Le rabbin d’une grande synagogue de Londres contaminé après un voyage au Maroc
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Le rabbin d’une grande synagogue de Londres contaminé après un voyage au Maroc

Le rabbin Yoni Golker de la synagogue St John's Wood en quarantaine avec de légers symptômes après avoir visité la communauté juive de Casablanca la semaine dernière

La synagogue St John's Wood à Londres. (Capture écran / Google Maps)
La synagogue St John's Wood à Londres. (Capture écran / Google Maps)

JTA – Un rabbin de l’emblématique synagogue de St John’s Wood à Londres a été testé positif au coronavirus.

Le rabbin Yoni Golker a déclaré vendredi à la JTA qu’il avait eu de légers symptômes et qu’il se sentait mieux que lors de leur apparition la semaine dernière. Il est isolé en quarantaine à Londres.

Le rabbin a visité la synagogue et l’école juive de Casablanca, au Maroc, la semaine dernière, avant qu’il ne commence à présenter des symptômes, a-t-il dit.

Les membres de la synagogue qui ont été en contact étroit avec lui au cours des deux dernières semaines ont reçu pour conseil de s’isoler pendant une période de deux semaines à partir de l’exposition, a rapporté le Jewish News.

M. Golker a refusé de répondre à d’autres questions. La synagogue St John’s Wood, une institution orthodoxe de 1 400 places, est au courant de l’état du rabbin mais n’a pas interrompu ses services.

Jeudi, la synagogue a signalé qu’un de ses membres était « gravement malade » à cause d’un coronavirus.

La synagogue St John’s Wood est fermée pour nettoyage, mais toutes les autres synagogues appartenant au groupe de coordination de la Synagogue Unie resteront ouvertes pour les services du Shabbat ce week-end, a fait savoir un porte-parole à Jewish News.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson quitte le 10 Downing Street au centre de Londres, le 19 octobre 2019. (Tolga Akmen/AFP)

Le gouvernement britannique de Boris Johnson, critiqué pour sa lenteur à prendre des mesures radicales face au coronavirus, s’apprête à revoir son approche et interdire les rassemblements de masse, au moment où le nombre de décès a doublé dans le pays, avec désormais 21 morts.

Les 10 nouveaux décès enregistrés concernent des personnes faisant partie de groupes « à risque », c’est à dire âgées ou atteintes de pathologies sous-jacentes, a précisé dans un communiqué le Pr Chris Witty, médecin en chef pour l’Angleterre.

Le pays comptait 798 personnes contaminées, selon un dernier bilan publié vendredi. Mais un haut responsable de santé a estimé que le nombre de personnes infectées se situerait en réalité entre 5 000 et 10 000.

Selon les médias britanniques, une législation d’urgence doit être adoptée la semaine prochaine au Parlement et l’interdiction des grands rassemblements entrerait en vigueur à partir du week-end.

Des événements comme le tournoi de tennis de Wimbledon, le festival de musique de Glastonbury – tous deux prévus en juin – ou de grandes courses hippiques comme la Royal Ascot (juin) et le Grand National (début avril) pourraient ainsi être annulés, selon le Daily Telegraph, journal proche de Boris Johnson.

Pour l’heure, le gouvernement, qui espère retarder le pic de l’épidémie à l’été pour amortir le choc pour les services de santé, a donné pour consigne que les personnes présentant des symptômes restent confinées pendant une semaine.

Le gouvernement a justifié son approche en expliquant que prendre des mesures drastiques trop tôt affaiblirait la capacité de la population à les accepter au pic de la crise.

Boris Johnson a expliqué se baser sur la science. Dans une lettre au Times, plusieurs scientifiques parmi lesquels le rédacteur en chef de la revue médicale The Lancet, ont demandé au gouvernement de publier « urgemment les preuves scientifiques et données et les modèles » sur lesquels il se fonde.

« Cette transparence est essentielle pour conserver la coopération et la confiance des communautés scientifique et médicale, ainsi que la compréhension du public », écrivent-ils, craignant que le Royaume-Uni ne prenne pas suffisamment en compte l’expérience des autres pays.

La stratégie britannique espère aussi favoriser le développement d’une « immunité collective » au sein de la population, en espérant que le virus se propage lentement. Selon le conseiller scientifique du gouvernement Patrick Vallance, un tel processus pourrait fonctionner si 60 % de la population était atteinte.

« On peut parler théorie, mais pour l’instant nous sommes dans une situation où il faut agir », a répliqué samedi la porte-parole de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), sur les ondes de la BBC. « Nous n’en savons pas assez sur ce virus, il n’a pas atteint la population depuis assez longtemps pour savoir quels sont ses effets sur le plan immunologique », a-t-elle ajouté.

Nombre d’événements comme les matchs de la Premier League de football, le marathon de Londres ou encore les élections locales du mois de mai, dont les élections municipales de Londres, ont néanmoins d’ores et déjà été suspendus ou reportés.

Dans un tweet, le patron de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a remercié l’entraîneur de Liverpool Jürgen Klopp, qui a estimé qu’entre « le football et le bien de la société toute entière, il n’y a pas de compétition », pour son « message puissant au monde ».

La reine Elisabeth II a reporté « par précaution » plusieurs engagements prévus la semaine prochaine, selon le palais de Buckingham. Son fils aîné le prince Charles a quant à lui remis à plus tard un déplacement prévu à partir de la semaine prochaine en Bosnie, à Chypre et en Jordanie.

La reine Elisabeth II, le 8 septembre 2015 (Page Facebook The British Monarchy)
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