Le variant britannique se propage à une vitesse affolante, 4e confinement en vue
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Le variant britannique se propage à une vitesse affolante, 4e confinement en vue

Nachman Ash affirme que la nouvelle souche est responsable de la moitié des nouveaux cas ; 40 % des nouveaux cas sont des enfants

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Un voyageur s'adresse à un médecin pour qu'il lui fasse passer un test de dépistage du coronavirus, à son arrivée au centre de dépistage rapide de l'aéroport international Ben-Gurion, près de Tel-Aviv, le 24 janvier 2021. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)
Un voyageur s'adresse à un médecin pour qu'il lui fasse passer un test de dépistage du coronavirus, à son arrivée au centre de dépistage rapide de l'aéroport international Ben-Gurion, près de Tel-Aviv, le 24 janvier 2021. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Nachman Ash, chargé de la stratégie du gouvernement dans la lutte contre le coronavirus, a déclaré lundi que les mutations de la Covid-19, arrivées en Israël par l’intermédiaire de voyageurs à leur retour dans le pays, entravent les efforts déployés pour enrayer la pandémie.

Ash a aussi déclaré qu’au vu des nombreuses mutations du coronavirus, le confinement, qui est actuellement en vigueur, pourrait bien ne pas être le dernier.

Durant une conférence de presse, Ash a déclaré que des souches plus contagieuses, comme les variants britannique, sud-africain et californien « exigent une vigilance à la sortie du confinement ».

Il a déclaré que les hôpitaux sont saturés et gèrent un flux de patients atteints de la Covid-19 dans sa forme grave, ce qui complique la réouverture de l’économie telle qu’elle était prévue en fin de semaine.

Ash avait déclaré à la radio 103FM qu’au cours des derniers jours, des informations venues du Royaume-Uni, d’où provient la souche, indiquent qu’elle provoque des symptômes graves à un taux de 30 % plus élevé.

Les autorités estiment que 40 à 50 % des nouveaux cas quotidiens sont imputables au variant britannique.

Deux autres variants du virus, venus d’Afrique du sud et de Californie, ont également été détectés en Israël.

Les mutations « nous font reculer dans la gestion de la maladie », a dit Ash, ce qui a imposé la prolongation du confinement et la quasi-fermeture de l’aéroport Ben Gurion.

Sharon Alroy-Preis, cheffe de la santé publique au sein du ministère de la Santé, a déclaré à la Knesset que la semaine de fermeture de Ben Gurion ne suffira pas.

« Les six jours de fermeture de Ben Gurion ne suffiront pas. Nous devons prolonger la fermeture d’au moins quelques semaines pour gagner du temps sur la campagne de vaccination », a déclaré Alroy-Preis.

Sharon Alroy-Preis. (Autorisation)

Elle a également déclaré qu’un pourcentage plus élevé que la moyenne des cas dans la communauté ultra-orthodoxe était causé par la souche britannique hautement contagieuse, et que bien que la mutation ne soit généralement pas observée dans les communautés arabes, on s’attend à ce qu’elle s’y propage également.

De plus, la souche provoquait des niveaux d’infection inquiétants chez les enfants et les jeunes, ainsi que des maladies graves chez un certain nombre de femmes enceintes.

Elle a déclaré que « 40 % des malades sont des enfants, un pourcentage plus élevé que leur part dans la population… Nous constatons une augmentation des infections chez les 6-9 ans, ce qui correspond précisément à la tranche d’âge d’enfants supposés retourner à l’école » lorsque le confinement renforcé se termine à la fin du mois. « Nous surveillons la situation. »

Elle a ajouté que « le vaccin fonctionne contre la mutation britannique, mais le taux d’infection du virus est beaucoup plus rapide que celui du vaccin ».

En attendant, « nous avons un nombre record de personnes sous respirateur, c’est sans précédent ».

Le ministère de la Santé a publié lundi des chiffres montrant que 4 868 nouveaux cas de virus ont été diagnostiqués dimanche et que le taux de tests positifs confirmant l’infection est passé à 9,3 %, son deuxième plus haut niveau en un mois.

Aucun décès n’a été constaté pendant la nuit et le bilan est de 4 419 morts. Sur les 70 836 cas actifs, 1 140 sont dans un état grave, dont 416 considérés comme critiques et 369 sous respirateur.

Rejetant les suggestions selon lesquelles l’épidémie de virus était hors de contrôle, Ash a néanmoins admis que l’endiguement de la pandémie était devenu plus compliqué en raison des mutations.

Le responsable israélien de la lutte contre le coronavirus, le professeur Nachman Ash, visite le centre médical Ziv à Safed, 24 décembre 2020. (David Cohen/Flash90)

« Nous prenons les bonnes mesures pour lutter contre la maladie », a-t-il insisté.

Plus de 1 000 personnes ont succombé à la COVID-19 depuis le début du mois de janvier.

« Nous avons eu un mois difficile, et la morbidité est toujours à son maximum, nous avons un grand nombre de patients dans des conditions graves dans les hôpitaux et le nombre de décès quotidiens est donc élevé », a déclaré M. Ash.

« Mais le nombre de [cas] avérés a diminué ces derniers jours, le nombre de reproduction de base de l’infection est tombé en dessous de 1, ce qui indique que la maladie est en rémission », a-t-il déclaré.

Les fluctuations du nombre de personnes gravement malades « sont toujours à quelques jours d’intervalle, et nous attendons chaque jour une diminution [de ces chiffres] », a déclaré Ash.

Il a déclaré qu’il y avait une très forte probabilité que le vaccin Pfizer/BioNTech qu’Israël utilise pour sa campagne de vaccination de masse fonctionne également sur le variant britannique, mais on ignore encore s’il est efficace contre d’autres variants ».

Néanmoins, a-t-il noté, il faut s’attendre à ce que le vaccin ait au moins une certaine efficacité contre les mutations, même si elle n’est pas aussi élevée que son efficacité contre les souches les plus courantes.

Un homme israélien se fait vacciner contre le coronavirus dans un centre de vaccination Clalit à Jérusalem, le 4 janvier 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Ash n’a pas voulu promettre que le pays serait déconfiné à la fin du mois comme prévu.

Le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, a indiqué lundi que le programme de vaccination était proche d’un taux de près de 200 000 vaccins par jour. Edelstein a tweeté des chiffres montrant que 193 000 doses ont été administrées dimanche, une augmentation marquée par rapport à la moyenne quotidienne de 170 000 vaccins de la semaine dernière.

« Israël continue à être le leader mondial avec 3,7 millions de vaccinations (2,590 millions ont reçu la première dose, et parmi eux plus d’un million ont également reçu la deuxième dose) et nous ouvrons la semaine avec environ 200 000 vaccinations par jour », a tweeté Edelstein.

« C’est la façon de combattre le virus », a-t-il déclaré.

Le gouvernement s’est fixé comme objectif de vacciner l’ensemble de la population adulte éligible de plus de 16 ans d’ici la fin du mois de mars.

Le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, s’exprime lors d’une conférence de presse à Airport City, près de Tel Aviv, le 17 septembre 2020. (Flash90)

Ces statistiques ont été publiées alors que le pays se prépare à prendre des mesures drastiques pour bloquer les mutations du virus arrivant de l’étranger, le gouvernement ayant décidé de suspendre tous les vols commerciaux entrants et sortants de l’aéroport Ben Gurion, le principal aéroport international d’Israël.

Les voyageurs internationaux ont été identifiés comme une source principale d’infection dans le pays.

La fermeture débutera à minuit du lundi au mardi et restera en vigueur jusqu’au dimanche 31 janvier, date à laquelle les mesures nationales de confinement devraient être assouplies.

En vertu des mesures de confinement, toutes les entreprises non essentielles sont fermées ainsi que l’ensemble du système éducatif, à l’exception des établissements d’enseignement spécialisé.

Le ministère de la Santé aurait fait pression pour que le confinement soit prolongé de manière partielle et que seuls les établissements préscolaires soient autorisés à rouvrir au début du mois prochain.

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