L’équipe de Trump a offert une confédération palestino-jordanienne, dit Abbas
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L’équipe de Trump a offert une confédération palestino-jordanienne, dit Abbas

Le chef de l'AP a ajouté que Netanyahu a refusé de prendre part à une reprise des pourparlers de paix via différents pays tiers

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s'exprime lors d'une réunion à Ramallah, en Cisjordanie, le 14 janvier 2018 (AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)
Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s'exprime lors d'une réunion à Ramallah, en Cisjordanie, le 14 janvier 2018 (AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

Des conseillers américains travaillant à un plan de paix entre Israéliens et Palestiniens ont proposé au président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas une confédération avec la Jordanie, a indiqué une membre d’une ONG israélienne après une rencontre avec M. Abbas.

Lors d’une réunion avec des militants israéliens pour la paix à Ramallah, le président de l’AP a rapporté une conversation qu’il a eue avec le conseiller de Donald Trump, Jared Kushner, et l’émissaire spécial du président américain pour le Moyen-Orient, Jason Greenblatt, a expliqué à l’AFP Hagit Ofran de l’ONG la Paix Maintenant.

Selon elle, Mahmoud Abbas aurait répondu aux responsables américains qu’il était intéressé par l’idée d’une confédération mais uniquement si Israël en faisait également partie. Une manière de décliner car l’Etat hébreu n’acceptera jamais une telle configuration, a-t-elle ajouté.

« J’ai répondu : Oui, je veux une confédération tripartite avec la Jordanie et Israël et j’ai demandé si les Israéliens accepteraient une telle proposition ».

Il a affirmé que Netanyahu refusait de prendre part à une reprise des pourparlers de paix. Selon lui, Netanyahu a refusé plusieurs propositions de rencontres à l’initiative de la Russie, du Japon, des Pays-Bas et de la Belgique.

« J’ai un problème avec Netanyahu, pas avec le Likud », a-t-il poursuivi.

Abbas a noté avoir rencontré Trump à quatre occasions et que le président américain lui avait dit qu’il soutenait un État palestinien démilitarisé qui serait défendu par les forces de l’OTAN. Il a toutefois précisé qu’il était contre le plan de paix de l’administration Trump.

Aucun détail n’a filtré concernant la date de cet entretien entre M. Abbas et les conseillers américains, l’Autorité palestinienne ayant officiellement coupé tout contact avec la Maison blanche depuis l’annonce par Donald Trump, début décembre, de la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Le bureau de M. Abbas a confirmé la tenue de la réunion dimanche avec les militants israéliens pour la paix, mais pas les propos qui ont été tenus sur la proposition d’une confédération avec la Jordanie.

Une partie de la droite israélienne voit dans l’établissement d’une confédération palestino-jordanienne un moyen d’éviter la création d’un Etat palestinien indépendant et de se décharger de toute responsabilité envers les 3,5 millions de Palestiniens vivant actuellement en Cisjordanie.

Les dirigeants palestiniens dénoncent la politique étrangère de Donald Trump qu’ils jugent trop pro-israélienne.

Washington a annoncé vendredi l’arrêt de ses financements à l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa), une semaine après avoir annulé plus de 200 millions de dollars d’aide bilatérale destinée aux Palestiniens.

Donald Trump s’est fixé comme objectif un accord « ultime » de paix entre Israël et les Palestiniens. Il a chargé son gendre et conseiller Jared Kusher de travailler avec une équipe sur ce projet. M. Kusher et M. Greenblatt ont effectué une discrète tournée dans la région fin juin.

D’après Mme Ofran, Mahmoud Abbas a également évoqué la question du droit au retour des Palestiniens qui ont fui ou ont été chassés de chez eux après la création d’Israël en 1948. Leurs descendants ont également le statut de réfugiés. L’Unrwa a enregistré plus de 5 millions de personnes comme réfugiés.

Israël désire l’abandon de ce « droit au retour ».

M. Abbas a indiqué ne pas être en faveur d’une solution qui pourrait « détruire Israël » mais plutôt vouloir rechercher un compromis sur cet élément clé d’un accord de paix aux yeux des Palestiniens.

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