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Le rabbin en chef de Russie s’oppose au prélèvement d’organes sans consentement

La loi russe a récemment promulgué le prélèvement d'organes post-mortem sans consentement des proches du défunt

Le président russe Vladimir Poutine, à gauche, et le grand rabbin de Russie Berel Lazar, en mars 2005. (Crédit : Kremlin/JTA)
Le président russe Vladimir Poutine, à gauche, et le grand rabbin de Russie Berel Lazar, en mars 2005. (Crédit : Kremlin/JTA)

Des dignitaires religieux juifs et chrétiens en Russie ont protesté vendredi contre la décision de la Cour constitutionnelle russe qui a reconnu légal le prélèvement d’organes post-mortem sans consentement des proches du défunt.

« Nous comprenons que les organes sont nécessaires pour une greffe. Mais les prélever à une personne contre la volonté de ses proches est inimaginable », a déclaré le rabbin en chef de Russie, Berel Lazar, cité par les agences de presse russes.

« Le corps humain, tout comme son âme, c’est un don de Dieu (…) et nous n’avons pas le droit d’utiliser notre corps d’une mauvaise manière, ni lorsque nous vivons, ni après notre mort », a-t-il souligné.

Pour sa part, un haut dignitaire de l’Eglise orthodoxe russe a appelé à mettre en place un système de don d’organes à l’instar des Etats-Unis et d’autres pays occidentaux.

« L’Eglise orthodoxe russe pourrait (…) soutenir l’idée du don (d’organes) volontaire dans notre pays », a déclaré Dimitri Perchine, qui préside la commission missionnaire du conseil du diocèse de Moscou, cité par l’agence publique RIA Novosti.

« La tradition chrétienne ne prévoit pas d’obstacle à cela », a-t-il souligné.

La Cour constitutionnelle russe a stipulé cette semaine qu’il était légal de prélever des organes à un défunt sans consentement de ses proches, la loi russe se basant sur le principe que si la personne ne souhaitait pas faire le don de ses organes, elle l’aurait interdit de son vivant.

Contacté par l’AFP, Rouchan Abbiassov, vice-président du Conseil des muftis de Russie, l’une des plus hautes autorités musulmanes dans le pays, s’est refusé à tout commentaire, en expliquant qu’il n’avait pas pris connaissance de cette décision.

La Cour constitutionnelle russe a été saisie par la mère d’un étudiante moscovite, Alina Sablina, décédée à la suite d’un accident de la route en janvier 2014 et dont des organes avaient été prélevés par les médecins sans consentement de la famille.

La Russie effectue très peu de greffes d’organes en comparaison avec les pays occidentaux, avec notamment moins de 2 000 opérations de ce genre effectuées en 2015, selon le quotidien officiel Rossiïskaïa gazeta.

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