Le tir d’un missile iranien en octobre a violé les résolutions de l’ONU
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Le tir d’un missile iranien en octobre a violé les résolutions de l’ONU

Cette violation pourrait entraîner de nouvelles sanctions contre l'Iran mais la Chine et la Russie pourraient poser leur veto

Une image satellite diffusée par la Deuxième chaîne le 21 Janvier 2015 montre un missile à longue portée iranien sur une rampe de lancement en dehors de Téhéran. (Crédit : capture d'écran de la Deuxième chaîne)
Une image satellite diffusée par la Deuxième chaîne le 21 Janvier 2015 montre un missile à longue portée iranien sur une rampe de lancement en dehors de Téhéran. (Crédit : capture d'écran de la Deuxième chaîne)

Un groupe d’experts de l’ONU a conclu que le tir en octobre par l’Iran d’un missile balistique constituait une violation des résolutions de l’ONU sanctionnant Téhéran.

L’Iran avait procédé à ce nouvel essai de missile de type Emad le 10 octobre et quatre pays (Etats-Unis, France, Allemagne et Royaume-Uni) avaient alors demandé au Comité des sanctions de l’ONU d’enquêter.

Ces pays estimaient que ce nouvel essai de missile violait la résolution 1929 du Conseil de sécurité, qui date de 2010.

Dans leur rapport, dont l’AFP a eu copie, les experts du Comité, « se fondant sur les analyses et les résultats » de son enquête, « concluent que le lancement (du missile) Emad est une violation par l’Iran du paragraphe 9 de la résolution 1929 ».

Le groupe d’experts « estime que l’Emad a une portée d’au moins 1 000 km, avec une charge utile d’au moins 1 000 kilos, et que ce lancement a été effectué en utilisant la technologie des missiles balistiques », ajoute le rapport.

La résolution 1929, et en particulier son paragraphe 9, interdit à Téhéran de mener des activités liées aux missiles balistiques pouvant emporter des armes nucléaires, y compris les tirs recourant à la technologie des missiles balistiques.

Téhéran affirme au contraire que ses missiles balistiques sont purement défensifs, ne sont pas conçus pour transporter des armes nucléaires, et ne sont donc visés par aucune résolution de l’ONU.

Les conclusions des experts pourraient en principe déboucher sur de nouvelles sanctions du Conseil contre l’Iran. Mais des diplomates considèrent cette hypothèse peu probable, étant donné l’accord nucléaire historique conclu entre Téhéran et les grandes puissances le 14 juillet.

Pour sanctionner Téhéran, il faudrait aussi l’accord de la Russie et de la Chine, qui peuvent bloquer toute décision en utilisant leur droit de veto.

L’ambassadeur britannique Matthew Rycroft a indiqué que ce rapport des experts allait être examiné mardi par le Conseil de sécurité.

Il a souligné qu’il était important pour les Etats-Unis, en particulier vis-à-vis du Congrès, que le Conseil « réponde de manière efficace à ce qui apparait comme une violation, non de l’accord (nucléaire de juillet) mais de précédentes résolutions ».

Les Etats-Unis président le Conseil au mois de décembre.

Les Etats-Unis « vont continuer à travailler avec leurs partenaires pour élaborer une réponse significative à cette violation », a déclaré pour sa part un haut responsable américain sous couvert d’anonymat. « Il est essentiel de faire respecter de manière ferme et complète les mesures prises par les Nations unies », a-t-il ajouté.

Il a rappelé que des sanctions nationales pouvaient être prises contre les individus ou entités impliqués dans le programme balistique iranien.

Les Etats-Unis avaient par ailleurs annoncé la semaine dernière qu’ils « étudiaient sérieusement » des informations sur un possible nouveau tir de missile balistique iranien mené en novembre.

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