L’enterrement de Philip Roth ne se fera pas selon le rite juif
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L’enterrement de Philip Roth ne se fera pas selon le rite juif

L'écrivain "a expressément interdit" les rituels religieux lors de ses funérailles, tout en choisissant d'être enterré près de collègues juifs pour "avoir à qui parler"

Cette photo  prise le 2 mars 2011 montre le romancier américain Philip Roth lors d'une cérémonie à la Maison Blanche à Washington DC, où il a reçu la Médaille nationale des humanités. (PHOTO AFP / Jim WATSON)
Cette photo prise le 2 mars 2011 montre le romancier américain Philip Roth lors d'une cérémonie à la Maison Blanche à Washington DC, où il a reçu la Médaille nationale des humanités. (PHOTO AFP / Jim WATSON)

NEW YORK (JTA) – Philip Roth a interdit tout rituel juif lors de ses funérailles.

Le prolifique auteur juif américain, qui est décédé mardi à l’âge de 85 ans, sera enterré lundi au Cimetière Bard College, a déclaré son biographe, Blake Bailey, à JTA.

Roth avait initialement envisagé d’être enterré aux côtés de ses parents au cimetière de Gomel Chesed à Newark, New Jersey, a déclaré Bailey dans une interview téléphonique vendredi. Cependant, le crime s’est développé dans la zone entourant le cimetière juif ces dernières années et Roth n’a pas pu trouver de place à côté de ses parents, a dit Bailey.

Par conséquent, Roth a décidé il y a environ 10-15 ans d’être enterré au cimetière Bard College, où il serait près de son ami Norman Manea, un auteur juif roumain qui a travaillé comme professeur au collège, a déclaré Bailey. Roth était également ami avec le président du Bard College, Leon Botstein, également juif.

« Il a dit qu’il voulait être enterré près des Juifs, pour avoir à qui parler », a déclaré Bailey.

Philip Roth reçoit un doctorat honorifique au début du séminaire théologique juif à New York, le 22 mai 2014. (Crédit photo: JTA / Ellen Dubin Photography)

L’auteure et philosophe juive Hannah Arendt est également enterrée au cimetière du Collège Bard, à côté de son mari Heinrich Blucher.

Roth a « expressément interdit » tous rituels religieux lors de ses funérailles, selon Bailey.

« Il n’y avait pas de dimension métaphysique chez Philip. Il a simplement refusé catégoriquement d’y croire. Il pensait que c’était des contes de fées », a déclaré Bailey.

Même si Roth « s’ennuyait à mourir à l’école hébraïque », il était heureux d’être juif, a déclaré Bailey.

« Il aimait les Juifs en tant qu’êtres humains. Il aimait leur chaleur, il aimait la piété filiale de ses amis hommes, dont il se moquait beaucoup, notamment dans ‘Le complexe de Portnoy’ « , a dit Bailey en référence au roman de Roth en 1969 qui décrit les séances de thérapie d’un homme juif sexuellement frustré.

Au début de sa carrière, Roth a attiré l’attention de certains membres de la communauté juive qui craignaient que ses descriptions brutales de la vie juive n’alimentent l’antisémitisme. Plus récemment, cependant, Roth a suscité l’adhésion des Juifs américains.

En 1998, il a remporté le Lifetime Literary Achievement Award, une récompense pour l’ensemble de ses oeuvres littéraires, par le Jewish Book Council et, en 2014, le Jewish Theological Seminary, institution éducative phare du judaïsme conservateur, lui a décerné un doctorat honorifique.

« J’ai été honoré », a déclaré Roth à un ami après la cérémonie, suggérant que malgré son aversion pour la religion, il ressentait toujours un fort lien juif. « Qui prend les Juifs plus au sérieux que le Jewish Theological Seminary, et quel écrivain prend les Juifs plus au sérieux que moi ? »

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