Législatives au Liban : un candidat anti-Hezbollah agressé dans le sud
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Législatives au Liban : un candidat anti-Hezbollah agressé dans le sud

Ali al-Amin a accusé le groupe terroriste du Hezbollah de l'avoir frappé après qu'il a refusé de retirer l'affiche qu'il placardait dans la ville de Chaqra

Photo prise le 3 avril 2018 d'un panneau de campagne pour les élections législatives au Liban, à Beyrouth. (Crédit : AFP/ ANWAR AMRO)
Photo prise le 3 avril 2018 d'un panneau de campagne pour les élections législatives au Liban, à Beyrouth. (Crédit : AFP/ ANWAR AMRO)

Un candidat aux élections législatives au Liban, connu pour ses positions anti-Hezbollah, a été agressé dimanche par un groupe d’hommes dans sa ville natale dans le sud du pays, où il est en lice contre le puissant mouvement terroriste chiite, a-t-il indiqué à l’AFP.

Le candidat et journaliste Ali al-Amin a accusé le Hezbollah, poids lourd de la vie politique libanaise soutenu par l’Iran. Le mouvement jouit traditionnellement d’une forte popularité dans le sud du Liban, où vit une vaste population chiite.

M. Amin dit avoir été transféré à l’hôpital pour recevoir des soins après avoir été violemment battu par près de 50 hommes, alors qu’il était en train d’accrocher une affiche électorale dans la rue, près de sa maison, dans sa ville natale de Chaqra.

« J’ai une dent cassée, une forte douleur au dos, j’ai été frappé à la tête », a indiqué à l’AFP le journaliste de confession chiite contacté par téléphone.

Ses assaillants lui ont demandé de retirer son affiche, mais il a refusé. « C’était un groupe organisé et bien connu de tous, envoyé par le Hezbollah », a-t-il assuré.

Le Liban va tenir le 6 mai ses premières élections législatives en près d’une décennie.

Le dernier scrutin remonte à 2009 : le Parlement avait prorogé son mandat à trois reprises, invoquant le risque d’un débordement de la guerre en Syrie voisine et la nécessité d’amender la loi électorale.

« Cet incident ne va pas nous affecter, mais nous voulons que le monde entier sache comment sont organisées les élections sous le Hezbollah », déclare M. Amin, assurant avoir reçu des menaces par le passé.

Il est candidat pour la première fois dans une circonscription du Sud représentée par onze sièges – dont huit réservés à la communauté chiite.

La répartition des sièges au Parlement est régie par un subtil partage confessionnel entre les différentes communautés religieuses, dans le cadre de la parité exigée par la Constitution, à la suite de la guerre civile (1975-90).

Le Hezbollah, qui fait partie du gouvernement libanais, est le seul parti politique à ne pas avoir déposé les armes à la fin de la guerre civile.

En 2013, un jeune manifestant protestant contre l’implication du Hezbollah dans le conflit en Syrie a été tué par balle. Le mouvement avait été pointé du doigt mais aucune inculpation n’avait eu lieu.

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