L’émissaire américain dit qu’il a été mal cité sur ses propos concernant Abbas
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L’émissaire américain dit qu’il a été mal cité sur ses propos concernant Abbas

David Friedman, en conflit verbal avec l'Autorité palestinienne précise que c'est au peuple palestinien de décider qui devrait être son chef

L'ambassadeur des États-Unis en Israël, David Friedman, prend la parole lors de la 6e conférence du Forum mondial sur la lutte contre l'antisémitisme au Centre des congrès de Jérusalem, le 19 mars 2017. (Yonatan Sindel / Flash90)
L'ambassadeur des États-Unis en Israël, David Friedman, prend la parole lors de la 6e conférence du Forum mondial sur la lutte contre l'antisémitisme au Centre des congrès de Jérusalem, le 19 mars 2017. (Yonatan Sindel / Flash90)

L’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, David Friedman, a clarifié jeudi ses commentaires lors d’une interview dans les médias où il semblait suggérer que Washington cherchait à remplacer le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

« J’ai été mal cité dans divers rapports provenant d’une interview publiée aujourd’hui », a tweeté Friedman. « Les Etats-Unis ne cherchent pas à » remplacer « Mahmoud Abbas. C’est au peuple palestinien de choisir son leadership. »

Dans une interview, Friedman critiquait directement la direction palestinienne, il avait indiqué que la patience de la Maison Blanche envers Abbas s’épuisait et avait averti que si Abbas refusait de négocier avec Israël et les Américains, d’autres le feraient.

« Si Abou Mazen ne cherche pas négocier, je suis sûr que quelqu’un d’autre le ferait », a déclaré Friedman, dans une interview à l’hebdomadaire sioniste religieux Shevi’i, se référant à Abbas par son surnom.

« Si Abbas crée un vide, je suis convaincu que quelqu’un d’autre le remplira, et ensuite nous irons de l’avant [avec le processus de paix] », a poursuivi Friedman. Des parties de l’interview ont été publiées mercredi; l’interview complète sera publiée vendredi.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas est assis devant une photo de la mosquée du Dome dans la vieille ville de Jérusalem lors d’une réunion des dirigeants palestiniens à Ramallah, en Cisjordanie, le 19 mars 2018. (FLASH90)

Les relations entre les dirigeants palestiniens et Friedman ont été tendues pendant un certain temps.

La semaine dernière, l’Autorité Palestinienne a demandé que Friedman soit ajouté à une « liste terroriste mondiale » intensifiant une guerre des mots, quelques jours après qu’Abbas l’avait traité de « fils de chien » et de « colon ».

Plus tôt dans le mois, Abbas a lancé une attaque cinglante contre Friedman, quelques heures après que Friedman a critiqué l’AP sur Twitter pour avoir omis de condamner des attaques terroristes.

Mentionnant la reconnaissance de Trump sur Jérusalem comme la capitale d’Israël et son plan pour déplacer l’ambassade, Abbas a déclaré que Trump « considère les implantations comme légitimes. »

Le président américain Donald Trump, à gauche, et le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas posent pour une photo lors d’une conférence de presse conjointe au palais présidentiel de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017. (AFP / Mandel Ngan)

« Plus d’un officiel a dit cela », a-t-il ajouté. « L’ambassadeur, David Friedman, a déclaré qu’ils construisaient sur leur propre terre. Vous fils de chien, construisez sur leur propre terre ?! Vous êtes un colon et votre famille sont des colons ! »

Réagissant à ce commentaire lors d’une conférence sur l’antisémitisme à Jérusalem, Friedman a cité l’insulte, utilisant le terme « fils de pute », et a ajouté « antisémitisme ou discours politique. A vous de décider. »

Friedman est connu pour faire des commentaires s’alignant sur la droite israélienne, ainsi que pour soutenir des projets dans les implantations.

Dans une interview récente, Friedman a déclaré que les implantations de Cisjordanie « font partie d’Israël » et que la solution à deux Etats « n’est pas un terme utile » et « a largement perdu sa signification ».

Friedman était un choix controversé en tant qu’ambassadeur, en grande partie en raison de son point de vue sur les implantations et de ses commentaires désobligeants sur les groupes juifs de gauche, il s’en est ensuite excusé. Friedman était l’un des principaux donateurs de l’implantation de Beit El et avait déclaré qu’Israël pouvait annexer la Cisjordanie tout en conservant son caractère juif.

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