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Le vaccin chinois anti-COVID de Sinopharm efficace à 79 %

Ce chiffre est inférieur à ceux des vaccins des laboratoires Pfizer/BioNTech (95 %) et Moderna (94,1 %)

Un modèle du coronavirus à côté de boîtes pour les vaccins contre la COVID-19 lors d'une exposition de la société pharmaceutique chinoise SinoPharm au Salon international chinois du commerce des services (CIFTIS) à Pékin, le 5 septembre 2020. (Crédit : Mark Schiefelbein / AP)
Un modèle du coronavirus à côté de boîtes pour les vaccins contre la COVID-19 lors d'une exposition de la société pharmaceutique chinoise SinoPharm au Salon international chinois du commerce des services (CIFTIS) à Pékin, le 5 septembre 2020. (Crédit : Mark Schiefelbein / AP)

C’est moins que Pfizer et Moderna : le laboratoire chinois Sinopharm a annoncé mercredi une efficacité de 79 % pour l’un de ses vaccins anti-COVID, qui devrait être diffusé en Chine et dans les pays en développement.

Le géant asiatique tente depuis début 2020 d’être aux avant-postes mondiaux de l’élaboration d’un vaccin. Au prix d’énormes moyens financiers, il en a actuellement cinq en dernière phase des essais sur l’homme – plus que tout autre pays.

Le mastodonte étatique Sinopharm est le premier laboratoire chinois à communiquer des chiffres sur l’efficacité d’un vaccin contre le SARS-CoV-2. Le groupe en compte au total deux en préparation.

« L’efficacité (de notre vaccin) est de 79,34 % », a indiqué dans un communiqué l’Institut des produits biologiques de Pékin, la filiale du groupe pharmaceutique qui est chargée de sa conception.

Ce chiffre est inférieur à ceux des vaccins des laboratoires Pfizer/BioNTech (95 %) et Moderna (94,1 %).

Le britannique Astrazeneca, associé à l’Université d’Oxford, a pour sa part revendiqué un taux d’efficacité de 70 %, mais qui pourrait atteindre 100 % avec deux doses.

La filiale de Sinopharm a précisé « avoir envoyé une demande officielle de mise sur le marché » à l’administration chinoise chargée des médicaments.

Son vaccin est dit « inactivé ». C’est-à-dire qu’il utilise une méthode très classique faisant appel à un virus « tué » pour déclencher une réaction immunitaire chez le sujet.

Une scientifique teste des échantillons d’un potentiel vaccin contre la COVID-19 dans une usine de production de SinoPharm, à Pékin, le 11 avril 2020. Dans sa course mondiale à la fabrication d’un vaccin contre le coronavirus, l’entreprise publique chinoise se vante d’avoir donné à ses employés, y compris ses hauts dirigeants, des injections expérimentales avant même que le gouvernement n’accepte de le tester sur des citoyens. (Crédit : Zhang Yuwei / Xinhua via AP)

Pas en Occident

La Chine, où le coronavirus est apparu fin 2019, compte une quinzaine de vaccins qui ont entamé les tests sur l’homme, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Si aucun n’a encore reçu d’approbation pour une mise sur le marché, les autorités chinoises ont toutefois donné leur feu vert cet été à l’utilisation de certains vaccins chinois pour les besoins jugés « urgents ».

Au moins un million de soignants, d’employés effectuant un métier à risque, ou encore d’étudiants et diplomates devant se rendre à l’étranger ont ainsi pu se faire injecter un vaccin expérimental, selon le gouvernement.

La demande d’un vaccin en Chine n’est pour l’instant pas particulièrement forte en comparaison avec le reste du monde, le pays asiatique ayant largement endigué l’épidémie sur son sol. Le dernier mort du COVID date officiellement de la mi-mai.

Aucune exportation de vaccins chinois n’est pour l’instant prévu sur les marchés occidentaux.

Mais la Chine s’est engagée à faire des vaccins développés par ses laboratoires des « biens publics mondiaux » qui seront proposés « à prix raisonnable » voire « offerts » aux pays en développement.

Celui de Sinopharm pourrait ainsi être proposé à des nations d’Asie, d’Afrique ou encore d’Amérique du sud.

Des membres du personnel de SinoPharm vérifient et nettoient l’équipement dans une usine de production de vaccins à Pékin, le 11 avril 2020. Dans sa course mondiale à la fabrication d’un vaccin contre le coronavirus, l’entreprise publique chinoise se vante d’avoir donné à ses employés, y compris ses hauts dirigeants, des injections expérimentales avant même que le gouvernement n’accepte de le tester sur des citoyens. (Crédit : Zhang Yuwei / Xinhua via AP)

« Expérience insuffisante »

Les laboratoires chinois, faute de malades de la COVID-19 en Chine, ont dû mener leurs essais cliniques de phase 3 à l’étranger, où la circulation du virus reste intense.

Ceux des deux vaccins de Sinopharm se déroulent ainsi dans une dizaine de pays comme les Emirats arabes unis, l’Argentine, le Pérou, l’Egypte ou encore la Jordanie.

La Chine était il y a encore quelques mois en tête de la course mondiale aux vaccins. Mais elle a été dépassée par plusieurs laboratoires occidentaux ces dernières semaines.

« C’est très chronophage de mener des tests (…) à l’étranger et de communiquer avec les pays en question », a justifié la semaine dernière Zheng Zhongwei, le monsieur vaccin du ministère chinois de la Santé.

« Par ailleurs, les entreprises chinoises de vaccins ont certains problèmes, comme par exemple une expérience insuffisante en matière de conduite d’essais cliniques internationaux de phase 3. »

Désormais distancée, la Chine a toutefois affiché sa volonté de ne pas précipiter les autorisations de mises sur le marché pour les vaccins chinois.

« Nous devons suivre un principe simple : respecter les règles scientifiques » et « s’assurer que les données répondent aux normes des autorités de régulation », a souligné M. Zheng.

« La question n’est pas d’être ou pas le plus rapide. »

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