Le secrétaire général de l’OLP Saeb Erekat est mort à l’âge de 65 ans
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Nécrologie

Le secrétaire général de l’OLP Saeb Erekat est mort à l’âge de 65 ans

Le négociateur palestinien a succombé à la COVID-19; il fut l'un des principaux architectes des accords d'Oslo, adversaire d'Israël dans les forums mondiaux et du plan Trump

Saeb Erekat donne une conférence de presse à Ramallah, le 23 août 2010. (Crédit : AP)
Saeb Erekat donne une conférence de presse à Ramallah, le 23 août 2010. (Crédit : AP)

Saeb Erekat, diplomate palestinien qui a passé des décennies à mener des négociations avec Israël, est mort à l’âge de 65 ans des suites de complications dues au coronavirus, a annoncé mardi l’hôpital israélien où il avait été hospitalisé.

L’OLP avait annoncé le 9 octobre qu’il avait contracté le nouveau coronavirus et avait été transféré le 18 octobre à l’hôpital Hadassah de Jérusalem.

Erekat, atteint de fibrose pulmonaire et greffé du poumon en 2017, avait dans un premier temps été soigné par sa fille à son domicile en Cisjordanie.

L’hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem, qui l’avait admis à la demande de responsables de l’Autorité palestinienne (AP), avait qualifié de « défi » le fait de soigner M. Erekat en raison de ses problèmes pulmonaires.

Dans un communiqué, l’établissement a confirmé le décès, présentant ses condoléances à la famille et « au peuple palestinien ». Après être arrivé « dans un état grave », selon l’hôpital, M. Erekat avait été mis sous respirateur et endormi, puis placé sous une machine appelée « Ecmo », qui remplace de facto le coeur et les poumons pour oxygéner et faire circuler le sang dans le corps.

Sa famille avait appelé les médias à la prudence devant la circulation de fausses informations et communiquait fréquemment sur son état de santé.

Quand Erekat avait été testé positif au coronavirus, au début du mois d’octobre, il avait cherché à se montrer optimiste au cours d’un entretien téléphonique avec le Times of Israel. Aucun autre membre de sa famille n’avait attrapé le virus, ce qui, selon lui, avait tenu du « miracle ».

Mais il avait reconnu que son état de santé était loin d’être bon. Il avait survécu à une attaque cardiaque, en 2012, et à une greffe des poumons, en 2017, après des années de souffrances entraînées par une fibrose pulmonaire, une maladie qui touche les poumons et qui nuit à leur capacité de faire circuler l’oxygène.

Le négociateur en chef de l’Autorité palestinienne, Saeb Erakat, répond à une question lors d’une conférence de presse dans la ville de Jéricho en Cisjordanie, le vendredi 9 juillet 1999. Evoquant le Premier ministre israélien Ehud Barak et les efforts pour relancer le processus de paix au Moyen-Orient, Erakat a déclaré que les Palestiniens n’accepteraient pas la non-application des Accords de Wye Plantation et « qu’on ne nous mènerait pas en bateau ». Nous n’avons pas d’enseigne au néon sur nos têtes qui dit ‘stupide' ». Barak doit rencontrer le leader palestinien Yasser Arafat dimanche. (AP Photo/Jacqueline Larma)

Erekat a dirigé les négociations palestiniennes successives avec Israël pendant des décennies, y compris les pourparlers qui ont abouti à la signature des accords d’Oslo en 1995, le premier accord de paix majeur entre Israël et les Palestiniens.

Figure dominante de la politique palestinienne pendant des décennies, il est devenu secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 2015, bien que son influence sur les relations de Ramallah avec Israël et le monde aille bien au-delà du poste bureaucratique.

Il était un défenseur franc et passionné de l’État palestinien, et de nombreux responsables israéliens assis en face de lui à la table des négociations cautionnaient son engagement en faveur d’une solution à deux États.

Mais Erekat était aussi un personnage controversé : Pour certains Israéliens, sa rhétorique intransigeante était emblématique du rejet des Palestiniens, et il était connu pour avoir affirmé faussement qu’Israël avait massacré des centaines de Palestiniens dans le camp de réfugiés de Jénine en 2002. Pour les Palestiniens déçus, il faisait partie d’un leadership vieillissant et immuable qui n’avait pas réussi à tenir sa promesse centrale – un État – même s’il continuait à coordonner son action avec celle d’Israël.

Abu Dis. Illustration. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

Né à Abu Dis, une ville de la banlieue de Jérusalem, en 1955, l’ex-journaliste au quotidien indépendant Al-Qods de Jérusalem-Est était docteur en polémologie (les relations internationales mettant l’accent sur la compréhension des conflits, NDLR) de l’université britannique de Bradford et avait enseigné à l’université An-Najah de Naplouse de 1979 à 1991. Il était aussi titulaire d’un Bachelor of Arts et d’un Master of Arts de l’université d’État de San Francisco en relations internationales. Il s’est finalement installé à Jéricho avec sa femme et ses quatre enfants.

Auteur d’une dizaine de livres sur la diplomatie et la résolution de conflits, il a contribué à un ouvrage sorti en mai 2020 sur les effets de la pandémie de nouveau coronavirus sur la société palestinienne.

Membre du mouvement palestinien du Fatah, Erekat était un confident du président de l’OLP et chef du Fatah Yasser Arafat. Après la mort d’Arafat, Erekat est devenu un proche collaborateur de son successeur, le président de l’AP, Mahmoud Abbas.

« Le départ d’un frère et d’un ami, du grand combattant, le Dr Saëb Erekat, est une grande perte pour la Palestine et pour notre peuple, et nous en sommes profondément attristés », a déclaré dans un communiqué en arabe Abbas, en annonçant un deuil de trois jours pour les Palestiniens.

« A la Palestine manque aujourd’hui un chef patriotique, un grand combattant qui a joué un rôle crucial dans l’élévation du pavillon de la Palestine », a ajouté Abbas, soulignant la contribution d’Erekat dans les pourparlers ayant mené aux accords d’Oslo, dans les années 90, entre Israël et les Palestiniens.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas (à droite) et le responsable des négociations pour la paix, Saeb Erekat, signent une candidature pour intégrer les organismes de l’ONU, à Ramallah, en Cisjordanie, le mardi 1er avril 2014. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

L’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient, Nickolay Mladenov a aussi rendu hommage mardi à Saëb Erekat : « vous étiez resté convaincu qu’Israël et la Palestine pouvaient vivre en paix, vous n’aviez jamais abandonné les négociations et vous vous teniez fièrement pour votre peuple. Tu vas nous manquer, mon ami », a-t-il commenté sur Twitter.

« Attristée », l’ancienne négociatrice israélienne Tzipi Livni a présenté ses condoléances « aux Palestiniens et à la famille » de M. Erekat. « Saëb a consacré sa vie à son peuple. Malade, il m’avait écrit : ‘Je n’ai pas terminé de faire ce pour quoi j’étais né' », a-t-elle écrit sur Twitter.

Le député Likud Tzachi Hanegbi a déclaré au micro de la radio militaire qu’il était « attristé » par le nouvelle et il a souhaité à la famille d’Erekat « de ne plus connaître le chagrin ».

Pour sa part, Ofir Sofer, député du parti religieux de droite Yamina, a déclaré que « Saeb Erekat a fait l’éloge des terroristes, il a prôné le boycott d’Israël et il a été l’un des promoteurs du massacre de la diffamation du sang à Jénine. Comment est-il possible de dire un seul demi-mot de positif à son sujet ? »

Même son de cloche chez le fils de Benjamin Netanyahu : un « terroriste qui a travaillé pour la destruction d’Israël », et il a vivement critiqué les journalistes qui font ce mardi son éloge.

Mais pour le chef de la politique étrangère de l’Union européenne, Josep Borrell, il n’en est rien.

« C’est avec beaucoup de chagrin que j’ai appris que Saeb Erekat, secrétaire-général du comité exécutif de l’OLP, s’est éteint aujourd’hui », a-t-il dit dans un communiqué. « Son décès est une grande perte pour les Palestiniens et pour le processus de paix au Moyen-Orient ». « Pendant toute sa vie, Saeb Erekat a œuvré sans relâche à répondre aux aspirations légitimes de son peuple. En tant que participant de premier plan aux négociations des Accords d’Oslo, il a toujours défendu une solution à deux Etats négociée, juste et durable, pour résoudre le conflit israélo-palestinien. Il a personnellement contribué à développer d’étroites relations entre l’UE et la Palestine. Je lui suis reconnaissant pour sa contribution dans ces liens ». « Je transmets mes sincères condoléances à sa famille, à l’Organisation de libération de la Palestine et à tous les Palestiniens », a ajouté Borrell.

Dans un court message publié sur Twitter, le département d’Etat américain a présenté ses condoléances. « Nos pensées et prières sont avec sa famille en ces temps difficiles ».

Erekat a été l’un des premiers défenseurs des pourparlers avec Israël. Dès les années 1980, il a déclaré que le conflit avec Israël n’avait pas de solution militaire.

Il a ensuite été à la tête de l’équipe de négociation palestinienne lors de la conférence de Madrid de 1991 avant de diriger la délégation lors des pourparlers qui ont abouti aux accords d’Oslo de 1995, où il s’est forgé une réputation de négociateur rusé et dur.

« Il était extrêmement bien informé, il avait une mémoire incroyable. Il pouvait se montrer pointilleux jusqu’à en être exaspérant. Il n’était pas un négociateur facile. Mais j’ai toujours pensé que derrière cela, il y avait le désir de faire avancer les intérêts des Palestiniens et, oui, on peut le dire, d’arriver à un accord », a commenté Gilad Sher, éminent négociateur israélien qui avait pris part à des « centaines de réunions » avec Erekat.

Erekat s’exprimait dans un anglais volontiers teinté d’humour et de formules marquantes et avait un comportement engageant, ce qui lui a permis de devenir rapidement le visage de l’OLP auprès de la presse internationale. Au cours des premières années, pleines d’espoir, du processus d’Oslo, il a également maintenu des contacts étroits avec un certain nombre de ses interlocuteurs du côté israélien.

À partir de 1999, il a participé à d’interminables séries de réunions avec des responsables israéliens et américains, à la recherche d’une percée sur la question de l’État. Ces pourparlers – qui ont abouti à des sommets de paix avec la médiation américaine à Camp David en 2000 et à Taba au début de janvier 2001 – ont finalement échoué, les Israéliens et les Palestiniens critiquant l’intransigeance de l’autre.

« Au bout du compte, je sais que les Palestiniens et les Israéliens peuvent faire la paix. Mon cœur souffre parce que je sais que nous étions si proches », a déclaré Erekat dans une interview accordée à un documentaire télévisé « Frontline ».

L’échec des pourparlers de Camp David avait été largement attribué à Arafat, notamment par le président Bill Clinton, qui avait accueilli le sommet et qui avait ultérieurement déclaré : « Je regrette qu’Arafat ait manqué l’opportunité de donner vie à cette nation palestinienne et je prie pour qu’arrive enfin le jour où les rêves d’un état et d’une vie meilleure, pour les Palestiniens se réaliseront, dans le cadre d’une paix juste et durable ».

L’échec des pourparlers a été suivi par l’accélération de la violence de la Seconde Intifada, une vague de protestations et d’attentats terroristes palestiniens qui a commencé à la fin de l’année 2000. Cette violence a coûté la vie à environ 3 000 Palestiniens et 1 000 Israéliens. Mais Erekat a continué à insister sur le fait que les Israéliens et les Palestiniens pouvaient encore surmonter leur division et parvenir à un accord.

« Même aux heures les plus sombres, je crois que la paix est réalisable », a déclaré M. Erekat au New York Times, chez lui à Jéricho, fin 2001, après l’échec des pourparlers de Taba.

Mahmoud Abbas (right) and Yossi Beilin meet in Ramallah, August 2008 (photo credit: Omar Rashidi/FLASH90)
Mahmoud Abbas (à droite) et Yossi Beilin à Ramallah, en août 2008 (Crédit : Omar Rashidi/FLASH90)

« [Erekat] a toujours été contre l’usage de la violence. Il a soutenu d’autres moyens de pression sur Israël – les moyens diplomatiques – mais il était totalement contre la seconde Intifada et a fait de son mieux pour combler les fossés entre les Israéliens et les Palestiniens », a déclaré le négociateur israélien et ancien ministre de la Justice, Yossi Beilin, dans une interview accordée à i24 News. Beilin connaissait personnellement Erekat et a participé à ses côtés à plusieurs cycles de discussions dans les années 1990.

Mais Erekat soutenait également les paiements versés par l’AP aux familles de terroristes palestiniens condamnés pour avoir attaqué des civils israéliens. Il avait qualifié une tentative menée en 2019 en Israël de réprimer la pratique « d’acte de piraterie et de vol » et il avait juré que l’AP continuerait à donner cet argent.

Nommé en 2003 chef de l’équipe de négociations de l’OLP, il avait démissionné de ce poste brièvement en 2011 en raison de la divulgation de centaines d’archives sur les discussions avec Israël de 1999 à 2010 – les « Palestine Papers » – diffusées par la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera.

Ces documents montraient les émissaires palestiniens, notamment Saëb Erekat, prêts à des concessions importantes sans contreparties apparentes d’Israël sur des sujets aussi cruciaux que le statut de Jérusalem ou les réfugiés palestiniens.

Les responsables palestiniens étaient parvenus à contenir le scandale mais Erekat s’était retrouvé fragilisé par des informations selon lesquelles le principal responsable présumé des fuites travaillait dans son service.

Les cycles de négociations ultérieurs, menés par les présidents américains George W. Bush et Barack Obama, auxquels Erekat a participé, se sont également révélés infructueux. Ramallah n’a pas répondu à l’offre faite en 2008 par le Premier ministre Ehud Olmert, le plan de paix le plus généreux jamais proposé par un dirigeant israélien.

Le président de l’époque George W. Bush avec le Premier ministre Ehud Olmert, à droite, et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à gauche, à la conférence sur la paix au Moyen-Orient à l’Académie navale américaine d’Annapolis, dans le Maryland, le 27 novembre 2017 (Crédit : Avi Ohayon/GPO/Flash90).

Le processus de paix sur lequel le diplomate palestinien avait misé son héritage s’est arrêté, et les pourparlers ont largement cessé. Bien qu’Erekat ait toujours pris soin d’insister sur le fait qu’il était un négociateur et non un décideur, il a essuyé pas mal de critiques concernant le refus palestinien.

Même si les négociations ont échoué, Erekat a continué à représenter l’AP dans le monde. En l’absence de négociations de paix, la diplomatie palestinienne s’est concentrée sur la tentative d’augmenter la pression sur Israël au sein des institutions internationales : Erekat a été profondément impliqué dans les efforts pour obtenir la reconnaissance officielle de l’État palestinien aux Nations unies et dans l’Union européenne ; il a également appelé au boycott des produits fabriqués dans les implantations de Cisjordanie.

Mais cette stratégie semble elle aussi avoir été largement infructueuse. Israël est loin d’être un État paria, et Ramallah n’a fait que s’isoler davantage au niveau international – surtout depuis l’élection du président américain Donald Trump.

Erekat a critiqué sévèrement la politique de l’administration Trump sur le processus de paix, qui, selon lui, dissuade les Israéliens de revenir négocier avec les Palestiniens. Il a catégoriquement refusé de négocier sur la base du plan de paix Trump, qui, selon lui, ne satisfaisait même pas les demandes minimales des Palestiniens.

« Pourquoi un Israélien devrait-il me parler maintenant ? … Pourquoi devraient-ils me parler alors que quelqu’un d’autre fera le travail à leur place ? » avait-il déclaré au Times of Israel en 2019.

Celui qui était communément appelé « Docteur Saëb » avait récemment critiqué la normalisation des relations entre Israël et des pays arabes, décidée sans paix préalable entre les Palestiniens et l’Etat hébreu.

Dans une vidéo-rencontre en août dernier avec des journalistes, notamment l’AFP, il avait fustigé cette normalisation qui, disait-il, « mine la possibilité de la paix » israélo-palestinienne.

Elle « renforce les extrémistes » chez les Israéliens et les Palestiniens, les premiers pensant ne plus avoir besoin à négocier avec les Palestiniens et les seconds ne plus avoir à attendre quoique ce soit d’Israël, affirmait-il.

Loin d’être simple

Erekat laisse derrière lui un héritage complexe : celui d’un pacificateur qui a échoué et dont les intentions et les stratagèmes seront disséqués par les historiens dans les années à venir. Bien qu’Erekat n’ait jamais eu le dernier mot sur la signature d’un accord avec Israël, certains, tant dans l’opinion publique israélienne que palestinienne, l’ont critiqué comme l’un des nombreux responsables de l’échec à conclure un accord.

Il a souvent fait des déclarations publiques controversées sans preuves solides. En 2002, Erekat a été un propagateur influent d’un faux reportage selon lequel l’armée israélienne avait massacré 500 Palestiniens à Jénine. En 2014, il a comparé Netanyahu à Abu Bakr al-Baghdadi, le « calife » autoproclamé de l’État islamique extrémiste.

Tzipi Livni, (au centre), avec le négociateur de l’Autorité palestinienne Saeb Erekat, (à droite), au Forum économique mondial, en Jordanie, le 20 mai 2017. (Crédit : Khalil Mazraawi/AFP)

Mais beaucoup de ceux qui l’ont connu, y compris des Israéliens avec lesquels il a négocié, ont attesté de sa bonne volonté et de son sérieux dans la recherche d’une solution à deux États.

« C’était un négociateur dur, sans aucun doute, mais il y a une grande différence entre quelqu’un qui ne veut pas conclure un accord et qui est têtu sur toutes les questions, et quelqu’un qui veut un accord et qui fait pression pour ses propres opinions », a déclaré M. Beilin.

Ofer Cassif, un député juif du parti de la Liste arabe unie, a été l’une des premières personnalités publiques israéliennes à commenter la mort d’Erekat, le qualifiant de « véritable combattant pour la paix » et adressant ses condoléances à la famille d’Erekat et au peuple palestinien. Un autre député de la Liste arabe unie, Ahmad Tibi, a décrit Erekat comme « un ami et un dirigeant courageux ».

« Saëb ne verra pas son peuple libéré de l’occupation mais des générations de Palestiniens se souviendront de lui comme l’un des géants qui a consacré sa vie à l’indépendance », a affirmé mardi sur Twitter Ayman Odeh, chef de la Liste arabe unie.

Le chef du groupe terroriste palestinien du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a présenté les « condoléances » du mouvement islamiste aux « frères » du Fatah, parti laïc de MM. Abbas et Erekat. Les deux parties n’arrivent toujours pas à se réconcilier après maintes tentatives ratées.

Au Caire, le ministère égyptien des Affaires étrangères a estimé que « la cause palestinienne a(vait) perdu un combattant inébranlable (…) qui a passé sa vie à faire valoir les droits du peuple palestinien par la politique et la diplomatie ».

« En tant que défenseur de l’autodétermination palestinienne, Saëb Erekat a mené des débats controversés, mais a toujours compté sur les négociations avec Israël (…) mais il n’a jamais renoncé au courage et à l’espoir, même face aux défis sanitaires de ces dernières années », a commenté de son côté le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas.

Le co-dirigeant hadash Ofer Cassif lors d’une audience à la Cour Suprême à Jérusalem sur son interdiction de se présenter aux élections, le 13 mars 2019.
(Yonatan Sindel/Flash90)

Quand Erekat a été diagnostiqué avec le coronavirus au début du mois, il a cherché à paraître optimiste dans un appel téléphonique au Times of Israel. Aucun des membres de sa famille n’avait été testé positif pour le virus, a-t-il dit, ce qu’il a qualifié de « miracle ».

Mais il a reconnu que sa situation médicale était loin d’être simple. Il a survécu à une légère crise cardiaque en 2012 et à une transplantation pulmonaire en 2017 après avoir souffert pendant des années de fibrose pulmonaire, une maladie qui bouche les poumons et endommage leur capacité à faire circuler l’oxygène.

Le 18 octobre, Erekat a traversé la Ligne verte qui sépare Israël de la Cisjordanie pour se faire soigner à l’hôpital Hadassah de Jérusalem.

L’hospitalisation d’Erekat à Hadassah avait suscité une certaine controverse parmi les Palestiniens. Ramallah a refusé de coopérer avec Israël pendant des mois pour protester contre un plan israélien d’annexion de certaines parties de la Cisjordanie, rendant beaucoup plus difficile pour les Palestiniens d’obtenir des permis pour se faire soigner dans les hôpitaux israéliens.

A LIRE : Soigner Saeb Erekat

Alors qu’Israël a déclaré que les projets d’annexion ont été suspendus en raison de son accord de normalisation avec les Émirats arabes unis, la coordination entre les deux parties n’a pas encore repris. Voir les deux gouvernements agir rapidement pour sauver le diplomate vieillissant a provoqué la colère de certains en Cisjordanie, qui y ont vu un autre exemple du traitement préférentiel dont bénéficient leurs dirigeants.

Erekat est mort moins d’un mois après son hospitalisation.

Erekat laisse dans le deuil sa femme Nimeh et ses quatre enfants : Dalal, Ali, Salam et Mohammad.

L’AFP a contribué à cet article.

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