Le taux d’infection ne baissera pas spectaculairement avec le confinement
Rechercher

Le taux d’infection ne baissera pas spectaculairement avec le confinement

Le ministre de la Santé et son adjoint disent que les restrictions peuvent encore durcir avant d'être levées ; le mont du Temple fermera vendredi, a annoncé le Waqf

Le ministre de la Santé Yuli Edelstein lors d'une visite au sein de l'école Chen Neryah à Alon Shvut, le jour de la rentrée, le 1er septembre 2020 (Crédit :   Gershon Elinson/Flash90)
Le ministre de la Santé Yuli Edelstein lors d'une visite au sein de l'école Chen Neryah à Alon Shvut, le jour de la rentrée, le 1er septembre 2020 (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

Le ministre de la Santé Yuli Edelstein et son adjoint, Yoav Kisch, ont prédit mardi qu’un confinement national de trois semaines, qui débutera vendredi et qui limitera sérieusement les déplacements des Israéliens et entraînera la fermeture du système éducatif, ne devrait pas pour autant amener une baisse nette des taux d’infection au COVID-19.

Tandis qu’Edelstein a averti que les restrictions liées à ce confinement pourraient être élargies de manière à mieux contrôler le virus avant qu’elles ne soient entièrement levées, Kisch a estimé que la fermeture nationale n’empêchera qu’une chose, à savoir l’accélération de la vitesse de propagation du coronavirus.

Vendredi, dès 14 heures, l’Etat juif entrera dans un confinement qui limitera les déplacements non-essentiels, pour les Israéliens, à un périmètre de 500 mètres autour de leurs habitations, et qui maintiendra le système d’enseignement tout entier fermé, entre autres – cela entrera même en vigueur dès jeudi. Le confinement, qui vise à réduire la vie publique, continuera pendant les grandes fêtes juives et la période de Souccot – les grandes fêtes débutent avec Rosh HaShana, la nouvelle année juive, vendredi soir prochain et s’achèveront avec Simhat Torah, en date du 9 octobre.

Les établissements scolaires, qui baisseront le rideau 24 heures avant le début du confinement national, sont traditionnellement fermés pendant une grande partie des fêtes.

Edelstein a expliqué qu’il ne fallait pas s’attendre à voir les taux d’infection quotidiens chuter soudainement.

« Concernant la situation de confinement à venir, ceux qui pensent que dans deux ou trois semaines, les chiffres vont baisser à 500 ou à 1 000 diagnostics positifs par jour, ne savent assurément pas ce qu’ils disent. Et non seulement nous n’allègerons pas les restrictions, mais nous pourrions devoir les renforcer », a dit Edelstein au site d’information Ynet.

S’exprimant depuis le lieu où il effectue sa quatorzaine – où il se trouve depuis qu’il a dû se placer à l’isolement après un contact récent avec un porteur du coronavirus – Edelstein a justifié la fermeture du système de l’éducation un jour avant le début du confinement national.

« Nous avons estimé que même un jour empêchera quelques milliers d’infections », a expliqué Edelstein. « Il y a des dizaines de milliers de personnes placées à l’isolement et des milliers de patients, des millions d’institutions, qui ont été fermées. »

Le député du Likud Yoav Kisch préside la réunion de la commission des Affaires internes de la Knesset, le 12 juillet 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Kisch a dit devant les caméras de la chaîne Kan que le déroulement des événements dépendrait du niveau d’adhésion de la population aux directives de distanciation sociale et d’hygiène émises par le ministère de la Santé.

Le confinement va durer au moins trois semaines et « peut-être plus », a noté Kisch. Lorsqu’il lui a été demandé de préciser le chiffre nécessaire de cas d’infections quotidiens qui permettrait la levée du confinement, Kisch a évoqué 1 000 cas par jour – un nombre qui avait d’ores et déjà été cité, au début de la semaine, par le directeur-général de la Santé Chezy Levy.

Cette évaluation a eu lieu alors que les données du ministère de la Santé indiquent que 5 500 cas de coronavirus ont été diagnostiqués dans la journée de mardi.

« Nous ne pouvons pas nous attendre à des réductions spectaculaires dans le chiffre des infections mais ce qui va arriver, c’est que cela va stopper l’augmentation du taux de contamination, cela va même peut-être le faire un peu baisser » en plus de prévenir une nouvelle épidémie durant la période des fêtes, a-t-il continué.

Kisch qui, 24 heures auparavant, avait prédit que les « corps s’empileraient » dans les rues en cas de négligence des règles de confinement, a admis au micro de la station de radio qu’il « commençait à être inquiet » après avoir constaté lui-même l’incapacité de la population à respecter pleinement les directives données par le ministère de la Santé. Il a confié être préoccupé par d’éventuelles tentatives de contourner le confinement en utilisant les exceptions variées qui ont été accordées et qui permettent de se soustraire aux limitations.

« Tous ceux qui voudront quitter leur domicile trouveront une bonne raison de le faire », a-t-il déploré, regrettant la complaisance dorénavant affichée par les citoyens à l’égard du virus parce que les hôpitaux, a-t-il ajouté, acceptent encore les malades.

De nombreux hôpitaux, ces derniers mois, ont parfois atteint – voire dépassé – leurs capacités d’accueil des patients.

Par ailleurs, les autorités en charge des lieux saints musulmans à Jérusalem ont annoncé que le confinement concernera également le mont du Temple, qui fermera vendredi.

Des fidèles musulmans prient sur le mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem, après sa fermeture de plus de deux mois pour cause de pandémie de coronavirus. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

L’Autorité du Waqf a rencontré, en urgence, les officiels de la Santé au vu de la hausse des cas de virus en Israël et en Cisjordanie.

Les membres du Waqf ont ainsi pris la décision de « suspendre l’entrée des fidèles dès vendredi après-midi (le 18 septembre) pour une période de trois semaines ».

« Nous espérons que les citoyens comprendront cette décision prise pour préserver leur santé et leur bien-être », a commenté Hatem Abdel Qader, membre du Waqf, auprès de l’AFP.

L’appel à la prière continuera à résonner dans la Vieille Ville de Jérusalem, a continué Qader, et les employés du Waqf auront l’autorisation de prier sur le site.

Le Waqf avait fermé le complexe au début de la pandémie, au mois de mars, lorsque de nombreuses fermetures avaient mis en suspens la vie religieuse d’une manière jamais vue depuis des siècles.

Les autorités israéliennes ont fait savoir qu’il y avait eu presque 167 000 cas de coronavirus dans le pays depuis le début de l’épidémie, et 1 147 décès des suites de la maladie.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...