Le traducteur de « Mein Kampf » revient sur son travail
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Le traducteur de « Mein Kampf » revient sur son travail

Selon Olivier Mannoni, la confusion règne dans les écrits d’Hitler, « rendant à moitié fou celui que le traduit »

La couverture de Mein Kampf (Crédit / New York Public Library Digital Collection)
La couverture de Mein Kampf (Crédit / New York Public Library Digital Collection)

A l’occasion d’une interview réalisée par le Point, le traducteur de « Mein Kampf », Olivier Mannoni, est revenu sur le travail qui lui a été confié.

Ce travail de traduction a duré plus de deux ans, sans compter les dernières vérifications en cours. 

Le traducteur revient sur ce travail pénible qu’il a qualifié « d’accablant » du fait de « l’épaisseur de la pensée » d’Hitler. Cette pensée agit comme une colle, explique-t-il.

Selon Olivier Mannoni, la confusion règne dans les écrits d’Hitler, « rendant à moitié fou celui que le traduit ».

Ce travail lui a permis d’analyser comment les idées répandues par le dictateur fonctionnent, comment elles enclenchent un mécanisme « terrifiant ».

La force de Mein Kampf est « de s’emparer du langage pour le tordre, » explique le traducteur. Il était ainsi indispensable de coller au plus près du texte original.

Olivier Mannoni explique que traduire officiellement ce texte en le rendant disponible permet de démystifier le livre. Selon lui, la situation actuelle est très dangereuse du fait que « Mein Kampf » soit disponible en ligne avec des traductions approximatives et sans aucun commentaires.

« Il faut en faire un sujet d’étude et de travail. (…) Ce livre, encore une fois, est illisible ». Pour Olivier Mannoni, ce livre ne risque pas de devenir un livre de chevet.

La syntaxe, les éructations et les décalages logiques sont d’autant de problèmes qui ont été rencontrés par le traducteur. Mais pour lui, impossible de couper les phrases interminables ou de se laisser tenter par l’interprétation.

« La forme est indissociable du fond, » conclut-il.

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