Les archéologues ont-ils vraiment trouvé la ville où s’était réfugié David ?
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Les archéologues ont-ils vraiment trouvé la ville où s’était réfugié David ?

Après qu'une équipe a dit avoir découvert la ville biblique de Ziklag, au sud de Jérusalem, vieille de 3 000 ans, deux de leurs pairs insistent : ce n'est probablement pas le cas

Amanda Borschel-Dan édite la rubrique « Le Monde Juif »

  • Un bénévole fait des fouilles à Khirbet a-Rai, que les archéologues ont identifié comme étant la ville biblique de Zikag (Crédit : Equipe des fouilles de Khirbet a-Rai)
    Un bénévole fait des fouilles à Khirbet a-Rai, que les archéologues ont identifié comme étant la ville biblique de Zikag (Crédit : Equipe des fouilles de Khirbet a-Rai)
  • Le site de fouilles  de Khirbet a-Ra’i,  que les archéologues ont identifié comme étant la ville biblique de Zikag (Crédit : Equipe des fouilles de Khirbet a-Rai)
    Le site de fouilles de Khirbet a-Ra’i, que les archéologues ont identifié comme étant la ville biblique de Zikag (Crédit : Equipe des fouilles de Khirbet a-Rai)
  • Les trois directeurs des fouilles de Khirbet a-Rai, site qui pourrait être le Zikal biblique (de gauche à droite)   Saar Ganor, de l'Autorité israélienne des antiquités,  le professeur Yosef Garfinkel, chef de l'Institut d'archéologie à l'université hébraïque de Jérusalem, et le docteur Kyle Keimer de la Macquarie University de Sydney, en Australie, le 8 juillet 2019 (Crédit : Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)
    Les trois directeurs des fouilles de Khirbet a-Rai, site qui pourrait être le Zikal biblique (de gauche à droite) Saar Ganor, de l'Autorité israélienne des antiquités, le professeur Yosef Garfinkel, chef de l'Institut d'archéologie à l'université hébraïque de Jérusalem, et le docteur Kyle Keimer de la Macquarie University de Sydney, en Australie, le 8 juillet 2019 (Crédit : Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)
  • Une poterie trouvée à Khirbet a-Ra’i, que les archéologues ont identifié comme étant le Ziklag biblique (Crédit : Equipe des fouilles de Khirbet a-Rai)
    Une poterie trouvée à Khirbet a-Ra’i, que les archéologues ont identifié comme étant le Ziklag biblique (Crédit : Equipe des fouilles de Khirbet a-Rai)
  • Des bénévoles travaillent sur le site des fouilles de Khirbet a-Rai qui pourrait être celui de la ville biblique de Ziklag, le 8 juillet 2019 (Crédit :  Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)
    Des bénévoles travaillent sur le site des fouilles de Khirbet a-Rai qui pourrait être celui de la ville biblique de Ziklag, le 8 juillet 2019 (Crédit : Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)
  • Une bénévole nettoie des poteries trouvées à Khirbet a-Rai, que les archéologues ont identifié comme étant la ville biblique de Zikag (Crédit : Equipe des fouilles de Khirbet a-Rai)
    Une bénévole nettoie des poteries trouvées à Khirbet a-Rai, que les archéologues ont identifié comme étant la ville biblique de Zikag (Crédit : Equipe des fouilles de Khirbet a-Rai)

Contrairement à une douzaine d’autres éminents archéologues, le professeur Yosef Garfinkel n’avait aucunement l’intention de chercher la ville biblique de Ziklag lorsqu’il a commencé ses travaux de fouilles en 2015 à Khirbet a-Rai, un site situé entre Kiryat Gat et Lachish.

Néanmoins, alors que les saisons des travaux d’excavation – réalisés à raison de deux fois par an – progressaient sur ce site situé à environ 70 kilomètres au sud-est de Jérusalem, lui et ses deux partenaires à la tête des fouilles, à savoir Saar Ganor, de l’Autorité israélienne des antiquités (IAA)  et Kyle Keimer, de la Macquarie University à Sydney, ont noté que les lieux commençaient à ressembler à la ville philistine de Ziklag, cette cité philistine où, selon la bible, le futur roi David s’était réfugié pour échapper au roi Saul.

Après sept saisons de fouilles sur un périmètre d’environ 1 000 mètres-carrés, l’équipe archéologique a découvert la preuve de l’existence d’une implantation de l’ère philistine datant des 12e au 11e siècle avant l’ère commune, sous les couches attestant de la présence d’une implantation rurale remontant au début du 10e siècle avant l’ère commune – largement considéré comme l’époque du roi David.

Parmi ces découvertes, des structures massives en pierre et des artéfacts culturels typiques, dont des poteries dans des dépôts de fondation. Des noyaux d’olive et autres objets organiques retrouvés dans ces dépôts ont été envoyés pour une analyse de datation au carbone 14 dont les résultats ont confirmé leurs hypothèses, ont déclaré les archéologues.

Au vu de la localisation des fouilles dans les collines de Judée, les artéfacts philistins, ainsi que la datation au carbone 14, ont amené les archéologues à identifier le site comme étant la dernière ville dans laquelle David s’était installé selon les récits rapportés dans le premier et dans le second Livres de Samuel.

Des bénévoles travaillent sur le site des fouilles de Khirbet a-Rai qui pourrait être celui de la ville biblique de Ziklag, le 8 juillet 2019 (Crédit : Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)

Jusqu’à présent, une douzaine de lieux différents avaient été suggérés au cours des dernières décennies comme ayant pu potentiellement accueillir Ziklag, sans pour autant entraîner un consensus entre les spécialistes.

Comme l’explique l’archéologue Keimer, originaire de Sydney, il y a trois éléments qui doivent être retrouvés sur un site pour qu’il puisse entrer dans la liste des candidats potentiels à l’identification de Ziklag : Des habitations philistines du 12e siècle avant l’ère commune, une implantation du 10e siècle et une couche de destruction – qui serait la preuve des ravages commis par les Amalékites, tels qu’ils sont décrits dans la bible.

Les trois directeurs des fouilles de Khirbet a-Rai, site qui pourrait être le Zikal biblique (de gauche à droite) Saar Ganor, de l’Autorité israélienne des antiquités, le professeur Yosef Garfinkel, chef de l’Institut d’archéologie à l’université hébraïque de Jérusalem, et le docteur Kyle Keimer de la Macquarie University de Sydney, en Australie, le 8 juillet 2019 (Crédit : Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)

« Chacun des sites présumait présentait un problème – la séquence, la géographie, l’absence de couche attestant d’une destruction », explique Keimer.

Mais Khirbet a-Rai semble cocher toutes les cases, ajoute-t-il.

Accessible par un labyrinthe venteux de chemins en graviers poussiéreux qui traversent vignes et vergers d’orangers, le périmètre qui entoure Khirbet a-Rai n’a rien à envier à la Toscane, cette région luxuriante de l’Italie.

Keimer raconte avoir réalisé l’importance stratégique du site au fur et à mesure que les fouilles s’y sont intensifiées : Et en effet, la vue à couper le souffle qui y est offerte permettait assurément aux habitants de surveiller les déplacements à l’est à l’ouest de la côte.

Une bénévole nettoie des poteries trouvées à Khirbet a-Rai, que les archéologues ont identifié comme étant la ville biblique de Zikag (Crédit : Equipe des fouilles de Khirbet a-Rai)

Stratégique ou non, tous les spécialistes ne sont pas convaincus de cette nouvelle découverte de Ziklag.

Et en effet, le professeur à l’université de Bar Ilan, Aren Maeir, qui est directeur du projet archéologique de Tell es-Safi/Gath depuis 23 ans, reste inflexible.

Dans un entretien téléphonique accordé au Times of Israel, Ma&eir estime que « la suggestion faite par Yossi Garfinkel est inacceptable, c’est incroyable ».

« La simple supposition que tous les sites archéologiques sont mentionnés dans la bible est tout simplement infondée », a ajouté Maeir, évoquant les fouilles de grande importance qui se déroulent sur le chantier archéologique israélo-cananéen de Tel Rehov, situé à proximité de Beit Shean, qui n’apparaît pas dans la bible.

Le professeur Aren Maeir dans le laboratoire du projet archéologique Tell es-Safi/Gath à l’université Bar Ilan (Autorisation)

« Et si vous êtes à la recherche d’un site spécifique alors il faut au moins le replacer dans un contexte géographique », a continué Maeir qui a rappelé que dans la bible, dans la plupart de ses évocations, Ziklag semble être plus au sud.

Il est mentionné dans le Livre de Josué que Ziklag (aux côtés de Beer Sheva et autres implantations du sud) appartient à la tribu de Juda (15:31) – ce qui irait plutôt dans le sens de l’affirmation des archéologues qui fouillent actuellement Khirbet a-Rai.

Car, en effet, une grande partie du territoire philistin s’était établi sur les parcelles de terres appartenant à la tribu de Juda.

Néanmoins, dans le livre de Josué (19:5), Ziklag est attribué à la tribu de Siméon, qui avait obtenu la partie sud de ce que possédaient les Judéens : « L’héritage des Siméonites fut pris sur la portion des Judéens. En effet, la portion des Judéens était trop grande pour eux et c’est au milieu de leur héritage que les Siméonites reçurent le leur ».

Une poterie trouvée à Khirbet a-Ra’i, que les archéologues ont identifié comme étant le Ziklag biblique (Crédit : Equipe des fouilles de Khirbet a-Rai)

Selon Maeir, la seule manière possible de relier Ziklag au site de Garfinkel est de « vouloir affirmer que la géographie biblique est imaginaire ».

« Mais si vous considérez qu’elle a néanmoins une part de réalité », a-t-il ajouté, « alors il est impossible que Ziklag soit situé à trois kilomètres de Laschisch, au cœur de la Judée ».

Dans un courriel adressé au Times of Israel, Israel Finkelstein, professeur à l’université de Tel Aviv, doute également que Khirbet a-Rai ait accueilli la Ziklag biblique.

« L’identification des lieux mentionnés dans les textes historiques – et notamment dans la bible – avec un site archéologique doit s’accomplir à partir de trois critères : Le contexte géographique dans lequel l’endroit est mentionné dans le texte, la correspondance chronologique entre la période du texte ou celle décrite dans le texte et les découvertes faites sur le site et, quand c’est possible, la préservation du nom ancien dans le nom moderne (habituellement en arabe) », écrit Finkelstein.

« Dans le cas de Ziklag, le nom n’est pas préservé », poursuit-il.

Et il ajoute qu’au regard des écrits bibliques, le site philistin doit s’être situé ailleurs.

« Au niveau géographique, l’histoire de David à Ziklag semble nécessiter que le site soit ancré dans le territoire de Gath, aussi proche que possible de la bordure du désert. Khirbet a-Rai est trop loin de la bordure du désert, au cœur de la Shéphélah », écrit Finkelstein, se référant aux plaines qui s’étendent des collines de Judée jusqu’à la plaine côtière.

Se référant au style narratif utilisé dans le récit de David, Finkelstein écrit que « de plus, I Samuel 27:6 utilise un langage appartenant typiquement au Deutéronome [conformément à la théorie selon laquelle les livres bibliques du Deutéronome, de Josué, des Juges, de Samuel et des Rois n’auraient formé qu’un seul ouvrage] et donc de la fin du 7e siècle avec l’ère commune – ce qui semble montrer que Ziklag avait fait l’objet d’un conflit entre la Judée et les villes philistines ».

« Cela ne peut pas correspondre à un lieu si proche de Laschisch », explique-t-il, « qui était la seconde plus grande cité de Judée. Plus important encore, dans le livre de Josué (15:21), Ziklag entre dans la liste des villes du Negev plutôt que de la Shéphélah. Ce qui ne correspond pas non plus à la localisation de Khirbet a-Rai. »

L’archéologue israélien, le professeur Israel Finkelstein. (Argonaute, CC-BY-SA, via wikipedia)

Depuis des décennies, Finkelstein se trouve au premier plan d’un débat continu concernant la chronologie biblique. Dans le cas de Khirbet a-Rai également, il utilise les précisions apportées par la datation de Ziklag pour exclure toute possibilité que Khirbet a-Rai ait accueilli un jour la ville biblique.

« Chronologie : La liste des villes de Judée dans Josué 15, dans laquelle Ziklag est citée, date de l’époque du roi Josias de Judée dans la bible – soit de la fin du 7e siècle avant l’ère commune ».

Il ajoute que « dans le rapport préliminaire, il semble y avoir des preuves de certaines activités à Khirbet a-Rai à ce moment-là. Mais les phases principales de l’occupation du site remontent à des siècles plus tôt et les trouvailles du 7e siècle ne sont rien de plus que quelques tessons trouvés à la surface », écrit encore Finkelstein.

« Pour ces raisons, il est difficile d’accepter que Khirbet a-Rai ait été Ziklag dans le passé. Dans la longue histoire de la recherche géographique-historique, les spécialistes ont toujours pensé que Ziklag se trouvait plus au sud et/ou plus à l’ouest », conclut le professeur.

Lors d’un entretien avec cette journaliste qui s’est déroulé sur le site lundi, Garfinkel et ses deux partenaires de recherche ont déclaré être prêts à essuyer un retour de flamme après l’annonce de leur identification.

« Il y a ceux qui débattent pour savoir si le roi David a été une légende ou un personnage historique. S’il a été le roi d’un royaume, ou le roi bédouin de Jérusalem », a noté Garfkinkel.

« A Qeiyafa, j’ai vu qu’il y avait eu un royaume, et ce site est une autre implantation datant de l’époque du roi David », a-t-il ajouté.

Des assemblages de poterie de Khirbet a-Ra’i, que les archéologues ont identifié comme étant la ville biblique de Zikag (Crédit : Equipe des fouilles de Khirbet a-Rai)

Une identification accidentelle

Sous la bâche du site de fouilles, lundi, Garfinkel a expliqué que l’identification très évocatrice de Ziklag avait été un effet secondaire qui n’était aucunement l’intention ayant motivé les travaux réalisés sur le site.

« Je suis venu ici pour une seule raison », a déclaré Garfinkel au Times of Israel sur le site poussiéreux et brûlant situé dans les collines de Judée. « A la surface, j’ai trouvé des poteries comme à Qeiyafa mais j’ignorais absolument qu’il y aurait des niveaux en dessous correspondant aux Philistins ».

Les précédentes fouilles réalisées par Garfinkel avaient eu lieu dans la cité de Khirbet Qeiyafa, en Judée, à environ 30 kilomètres au sud-ouest de Jérusalem.

Un site qui, selon lui, correspondrait au lieu qui avait accueilli la Shaarayim biblique sur la base des artéfacts découverts là-bas et de leur contexte, ainsi que d’analyses de datation au carbone 14.

Le professeur Yosef Garfinkel, chef de l’Institut d’archéologie à l’université hébraïque de Jérusalem, sur un site de fouilles à Khirbet a-Rai qui aurait pu accueillir la cité biblique de Ziklag, le 8 juillet 2019 (Crédit : Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)

Dans la mesure où les poteries datant de l’époque du roi David pouvaient indiquer qu’il pouvait y avoir davantage de vestiges de cette période, Garfinkel et son équipe avaient commencé les fouilles.

Après avoir trouvé des structures monumentales et d’innombrables artéfacts dans la couche datant des Philistins, au 12e siècle avant l’ère commune, Garfinkel a expliqué avoir réalisé que « ce qui fait la puissance de ce site, ce n’est pas David ».

Le site, a-t-il ajouté, « est effectivement important – mais pas seulement en raison de David. Il hébergeait une cité philistine importante et vaste ».

Saar Ganor de l’Autorité israélienne des Antiquités sur un site de fouilles à Khirbet a-Rai qui aurait pu accueillir la cité biblique de Ziklag, le 8 juillet 2019 (Crédit : Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)

Désignant une colline voisine d’un geste de la main, Garfinkel a noté que dans la structure qui a été découverte au sommet du mont, il y avait des murs d’un mètre et demi de large, construits pour un bâtiment qui pouvait être composé de deux ou trois étages. Faisant remarquer que l’individu qui y vivait devait bénéficier d’un statut élevé, « il était clairement apparu qui était le propriétaire de cette terre, qui était important et qui ne l’était pas ».

L’archéologue Ganor a déclaré pour sa part au Times of Israel que le nom Ziklag en lui-même rappelait l’histoire philistine.

Ce mot n’a aucun ancrage dans les langues sémites, a-t-il expliqué, mais il est plutôt d’origine égéenne. Ce qui correspond à une importante étude récente réalisée sur l’ADN des Philistins, qui a fait remonter leurs origines à la région de la mer Egée.

Si le centre de gravité du site se trouve dans ses origines philistines, des vestiges ont été découverts montrant la présence d’une implantation non-fortifiée de l’époque du roi David, a dit Garfinkel, se tenant devant un assemblage de poteries typiquement judéennes.

Le site de fouilles de Khirbet a-Ra’i, que les archéologues ont identifié comme étant la ville biblique de Zikag (Crédit : Equipe des fouilles de Khirbet a-Rai)

Ce qui est dans le(s) récit(s) biblique(s)

Ziklag est une première fois mentionné dans la bible dans le livre de Josué, dans lequel la ville est attribuée à la tribu de Juda. Plus tard, elle est donnée à la tribu des Siméonites. Selon les livres de Samuel, sous le patronage du roi philistin Achish de Gat, Ziklag sert de refuge au roi David, qui veut échapper au roi Saul. Dans l’ancienne cité philistine, David et 600 de ses hommes ainsi que leurs familles s’établissent pendant 14 mois, l’utilisant comme base pour attaquer les populations avoisinantes, qu’il massacre avec ses hommes.

« David joue de la harpe pour Saul » par Rembrandt van Rijn, entre 1650 et 1670. (Crédit : Wikipedia)

Après que David a fui Saul, Ashisch, s’est amusé Garfinkel, « a donné à David un endroit désert, loin de Gath, parce qu’il était un fauteur de troubles ».

Exploitant son statut de vassal philistin, David tente de fusionner son armée avec celle du seigneur Aschisch pour vaincre Saul.

Tandis que lui et ses guerriers sont hors de la ville, les Amalékites, pour se venger, rasent la cité et enlèvent les femmes et les enfants des Israélites – dont deux épouses de David – entre autres butin.

Après une chasse digne d’un film de Hollywood, les Amalékites sont vaincus, les captifs libérés et le butin largement redistribué. Immédiatement après son séjour à Ziklag, David monte sur le trône à Hébron.

Plus tard, dans le livre de Néhémie, Ziklag est encore une fois mentionnée comme étant l’un des lieux ayant accueilli les Juifs à leur retour de Babylone. Le site présente des preuves couvrant toutes les périodes bibliques, a affirmé Keimer de la Macquarie University, et notamment des vestiges perses qui pourraient confirmer le récit de la bible.

Un archéologue travaille sur un petit récipient trouvé sur le site de fouilles de Khirbet a-Rai qui aurait pu accueillir la cité biblique de Ziklag, le 8 juillet 2019 (Crédit : Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)

Keimer a dit que les poteries retrouvées à des niveaux inférieurs de fouilles sont typiques de celles qui avaient pu être découvertes dans des implantations de la mer Egée datant du 12e siècle avant l’ère commune. Mais il y a ensuite un signe de transition et d’absorption d’éléments culturels locaux, a-t-il ajouté.

« La base, ce sont des formes philistines qui ont été récupérées par les cananéens », a-t-il continué (Alors que le Times of Israel était en train d’observer le site d’excavation animé sur le sommet de la colline, dans la journée de lundi, les archéologues ont sorti de terre un récipient de la taille de la main – qui servait probablement de carafe à parfum – et qui était l’exemple même d’une telle transition culturelle).

Il y a deux niveaux de destructions sur le site, a souligné Keimer, l’un datant du début du 10e siècle et le deuxième du milieu du 11e siècle.

L’équipe attend encore les résultats des tests au carbone 14 pour pouvoir déterminer plus clairement la date spécifique à laquelle correspond la couche de destructions du 10e siècle – qui pourrait permettre de davantage s’accorder avec le récit biblique.

« Il y a le sentiment général qu’une date encore antérieure pourrait mieux s’adapter au récit », a expliqué Keimer.

L’archéologue a ajouté qu’un article devrait être publié d’ici la fin de l’année dans un journal scientifique. De la même manière, les fouilles, qui sont financées par Joey Silver de Jérusalem, Aron Levy du New Jersey, la famille Roth et Isaac Wakil, originaires de Sydney, devraient encore continuer pendant trois saisons au moins.

A moins que les archéologues ne mettent la main sur un panneau établissant clairement qu’ici se dressait bien Ziklag, il semble douteux qu’un consensus puisse se former sur cette identification. Pour certains passionnés d’archéologie, il s’agirait en fait – et au mieux – d’un débat entre universitaires.

Viki Millard, une bénévole née à Melbourne, sur le site de fouilles de Khirbet a-Rai qui aurait pu accueillir la cité biblique de Ziklag, le 8 juillet 2019 (Crédit : Amanda Borschel-Dan/Times of Israel)

Se tenant en bordure d’une fosse où les fouilles vont bon train, Viki Millard, une résidente de Sydney âgée d’une soixantaine d’années, a raconté au Times of Israel que l’aspect le plus fascinant de ces travaux d’excavations était de pouvoir voir ces espaces où des gens vivaient il y a
3 000 ans.

« C’est un terrain presque sacré », s’est exclamé Millard, « parce que quelqu’un a vraiment vécu ici et marché sur ce sol. Et nous y marchons une nouvelle fois. C’est un privilège ».

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