et est venu vivre en Israël en 2020.

Ben Gvir a déclaré, cette semaine, que son parti d’extrême droite Otzma Yehudit se présenterait seul lors des élections du 1er novembre après être entré à la Knesset sous l’étiquette de l’alliance du parti Sionisme religieux. Il a accusé le chef de la formation, Bezalel Smotrich, d’avoir échoué à négocier la mise en place d’une liste conjointe qui aurait permis d’établir un partenariat, regrettant « sa mauvaise foi ».

Ben Gvir aurait demandé, selon de nombreuses informations, des places mieux situées sur la liste commune au vu des sondages qui révèlent un soutien croissant pour sa formation.

Le député Itamar Ben Gvir, à gauche, s’exprime lors d’une conférence de presse avant les prochaines élections, à Jérusalem, le 11 juillet 2022 ; le député Bezalel Smotrich, à droite, dirige une réunion de son parti à la Knesset, le 6 juin 2022. (Crédits : Yonatan Sindel/Flash90)

Otzma Yehudit est une faction constituée par des disciples de feu le rabbin extrémiste Meir Kahane, dont le parti Kach avait été interdit de représentation à la Knesset en raison de ses principes racistes.

Malgré la déclaration de cette séparation entre les deux partis, il reste encore un mois avant la date-limite de soumission des listes électorales – cette date a été fixée au 15 septembre – ce qui signifie qu’il reste du temps pour d’éventuelles négociations concernant la mise en place d’une liste commune.

La semaine dernière, Ben Gvir a déclaré vouloir présenter un projet de loi offrant aux tribunaux la possibilité d’expulser les citoyens arabes attaquant les soldats pour un mobile nationaliste, ainsi que les politiciens considérés comme « traîtres » à l’égard de l’État d’Israël.

Le parti Otzma Yehudit a dernièrement été dynamisé par une série de sondages favorables, certains montrant qu’une liste commune bénéficierait d’un plus grand nombre de sièges si elle était dirigée non pas par Smotrich mais par Ben Gvir. D’autres ont prédit qu’Otzma Yehudit raflerait un plus grand nombre de sièges que le parti Sionisme religieux d’extrême droite de Smotrich si les deux factions devaient se présenter séparément.

Par exemple, un sondage dont les résultats ont été révélés dimanche dernier par la Douzième chaîne a établi qu’Otzma Yehudit remporterait huit sièges et le parti Sionisme religieux seulement cinq si les deux formations se présentaient de manière indépendante.

Jeremy Sharon a contribué à la rédaction de cet article.

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