Les attaques de l’Iran rapprocheront les États du Golfe d’Israël, dit un haut officiel émirati
Anwar Gargash, conseiller de premier plan du président des EAU, a affirmé que la stratégie adoptée par l'Iran était une "folie" et qu'elle rendait, in fine, "Israël moins menaçant" - et l'Iran plus effrayant
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Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Un conseiller de premier plan du président des Émirats arabes unis a affirmé que les attaques lancées par l’Iran contre les États du Golfe rapprochaient ces derniers d’Israël et des États-Unis.
« En réalité, les agressions à plein régime de l’Iran contre les États du Golfe vont renforcer le rôle d’Israël dans le Golfe, et non l’affaiblir », a dit Anwar Gargash lors d’un événement qui était organisé par le Council on Foreign Relations.
« Concernant les pays qui entretiennent des relations avec Israël, cette relation, à mon avis, va se trouver renforcée », a-t-il ajouté. « Pour ceux qui n’en entretiennent pas, je m’attends à ce que davantage de canaux de communication s’ouvrent dorénavant. »
Israël avait normalisé ses relations avec les Émirats arabes unis et avec Bahreïn, un autre pays du Golfe, en 2020.
Depuis que les États-Unis et Israël ont lancé leur offensive aérienne contre l’Iran, le 28 février, Téhéran a lancé des attaques aux missiles et aux drones qui ont pris pour cible des aéroports, des ports, des installations pétrolières et des centres commerciaux dans les six États du Golfe, tout en s’en prenant également à Israël et en perturbant le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz — un itinéraire de navigation maritime qui achemine environ un cinquième du pétrole mondial et qui est le pilier des économies du Golfe.
Ces agressions ont renforcé les craintes du Golfe, réticent à l’idée de laisser l’Iran disposer d’un arsenal offensif significatif ou d’une capacité de fabrication d’armes qui seraient susceptibles d’encourager la république islamique à prendre en otage la bouée de sauvetage énergétique de la région chaque fois que des tensions viennent à s’intensifier.
Les États n’ont toutefois pas pris part aux attaques eux-mêmes, les dirigeants du Golfe redoutant toujours fortement la possibilité d’une escalade plus large, qui deviendrait incontrôlable.
Gargash a expliqué, lors de l’événement en ligne qui a eu lieu mardi, que son pays pourrait se joindre à un effort international mené par les États-Unis pour assurer la sûreté et la sécurité du détroit d’Ormuz.
Le lendemain, Israël a lancé une frappe majeure contre le plus grand gisement de gaz au monde.
Le méga-gisement de South Pars/North Dome fournit environ 70 % du gaz naturel domestique de l’Iran. La république islamique, qui partage cet immense gisement avec le géant énergétique qu’est le Qatar, exploite sa partie depuis la fin des années 1990.
La télévision d’État iranienne a annoncé qu’en riposte à cette frappe, Téhéran s’attaquerait aux infrastructures pétrolières et gazières du Qatar, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.
L’Iran a plus particulièrement menacé la raffinerie Samref et le complexe pétrochimique de Jubail en Arabie saoudite, le gisement de gaz d’Al Hasan aux Émirats arabes unis, ainsi que les usines pétrochimiques et une raffinerie au Qatar.
Les Émirats arabes unis ont subi plus d’attaques iraniennes que tout autre pays. Depuis le début de la guerre, les EAU ont intercepté 327 missiles balistiques, 15 missiles de croisière et 1 699 drones, selon le ministère de la Défense de cet État du Golfe. Deux soldats émiratis ont trouvé la mort dans cette guerre, ainsi que six civils, et 158 autres ont été blessés.
« Ce ne sont pas 2 000 missiles et drones israéliens qui nous prennent pour cible », a précisé Gargash. « Ce sont 2 000 missiles et drones iraniens qui nous visent actuellement ».
L’Iran, pays à majorité chiite, a souvent considéré ses voisins arabes sunnites du Golfe — proches alliés des États-Unis qui accueillent des bases militaires américaines — avec une profonde méfiance, même si les relations avec le Qatar et Oman ont généralement été moins tendues.
« Je pense que pour les pays qui cherchent également à renforcer leur défense et leurs technologies, les liens n’en seront que plus étroits. Et je pense que c’est là aussi la folie de cette stratégie iranienne, une stratégie qui, en réalité, fera du Golfe… une stratégie qui rend Israël moins menaçant et l’Iran plus effrayant », a-t-il continué.
Il a indiqué que les pays du Golfe allaient également renforcer leurs liens avec les États-Unis.
« Dans cette guerre, nous voyons à quel point la relation avec les États-Unis est importante », a-t-il poursuivi, « même si cette relation avec les États-Unis — nous pouvons la critiquer au sujet d’un certain système de défense ou d’un certain manque de réaction… je pense que dans l’ensemble, la folie iranienne qui consiste à prendre pour cible la région ne diminue en rien le rôle américain. Je pense qu’elle renforce le rôle qui est tenu par l’Amérique ».
Au fil des années, l’Iran et ses alliés régionaux ont été accusés d’avoir mené des attaques contre des installations énergétiques du Golfe, avec notamment une frappe qui, en 2019, avait visé les installations pétrolières saoudiennes d’Abqaiq et de Khurais — l’Iran avait nié toute responsabilité dans cette agression, qui avait réduit de moitié la production saoudienne et qui avait ébranlé les marchés de l’énergie.
Les six membres du Conseil de coopération du Golfe — Bahreïn, le Koweït, le Qatar, l’Arabie saoudite, Oman et les Émirats arabes unis — n’ont organisé qu’une seule visioconférence sur Zoom, et aucun sommet arabe n’a été convoqué pour discuter d’une action coordonnée.
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a expliqué, la semaine dernière, que les partenaires du Golfe « intensifiaient encore davantage » leurs efforts et qu’ils étaient prêts à « passer à l’offensive » tout en collaborant déjà avec Washington sur des systèmes de défense aérienne collectifs et intégrés – même s’il n’a pas précisé quelles autres mesures ils pourraient prendre.
Un haut responsable des Émirats arabes unis a fait savoir que son pays avait choisi la retenue, après que l’Iran a affirmé que l’armée américaine avait utilisé les Émirats arabes unis pour frapper l’île de Kharg, qui abrite le principal terminal d’exportation de pétrole iranien.
Reuters a contribué à cet article.
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