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Le terroriste de Bondi prêchait l’islam et était un disciple d’un religieux radical

À 17 ans, Naveed Akram était membre du mouvement Street Dawah, qui incitait les gens à diffuser l'islam ; plusieurs membres du mouvement, lié à Daech, avaient été condamnés pour terrorisme

Naveed Akram l'auteur de l'attaque terroriste meurtrière, à Bondi Beach, à Sydney, le 15 décembre 2025. (Crédit : Capture d'écran)
Naveed Akram l'auteur de l'attaque terroriste meurtrière, à Bondi Beach, à Sydney, le 15 décembre 2025. (Crédit : Capture d'écran)

SYDNEY, Australie — Debout sous la pluie devant une gare de banlieue de Sydney, Naveed Akram, 17 ans, regarde fixement la caméra, exhortant ses éventuels spectateurs à répandre le message de l’islam.

« Diffusez le message de l’unicité d’Allah partout où vous le pouvez… qu’il pleuve, qu’il grêle ou que le ciel soit dégagé », dit-il.

Une autre vidéo – supprimée depuis – le montrait en train d’appeler deux jeunes garçons à faire la prière plus souvent. Elle avait été diffusée en 2019 par le Street Dawah Movement, un groupe communautaire islamique dont le siège se trouve à Sydney et qui s’est donné pour mission de faire découvrir l’islam aux passants qui s’aventurent à proximité des gares, tentant de les convertir.

Les autorités s’efforcent actuellement de reconstituer les événements qui se sont déroulés au cours des six dernières années, essayant de comprendre comment un adolescent, qui distribuait bénévolement des tracts pour un groupe communautaire non-violent, en est finalement arrivé à commettre ce qui pourrait bien être la pire fusillade de masse en Australie depuis des décennies, tuant quinze personnes lors d’un événement qui célébrait le début de la fête de Hanoukka, des coups de feu qui ont aussi fait de nombreux blessés. Les autorités ont qualifié cet acte d’attentat terroriste antisémite.

Akram était également disciple de Wisam Haddad, un religieux islamiste, ont indiqué des responsables de la lutte anti-terroriste à l’Australian Broadcasting Corporation. De plus, le tireur avait été photographié en train de prêcher avec un autre groupe prosélyte, Dawah Van, qui est lié à Haddad, selon le Sydney Morning Herald.

Au début de l’année, un juge avait ordonné le retrait d’internet des conférences de Haddad, qui étaient jusque-là accessibles sur le web, pour leur antisémitisme.

L’avocat de Haddad a rejeté toute implication de son client dans l’attaque terroriste.

Akram, qui reste sous haute-surveillance à l’hôpital après avoir été blessé par balle par la police, avait fait l’objet d’une brève enquête de la part des services de renseignement australiens en 2019 pour les liens qu’il entretenait alors avec des individus proches du groupe terroriste État islamique. Les autorités avaient toutefois conclu qu’il n’avait pas de tendances extrémistes à l’époque.

« Au cours des années qui ont suivi, ça a changé », a commenté mardi le ministre de l’Intérieur, Tony Burke.

La police n’a pas officiellement identifié Naveed Akram, 24 ans, comme ayant été l’un des hommes amés présumés qui ont semé la mort et la destruction lors de la fête de Hanoukka à Bondi Beach, à Sydney, dimanche. Son père, Sajid Akram, 50 ans, était l’autre terroriste présent sur les lieux et il a été abattu par les forces de l’ordre, ont noté les médias locaux.

Les autorités ont fait savoir que Naveed Akram était dans un état critique, blessé par balle alors qu’il commettait l’attentat.

Idéologie de l’État islamique

Le Premier ministre australien Anthony Albanese a indiqué, mardi, que l’attaque terroriste avait probablement été motivée par l’idéologie de l’État islamique – même si les deux hommes, a-t-il ajouté, semblent avoir agi seuls.

Des drapeaux de l’État islamique, fabriqués de manière artisanale, ont été trouvés dans la voiture des suspects après l’attentat, et les forces de l’ordre ont fait savoir, mardi, que le père et le fils s’étaient rendus aux Philippines le mois dernier, où des branches du groupe terroriste sont présentes.

Un porte-parole du Bureau philippin de l’immigration a confié que Naveed Akram, un ressortissant australien, était arrivé dans le pays le 1er novembre avec son père, qui voyageait avec un passeport indien.

Ambulances près de Bondi Beach peu après les premières informations faisant état d’une fusillade terroriste meurtrière à Sydney, le 14 décembre 2025. (Crédit : AP/Mark Baker)

Tous les deux avaient déclaré que leur destination finale était Davao, la principale ville de l’île de Mindanao, théâtre d’une insurrection islamiste dans le passé.

En 2017, un conflit de plusieurs mois avait opposé les forces armées et deux groupes militants liés à l’EI. Cette guerre avait fait plus d’un millier de morts et un million de déplacés sur l’île – même si l’armée du pays affirme, de son côté, que ces groupes sont dorénavant fragmentés et affaiblis.

Les deux hommes avaient quitté les Philippines le 28 novembre, soit deux semaines avant l’attaque de dimanche.

« Il n’a jamais rien fait d’inhabituel »

Les médias locaux ont fait savoir que Naveed Akram, maçon de formation et actuellement au chômage, avait fréquenté le lycée de Cabramatta, une banlieue située à environ 30 kilomètres par la route du quartier central des affaires de Sydney et proche du domicile actuel de sa famille à Bonnyrigg – habitation qui a été perquisitionnée par la police après les attentats.

« Je n’aurais jamais imaginé, même dans un million d’années, qu’il pourrait être l’auteur de ces actes », a commenté son ancien camarade de classe, Steven Luong, auprès du Daily Mail.

« C’était quelqu’un de très gentil. Il n’a jamais rien fait d’inhabituel. Il n’a jamais seulement interrompu un cours », a-t-il ajouté.

Les services d’urgence se rassemblent sur les lieux après une fusillade à Bondi Beach, à Sydney, le 14 décembre 2025. (Crédit : Saeed KHAN / AFP)

Après avoir quitté l’école, Akram avait manifesté un vif intérêt pour l’islam. Il avait cherché à suivre des cours particuliers et il avait pris part à des événements organisés par le Street Dawah Movement.

Le groupe a confirmé que le jeune homme apparaissait bien dans ses vidéos.

« Au Street Dawah Movement, nous sommes horrifiés par ces actes et nous sommes consternés par son comportement criminel », a indiqué le groupe dans un communiqué, qui a souligné qu’Akram avait participé à plusieurs événements en 2019 mais qu’il n’était pas venu en tant que membre de l’organisation mais comme simple « visiteur ».

Street Dawah a compté, dans ses rangs, des terroristes condamnés qui entretenaient des liens avec l’État islamique, a signalé le Sydney Morning Herald, qui a cité les noms de Joseph Saadieh, Moudasser Taleb et Youssef Uweinat.

Uweinat, qui avait affirmé avoir renoncé au groupe terroriste après avoir purgé quatre ans de prison, a été photographié en train d’agiter un drapeau noir de l’État islamique au début de l’année à l’occasion d’un rassemblement anti-israélien qui était organisé à Sydney.

Quelques mois après la diffusion des vidéos de Street Dawah, Akram avait contacté Adam Ismail, un professeur, pour lui demander de lui donner des cours d’arabe et de Coran. Il avait étudié avec lui pendant un an au total.

L’institut de langues d’Ismail avait diffusé en 2022 une photo, qui a été depuis supprimée, montrant Akram souriant, un certificat de récitation coranique à la main.

« Tout le monde ne comprend pas le Coran, tout le monde ne vit selon ses enseignements, et malheureusement, cela semble être le cas ici », a déclaré Ismail dans une déclaration vidéo lundi soir.

« Je condamne cet acte de violence sans hésitation », a-t-il ajouté.

Les liens antérieurs avec l’État islamique n’ont pas été prouvés

Deux des individus qu’il fréquentait, en 2019, avaient été mis en examen, condamnés et emprisonnés – mais Akram, de son côté, n’avait pas paru intéresser les enquêteurs, a déclaré Albanese.

Le parcours d’Akram, cet adolescent qui s’intéressait à l’islam et qui est devenu aujourd’hui l’auteur présumé d’un massacre de Juifs, a surpris non seulement le public, mais aussi les forces de l’ordre.

« Nous travaillons activement sur les antécédents de ces deux personnes », a dit le commissaire de police de Nouvelle-Galles du Sud, Mal Lanyon, aux journalistes dans la journée de lundi.

« À ce stade, nous savons très peu de choses à leur sujet ».

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