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L’Egypte veut taxer les influenceurs, débat sur le net

L'Egypte, le plus peuplé des pays arabes avec 102 millions d'habitants, compte près de 60 millions d'utilisateurs d'Internet ; 49 millions sont inscrits sur divers réseaux sociaux

Cette photo du 22 mars 2018 montre les logos des applications Facebook, Instagram, Whatsapp et autres réseaux sociaux sur un smartphone. (Arun Sankar/AFP)
Cette photo du 22 mars 2018 montre les logos des applications Facebook, Instagram, Whatsapp et autres réseaux sociaux sur un smartphone. (Arun Sankar/AFP)

L’Egypte a annoncé vouloir taxer les blogueurs et autres YouTubeurs, des métiers jusqu’ici non régulés, provoquant dimanche des remous sur la toile du pays le plus peuplé du monde arabe, très friand de réseaux sociaux.

Le service des impôts du ministère des Finances a appelé samedi dans un communiqué « les blogueurs et YouTubeurs » à déclarer leurs revenus s’ils « ont atteint au moins 500 000 livres égyptiennes sur 12 mois », soient plus de 27 000 euros.

Aussitôt, les réseaux sociaux se sont divisés. « Les pauvres qui vendent des légumes sont imposés, alors on peut imposer les riches », écrit ainsi un internaute sur Twitter.

« Pour obtenir des micros et des caméras de qualité, les influenceurs doivent acheter au prix fort avec frais de douane et impôts, au lieu de les aider, l’État les enfonce », rétorque pour sa part un autre.

D’autres en profitaient pour égrainer leurs revendications. « Si le gouvernement veut taxer les YouTubeurs (…) il doit au moins nous offrir un internet plus performant », peut-on ainsi lire sur Twitter.

La star des plateaux télé, Amr Adib, connu pour ses positions pro-pouvoir, a pour une fois pris le contre-pied des autorités. « Combien y a-t-il d’influenceurs ? », a-t-il lancé, « alors que le ministre des Finances sait très bien que des millions de personnes ne paient pas leurs impôts, dans le silence le plus total ».

À la télévision d’État, un responsable des impôts a assuré que son administration était en contact avec des géants du net, citant Facebook et YouTube, pour tenter d’identifier les producteurs de contenus dégageant des revenus.

L’Egypte, le plus peuplé des pays arabes avec 102 millions d’habitants, compte près de 60 millions d’utilisateurs d’internet, dont 49 millions sont inscrits sur divers réseaux sociaux, selon le site DataReportal.

Un vivier important tant pour les marques qui recourent à des influenceurs pour promouvoir leurs produits, que pour l’État qui a voté ces dernières années des lois lui permettant de bloquer les sites considérés comme une menace pour la sécurité nationale et de surveiller les comptes personnels ayant plus de 5 000 abonnés.

Les Egyptiens se plaignent régulièrement de la cherté de la vie alors que Le Caire a dévalué sa monnaie en 2016 puis levé plusieurs subventions sur les produits de base dans le cadre d’un programme de rigueur recommandé par le Fonds monétaire international (FMI).

L’État, lui, fait valoir les méga-projets urbains en cours et le développement d’infrastructures censées fluidifier la circulation et pourvoir les Egyptiens en hôpitaux, routes, tunnels et autres ponts.

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