Le suspect d’une alerte à la bombe à NYC est un Juif d’extrême-droite
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Le suspect d’une alerte à la bombe à NYC est un Juif d’extrême-droite

Louis Shenker s'est rendu à la police et est accusé d'avoir commis un incendie criminel et d'avoir semé la panique dans un centre commercial

Louis Shenker proteste devant une mairie tenue par la sénatrice américaine Elizabeth Warren en 2018. (Crédit: Michael Swensen/The Boston Globe via Getty Images/JTA)
Louis Shenker proteste devant une mairie tenue par la sénatrice américaine Elizabeth Warren en 2018. (Crédit: Michael Swensen/The Boston Globe via Getty Images/JTA)

JTA – Le principal suspect d’une fausse menace d’attentat à la bombe à New York est un militant d’extrême droite de 22 ans qui a autrefois dirigé un mouvement de jeunesse juif.

Louis Shenker, qui s’est rendu à la police mardi, selon NBC News, était vice-président régional du mouvement BBYO il y a cinq ans alors qu’il était au lycée.

Les provocations sur les campus ces dernières années ont fait de Shenker une cause célèbre des médias en ligne de droite. Il est maintenant accusé d’avoir commis un incendie criminel et d’avoir provoqué une fausse alerte à la bombe qui a nécessité l’évacuation d’un centre commercial lundi.

Il aurait placé des câbles, une boîte de conserve et un rouleau de ruban adhésif sur une Tesla volée dans le centre commercial de Queens Place pour tenter d’imiter une bombe. La police a découvert la voiture, qui ne contenait pas d’explosifs mais un chien se trouvait à l’intérieur.

Leur enquête les a menés jusqu’à Shenker, qui avait été déjà arrêté auparavant pour avoir brûlé un panneau apposé sur une barricade de la police de New York la semaine dernière.

Shenker est un fervent partisan du président américain Donald Trump et, comme lui, il pense que l’élection de novembre a été volée au nom de Joe Biden. Il a publié sur Facebook une série de théories conspirationnistes prétendant à tort que le président sortant avait remporté les élections et appelant les partisans de Trump à agir.

Il a écrit que les agents du FBI sont des « briseurs de serment » qui « sont engagés dans une tentative de détruire notre grande république ». Le 14 novembre, Shenker a écrit : « C’est littéralement la vie ou la mort pour nous tous ! Et il est temps que le peuple américain fasse face à ce fait et agisse en conséquence ! »

Shenker semble également avoir cultivé des liens avec l’extrême-droite. Il est apparu dans InfoWars, l’émission d’Alex Jones, théoricien du complot de droite, et a montré son admiration pour Nick Fuentes, activiste de la suprématie blanche qui a cherché à ouvrir les événements conservateurs aux politiques nationalistes blanches.

Dans une vidéo publiée l’année dernière, Shenker, coiffé d’une kippa, fait l’éloge d’Israël en tant qu' »ethno-état » et affirme que l’Amérique devrait adopter ses politiques d’immigration restrictives.

« Pourquoi l’Amérique ne peut-elle pas restreindre son immigration ? » a-t-il demandé. « Pourquoi ne peut-elle pas avoir un droit au retour pour toute personne qui est un descendant de troisième ou quatrième génération de quelqu’un qui était en Amérique pendant les 200 ans de la population européenne chrétienne principalement blanche ?

« C’est principalement ce en quoi les premiers patriotes américains comme Nick Fuentes croient », a-t-il ajouté.

Sur son propre podcast, appelé « The Minuteman », Shenker avait menacé d’arrêter le maire de New York, Bill de Blasio. Selon le New York Times, Shenker était connu de la police de New York pour avoir pris à partie les officiers lors des manifestations antiracistes de l’année dernière.

L’année dernière, son activisme a brièvement attiré l’attention de certains médias de droite après son expulsion de l’Université du Massachusetts Amherst suite à l’accusation de harcèlement contre un étudiant diplômé.

Il avait également fait des vagues sur le campus suite à sa participation à une contre-manifestation antiraciste en 2018 en portant un chapeau MAGA et un T-shirt qui traitait Bill Clinton de violeur. 

Shenker portait une grande pancarte sur laquelle on pouvait lire : « Maintenant que la collusion avec la Russie est un mensonge avéré, quand les procès pour trahison commenceront-ils ? Au cours de l’événement, il a été entouré de manifestants ; l’un d’eux lui a arraché le chapeau de la tête.

Karen Hurvitz, l’avocate de Shenker, a déclaré que les accusations de l’étudiant diplômé étaient fausses et a affirmé dans un communiqué de presse qu’il avait été « expulsé parce qu’il n’avait pas les bonnes croyances en matière de religion et de politique ». Son organisation basée à Boston, Americans for Peace and Tolerance, appelle les Juifs à « construire des alliances avec d’autres victimes de l’alliance progressiste-islamiste ».

Hurvitz a adressé un courrier à UMass Amherst l’année dernière pour protester contre l’expulsion de Shenker et menacer de poursuivre l’université. Elle a écrit qu’en raison de l’expulsion, Shenker a « subi des dommages économiques d’un montant d’environ vingt-sept millions de dollars ». Son organisation a également publié une photo d’un tract qualifiant Shenker de suprémaciste blanc et a déclaré que 200 à 300 copies avaient été affichées sur le campus.

Contactée par la Jewish Telegraphic Agency, Hurvitz a déclaré dans une brève interview mardi qu’elle venait juste de « rattraper » les dernières accusations portées contre Shenker à New York. Elle n’a pas répondu à deux appels de suivi plus tard dans la journée.

L’activisme de Shenker n’a pas commencé à l’université. Au lycée, il était vice-président du recrutement de sa région BBYO, selon son profil LinkedIn. Mais il ne soutient plus le groupe de jeunes juifs : Le 17 novembre, il a posté sur Facebook qu’il pense que BBYO travaille « à la promotion d’un programme antisioniste ».

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