Les 7 politiciens israéliens qui se disputent le parti travailliste
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Tour d'horizon des candidats en lice pour diriger l’opposition

Les 7 politiciens israéliens qui se disputent le parti travailliste

On retrouve dans la course des anciens généraux, un ancien ministre de Koulanou qui avait menti sur son vote au Likud, des habitués, et une ultra-orthodoxe ayant engagé celui qui était derrière la campagne infâme de Netanyahu "les Arabes votent en masse"

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Isaac Herzog, chef du Parti travailliste, entouré des députés Amir Peretz et Omer Bar Lev, le 14 mars 2016. (Crédit : Corinna Kern/Flash90)
Isaac Herzog, chef du Parti travailliste, entouré des députés Amir Peretz et Omer Bar Lev, le 14 mars 2016. (Crédit : Corinna Kern/Flash90)

Au début du mois prochain, neuf candidats s’affronteront pour prendre la direction de l’opposition, en difficulté, travailliste. Celui qui remportera cette course risque de déterminer si le parti de centre gauche, frappé par des dissensions en interne, sera en mesure de rivaliser avec le Likud et Benjamin Netanyahu aux prochaines élections, pour briguer le poste de Premier ministre.

Le parti travailliste a connu cette année une chute dans les sondages d’opinion – peu fiables – qui ont prévu qu’il obtiendrait entre 10 et 12 sièges (associé au parti Hatnua, qui compose la faction de l’Union sioniste), contre les 24 sièges actuels. Parallèlement, le parti centriste Yesh Atid semble avoir courtisé une bonne partie de l’électorat du parti travailliste, grimpant progressivement dans les sondages, et présumé concurrent principal du Likud, selon les sondages.

Le premier tour des primaires du parti travailliste aura lieu le 4 juillet. À moins qu’il y ait un vainqueur, avec plus de 40 % des votes, un second tour sera organisé entre les deux premiers candidats dans les 10 jours. 53 000 personnes peuvent voter, selon un porte-parole du secrétaire général du parti.

Quatre débats entre des candidats ont été organisés ce mois-ci, et d’autres sont prévus, alors que la compagne se réchauffe, déviant vers une lutte sur le caractère centriste ou gauchiste du parti, et comme dans toute campagne politique, sur la question de l’identité politique. Voici un aperçu de chacun des candidats.

Image du débat des primaires du parti travailliste organisé par Walla news, le 4 juin 2017. (Crédit : capture d'écran Walla News)
Image du débat des primaires du parti travailliste organisé par Walla news, le 4 juin 2017. (Crédit : capture d’écran Walla News)

Isaac Herzog, le combattant en exercice :

Chef du parti depuis 2013, Herzog a, à plusieurs reprises rappelé à ses électeurs qu’il a obtenu 24 sièges pour le parti travailliste en 2015, un bond en avant considérable pour le parti. Se présentant comme le seul rival réaliste capable de détrôner Netanyahu, Herzog est également à l’origine de dissensions dans le parti, après avoir entamé des négociations avec le Premier ministre pour entrer dans la coalition ; négociations qui ont échoué en mai 2016, quand le parti Yisrael Beytenu a intégré le gouvernement.

Pour défendre sa disposition à s’associer au Premier ministre, Herzog a évoqué les efforts pour lancer un processus de paix régional et ce qu’il a décrit comme une opportunité unique pour Israël. Mais les négociations secrètes ont excédé certains membres de son parti, qui étaient opposés à rejoindre la coalition de droite, et se sont sentis mis à l’écart. Pour illustrer ces dissensions, seuls deux membres de son parti actuel le soutiennent dans sa candidature à sa réélection, le député Manuel Trajtenberg et la députée Ayelet Nahmias-Verbin.

Isaac Herzog devant la Knesset, le 10 février 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Isaac Herzog devant la Knesset, le 10 février 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Ce dont tout le monde se souvient, ce sont des fuites sur des négociations pour un gouvernement d’unité et les critiques que j’ai essuyées pour cela. Mais ils ne connaissent pas la véritable raison, en coulisses, et l’opportunité historique qui a été gaspillée », a récemment déploré Herzog sur Facebook, soulignant que sa rencontre secrète en 2016 avec des dirigeants jordaniens, égyptiens et américains l’ont motivé à œuvrer pour un gouvernement d’unité.

Le quotidien Haaretz a récemment publié un article indiquant que Netanyahu et Herzog avaient voyagé, dans le plus grand secret, au Caire pour rencontrer Sissi et aborder le renouvellement des négociations de paix.

Ces derniers mois, Herzog a défendu la formation d’un bloc centriste pour éjecter Netanyahu, tout en promettant qu’il donnerait au Premier ministre un filet de sécurité si les négociations de paix avec les Palestiniens étaient relancées, et qui enverrait les membres de la coalition de droite au tapis.

Il a également averti que sans lui, le parti s’effondrerait.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, serre la main au leader de l'opposition Isaac Herzog pendant une cérémonie marquant le 50e anniversaire de la Knesset, le 19 janvier 2016 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, serre la main au leader de l’opposition Isaac Herzog pendant une cérémonie marquant le 50e anniversaire de la Knesset, le 19 janvier 2016 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

« Je vous le dis clairement. Il y a certainement une possibilité que, si je ne suis pas réélu, l’Union sioniste s’effondrera, à causes des tensions émergées et immergées », a-t-il déclaré durant un débat récemment organisé par Walla entre les candidats du parti travailliste.

Le vote des primaires dira, si, pour les 4 ans à venir, après avoir perdu les élections et échoué dans la formation d’un gouvernement d’unité, ses électeurs sont encore capables d’attendre les nombreuses promesses d’Herzog.

Le visage (trop ?) familier du député Amir Peretz :

Peretz, ancien président du parti travailliste entre 2005 et 2007, avait annoncé en décembre qu’il revenait dans l’arène et dans la course.

Membre de la Knesset depuis 1988, Peretz a quitté le parti travailliste dans les années 1990 pour former le parti Am Ehad, qui a ensuite fusionné avec le parti travailliste en 2005.

En 2012, Peretz a une fois de plus quitté sa maison politique pour Hatnua, le parti de Tzipi Livni, qui, en fin 2014, s’est associée au parti travailliste pour former l’Union sioniste. Mais en février 2016, Peretz a annoncé qu’il revenait au parti travailliste. Il avait démissionné de son poste de ministre de l’environnement du gouvernement Netanyahu en 2014, en raison de problèmes sur le budget.

Amir Peretz (photo credit: Uri Lenz/Flash90)
Amir Peretz (Crédit : Uri Lenz/Flash90)

Ancien ministre de la Défense, Peretz a un héritage militaire mitigé : en tant que ministre de la Défense pendant la Seconde guerre du Liban en 2006, Peretz, qui n’avait que peu d’expérience militaire avant d’endosser ce rôle, a été vivement critiqué pour sa gestion de la guerre, par la Commission Winograd, même s’il a tenté, depuis, de reformuler les évènements en sa faveur. Cependant, c’est également à lui qu’est attribué l’approbation du développement du système anti-missile Dôme de Fer.

Le législateur chevronné, d’origine marocaine, ancien ministre et ancien chef du syndicat Histadrout, a également promis de soutenir les juifs d’origine mizrahi d’Israël et de promouvoir des politiques orientées sur le social et l’économie.

Isaac Herzog, à gauche, chef de l'opposition et du Parti travailliste, avec le député travailliste Amir Peretz, le 12 avril 2016. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Isaac Herzog, à gauche, chef de l’opposition et du Parti travailliste, avec le député travailliste Amir Peretz, le 12 avril 2016. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Avec sa légendaire moustache et son interminable CV politique, sa campagne – qui a remporté le soutien d’une demi-douzaine de députés du parti travailliste en exercice – soulève la question suivante : son expérience va-t-elle susciter le respect parmi l’électorat du parti travailliste ou plutôt un sentiment déconcertant de déjà vu ?

L’ancien ministre de Koulanou, qui avait menti sur son vote pour le Likud, Avi Gabbay :

En mai 2016, alors qu’Yisrael Beytenu rejoignait la coalition, Gabbay, alors ministre de la Protection de l’Environnement du parti de centre-droite Kulanu, a quitté le gouvernement avec une tirade théâtrale accusant la coalition de mener Israël vers la destruction.

Ce petit moment de succès pour Gabbay, un ministre relativement méconnu, qui n’a pas été élu à la Knesset mais nommé comme candidat externe par le chef de son parti Moshe Kahlon, a été suivi d’une traversée de l’échiquier politique pour rejoindre la direction du parti travailliste.

Le ministre de l'Ecologie, Avi Gabbay, a démissionné le 27 mai 02016 pour protester contre l'entrée de Yisrael Beytenu dans la coalition et la nomination d'Avigdor Liberman comme ministre de la Défense. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool)
Le ministre de l’Ecologie, Avi Gabbay, a démissionné le 27 mai 02016 pour protester contre l’entrée de Yisrael Beytenu dans la coalition et la nomination d’Avigdor Liberman comme ministre de la Défense. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool)

Mais cette transition ne s’est pas faite sans erreurs.

Depuis le lancement de sa campagne, Gabbay a tenté de contourner la question de sa loyauté partisane, disant qu’il ne soutient que « les valeurs de la gauche » mais qu’il ne se considère pas « gauchiste ». Durant un débat organisé par Walla dimanche dernier, son rival Erel Margalit lui a carrément demandé s’il avait soutenu le Likud dans le passé.

« Jamais ! » a répondu fermement Gabbay, avant d’ajouter que des membres de sa famille l’avaient fait. Margalit a ensuite dégainé son smartphone et a montré une interview de 2015 dans laquelle Gabbay avait admis avoir voté pour le parti de droite.

Dans cette interview, Gabbay avait déclaré avoir voté pour le Likud dans le passé, soutenu le parti travailliste sous Yitzhak Rabin, voté pour Tzipi Livni en 2013 et soutenu le parti d’Ariel Sharon Kadima.

Puis, pour réparer son erreur, Gabbay avait déclaré s’être mélangé les pinceaux, parce qu’en 2001, il avait voté pour le Likud de Sharon, qui est ensuite devenu le parti Kadima.

Cependant, si l’interview télévisée de 2015 suggérait qu’il n’avait voté pour le parti travailliste que sous Rabin, dans ses propos au début du débat, il a clairement affirmé que « personnellement, dans la plupart des élections, j’ai voté pour le parti travailliste. J’en fais partie, et je serais ravi de remporter les élections. »

Gabbay, ancien PDG du géant des télécoms Bezek, qui s’était opposé avec virulence à Netanyahu sur l’accord du gaz offshore, s’est vanté d’avoir apporté 4 000 nouveaux votants au parti travailliste pour soutenir sa campagne.

Il a également été félicité par l’ancien chef de parti et Premier ministre Ehud Barak, l’ancien Premier ministre devenu démon de Twitter, et qui a pris un rôle actif dans ces primaires, même après avoir démenti des rumeurs de retour en politique.

L’entrepreneur effronté et fier gauchiste, Erel Margalist :

Sur le papier, Margalit, député de l’Union sioniste a toutes les qualifications nécessaires pour prétendre au titre de chef du parti travailliste : il est né dans un kibboutz, a décroché son doctorat en philosophie à l’université de Colombia, et a construit un empire de capital-risque à Jérusalem.

Mais cet impressionnant parcours est éclipsé par le style effronté du député milliardaire en exercice, qui a été mis en évidence dans plusieurs vidéos de campagne ces dernières années. Dans une vidéo qui lui a valu bien des moqueries, on l’entend crier « rendez-moi mon pays, bon sang ! ». la vidéo a été parodiée par la fameuse émission satirique Eretz Nehederet.

Erel Margalit, député de l'Union sioniste, pendant une réunion de la commission des Finances à la Knesset, le 11 janvier 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Erel Margalit, député de l’Union sioniste, pendant une réunion de la commission des Finances à la Knesset, le 11 janvier 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Dans sa vidéo de lancement de campagne, Margalit s’est décrit comme un gauchiste avoué, et s’est engagé à redéfinir ce terme, qui, dit-il, est devenu une insulte dans l’État d’Israël. Margalit contraste avec l’attitude guindée d’Herzog, mais cela suffira-t-il ?

Amiram Levin, partisan de Breaking the Silence, ancien général qui affirme avoir sauvé la peau de Netanyahu et de Bennett,  :

En décembre 2015, le général de division a présenté une affiche publicitaire de l’ONG très controversée Breaking the Silence, qui collecte des témoignages d’agressions présumées commises par les soldats israéliens contre des Palestiniens.

« L’armée doit encourager Breaking the Silence et ceux qui, comme eux, parlent sans crainte de l’armée et de la société israélienne », avait écrit le soldat téméraire, qui avait été chef du Commandement du nord au sein de l’armée, commandant de l’unité d’élite Sayeret Matakl et directeur adjoint du Mossad.

L'ancien chef du commandement du Nord de l'armée israélienne, Amiram Levin (Crédit: Flash 90)
L’ancien chef du commandement du Nord de l’armée israélienne, Amiram Levin (Crédit: Flash 90)

Levin ne s’en est pas pris uniquement à la droite israélienne. En octobre 2016, peu après la mort de Shimon Peres, une interview de Levin a été diffusée, dans laquelle il a qualifié l’ancien président de « truand » et de « menteur », qui n’a pas eu de vrai rôle dans l’opération de sauvetage Entebbe en 1976. Il a refusé de s’excuser, indiquant que c’était à la chaîne de télévision de s’excuser d’avoir diffusé, après la date de décès de Peres la vidéo, qui avait été filmée un mois avant sa mort.

Shimon Peres, alors ministre de la Défense, et l'ancien Premier ministre Yitzhak Rabin, rencontrent les otages libérés d'Entebbe à leur atterrissage en Israël, le 4 juillet 1976. (Crédit : Uri Herzl Tzchik/unité des porte-paroles de l'armée israélienne/archives du ministère de la Défense)
Shimon Peres, alors ministre de la Défense, et l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin, rencontrent les otages libérés d’Entebbe à leur atterrissage en Israël, le 4 juillet 1976. (Crédit : Uri Herzl Tzchik/unité des porte-paroles de l’armée israélienne/archives du ministère de la Défense)

Avec ses références militaires, Levin, nouvel arrivant au parti travailliste, polit les exigences du parti sur la sécurité, un domaine longtemps revendiqué comme l’atout de la droite.

Il y a deux semaines, Levin a déclaré avoir sauvé la vie de Netanyahu (selon Levin, il était le commandant du Premier ministre à l’armée) il y a des années, et celle du chef du parti HaBayit HaYehudi Naftali Bennett, durant l’opération Les Raisins de la Colère au Liban, en 1996, que Levin avait dirigée.

Dans un échange qui s’est poursuivi sur Twitter, Bennett a écrit que Levin s’était « emporté ».

« Levin n’a pas sauvé ma vie, mais il a dirigé l’opération. Il était, de mon point de vue, un commandant créatif, assuré et moral. Je suis en désaccord avec lui sur le plan politique, mais je le respecte en tant que commandant », avait écrit Bennett.

« Naftali, ce qui s’est passé au Liban reste au Liban », avait répliqué Levin sur Twitter. « Ne sois pas gêné qu’un gauchiste t’ai sauvé. Je suis content que tu sois en vie pour raconter cette histoire, c’est cela qui est important. »

L’ancien général bourru qui avait taxé Trump de raciste, Omer Barlev :

les deux autres candidats qui ont néanmoins un passé dans la sécurité, le député de l’Union sioniste Omer Barlev, ancien commandant de l’unité d’élite Sayeret Matkal, brigue un mandat qui « ramènera la sécurité au parti travailliste ». Barlev, qui est colonel et qui a mené une carrière dans l’industrie du high-tech avant d’être élu à la Knesset en 2013, s’exprime régulièrement sur des problèmes d’ordre sécuritaire.

Dans une interview du mois de mars, Barlev avait déclaré qu’Israël s’approchait d’un « apartheid » chaque jour, avec les appels à l’annexion de la Cisjordanie. En août 2015, il avait accusé Netanyahu de tromper le public au sujet de l’accord sur le nucléaire iranien, dans un article d’opinion qui expliquait que bien qu’il ne soit pas parfait, cet accord « profite considérablement » à Israël.

Omer Barlev (photo credit: Flash90)
Omer Barlev (Crédit photo: Flash90)

En 2014, Barlev a été suspendu des meetings de la Commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense pour deux mois, après avoir révélé des informations classées, transgressant ainsi les lois. Il a rejeté les allégations qui l’accusaient d’avoir transmis ces informations directement aux médias, indiquant simplement qu’il avait omis de préciser que les lettres adressées au président de la Commission étaient confidentielles.

Les détracteurs ont avancé que malgré 4 ans passés au parlement, Barlev n’a eu que peu d’impact, et l’ont accusé de manquer de charisme. Barlev a répondu en montrant du doigt son travail à la Commission des Affaires étrangères et de la Défense, indiquant que la plupart de son travail se passe en coulisse.

Ouvertement obsédé par la position de Premier ministre, en décembre 2015, et dans le contexte d’une rumeur sur une éventuelle visite, Barlev avait taxé Donald Trump, alors candidat, de « raciste » qui n’était pas le bienvenu au Parlement israélien.

Les deux candidats méconnus : l’activiste Hod Krovi et l’historien des sciences qui avait écrit un article admiratif sur … Netanyahu, Avner Ben-Zaken :

Les candidats Krovi et Ben-Zaken, ainsi que Dina Dayan, n’ont pas été conviés à certains débats des primaires, parce que les organisateurs ne les considèrent pas comme des candidats réalistes. Néanmoins, ils sont tous les trois dans la course. Krovi, résident de Raanana et chef du principal syndicat étudiant, s’est engagé à éliminer la corruption du système politique.

« L’avantage que j’ai par rapport aux autres, c’est que je viens d’en bas », a-t-il écrit sur le site du parti travailliste. « Je ne suis pas un homme riche, ni PDG d’entreprises avec des gros salaires. Je suis lié aux crises de la population. Leur douleur et leur colère sont miennes. Je crois en ma capacité à élever le peuple vers quelque chose de différent. Quelque chose de raisonnable et plein d’espoir. »

De son côté, Ben-Zaken, professeur à l’université Ono, est un historien des Sciences, qui a décroché son doctorat à UCLA. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages. Dans un article publié en 2015 par le quotidien Haaretz, Ben-Zaken avait proposé une analyse détaillée de Netanyahu, comparant ses pensées aux intellectuels juifs de l’époque de l’Âge d’Or espagnol, et offrant un portrait flatteur de celui qui est potentiellement son rival politique.

« Benjamin Netanyahu est un individu extrêmement intelligent. C’est un fait admis dans la sphère politique, même parmi ses rivaux. Dans ses activités politiques, nonobstant les propos contradictoires – il n’y a aucun signe d’incohérence logique, de charlatanisme, de parcours tortueux, de prédilection pour ses intérêts personnels au-dessus des intérêts de la nation, de réaction survivaliste ni de respect cynique. »

Le professeur Avner Ben-Zaken, qui brigue la direction du parti travailliste. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Le professeur Avner Ben-Zaken, qui brigue la direction du parti travailliste. (Crédit : capture d’écran YouTube)

« Il n’est pas un militant brillant, mais Netanyahu a un cadre philosophique ferme et cohérent, et est guidé par un profond sens de la justice… Il est le seul dirigeant politique qui converse avec l’histoire, qui correspond avec elle et qui en tire des leçons politiques concrètes. Dans le fond, Israël n’a jamais eu de Premier ministre aussi idéologique », a-t-il écrit.

Dans une » interview accordée à la Deuxième chaîne, Ben-Zaken avait déclaré que le parti travailliste était « en voie de disparition ».

« Et s’il disparaît, la démocratie libérale disparaîtra avec lui », a-t-il dit.

La femme ultra-orthodoxe et « vote de protestation » autoproclamé, Dina Dayan :

La seule candidate en lice est Dina Dayan, une militante ultra-orthodoxe mizrahi de Mitzpe Ramon, dans le sud du pays, qui dit représenter les intérêts de la périphérie d’Israël.

Dans une vidéo publiée sur Internet il y a deux semaines, et visionnée plus de 400 000 fois, Dayan se présente comme « la crainte » de l’électorat du parti travailliste. « Je suis votre plus grande crainte. Haredi. Mizrahi. Pas très photogénique. Une femme… ceux qui ont volé votre pays. » La vidéo, violemment condamnée par le parti, dénonce des stéréotypes sur sa distance avec le peuple, sur son élitisme, et sur ce qu’elle décrit comme des slogans fatigués et un manque de sang frais.

Dina Dayan, qui brigue la direction du parti travailliste. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Dina Dayan, qui brigue la direction du parti travailliste. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Face à la caméra, elle fustige les 8 autres candidats qui sont « imbus de leur personne. Pensent qu’ils sont originaux, audacieux, et que seuls eux peuvent [diriger le parti]. Mais entre nous, c’est la même chose depuis 40 ans. Ce même ton condescendant. »

Cette vidéo puissante, qui a fait le tour des réseaux sociaux, a également été critiquée parce que les parents d’Elor Azaria, le soldat inculpé pour le meurtre d’un assaillant palestinien neutralisé à Hébron en 2016, sont cités en exemple de sacrifices faits par les résidents de la périphérie.

Et l’architecte de cette vidéo, a confié Dayan à la Dixième chaîne il y a deux semaines, n’est nul autre que Tzuriel Sharon, le conseiller qui était derrière l’infâme campagne de Netanyahu le jour de son élection en 2015, qui prétendait que « les Arabes votent en masse ».

Interrogée sur ses chances de réussite à la télévision, Dayan a admis : « je pense qu’elles ne sont pas élevées ».

« Je pense que voter pour moi est un vote de protestation », a-t-elle dit.

À la veille des élections, Dina Dayan se retire de la course pour le parti travailliste

À la veille des primaires du parti, la candidate marginale Dina Dayan s’est retirée de la course et soutiendra Isaac Herzog dans sa course pour la direction du parti, selon les médias israéliens.

Dayan, une femme ultra-orthodoxe du sud d’Israël, qui s’est auto-proclamée vote de protestation, était une militante qui soutenait Herzog, a indiqué le bloggeur politique Tal Schneider.

Herzog devrait donner une conférence de presse vers 16 heures 30.

Le nombre de candidats en lice pour les élections de demain est retombé à 7, après que l’ancien général Amiram Levin a retiré sa candidature et a annoncé qu’il soutiendrait l’ancien ministre Avi Gabbay.

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