Les avocats de Malka Leifer démissionnent avant un dernier appel risqué
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Les avocats de Malka Leifer démissionnent avant un dernier appel risqué

Pour l'avocat Tal Gabbay, la pédophile présumée n'est pas apte psychologiquement à affronter un procès ; un 'appel contre l'extradition en Australie aura lieu à la Cour suprême

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

(De gauche à droite) Les avocats de Malka Leifer Tal Gabay et Yehuda Fried parlent aux journalistes au tribunal de district de Jérusalem le 23 septembre 2019. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)
(De gauche à droite) Les avocats de Malka Leifer Tal Gabay et Yehuda Fried parlent aux journalistes au tribunal de district de Jérusalem le 23 septembre 2019. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)

Les avocats de Malka Leifer, qui ont représenté la pédophile présumée au cours d’une longue et tortueuse procédure judiciaire, ces six dernières années, ont décidé de se retirer du dossier.

Une décision qui intervient quelques semaines seulement avant une audition, en dernier recours, visant à empêcher l’extradition de Leifer en Australie, où elle est attendue pour répondre de 74 chefs d’abus sexuels sur mineure. Cette audition aura lieu devant la Cour suprême.

L’avocat Tal Gabay a révélé cette décision dans un entretien accordé vendredi au quotidien économique Globes. Il a déclaré que l’appel, prévu le 3 décembre, est « une question secondaire dans ce long processus continu qui consiste à tenter de déterminer l’état de santé psychiatrique de Leifer ».

Gabay, qui a représenté Leifer aux côtés de son collaborateur Yehuda Fried, n’a pas commenté davantage sa démission.

Il est impossible de dire, pour le moment, qui assurera la défense de Leifer à l’avenir. Nick Kaufman, qui avait défendu les enfants de Mouammar Kadhafi devant la Cour pénale internationale, a rejoint l’équipe des avocats de Leifer au début de l’année et il pourrait en prendre la tête dans une défense qui semble n’avoir eu aucune difficulté à financer des juristes de haut-rang.

Gabay a dit à Globes qu’il pensait encore que le système judiciaire israélien empêcherait l’extradition de Leifer et que même si ce n’était pas le cas, un tribunal australien ne pourrait que reconnaître l’inaptitude mentale de l’accusée à traverser l’ensemble d’un procès et qu’elle serait, en conséquence, autorisée à revenir au sein de l’Etat juif.

Manny Waks, directeur-général de VoiCSA, une organisation de lutte contre la pédophilie dans les communautés juives du monde entier, a déclaré dans un communiqué que « cette démission soudaine indique que l’éminente équipe d’avocats qui assure la défense de Malka Leifer depuis si longtemps s’attend à ce que la Cour suprême maintienne la décision prise par la cour de district de Jérusalem d’extrader Leifer en Australie pour qu’elle y affronte, enfin, la justice ».

Malka Leifer, (à droite), est amenée dans une salle d’audience du tribunal de Jérusalem, le 27 février 2018. (Crédit : AP Photo / Mahmoud Illean, File)

Il a souligné que le panel de magistrats qui doit prendre en charge l’appel était constitué des trois mêmes juges qui, dans un jugement précédent, avaient estimé que la cour de Jérusalem avait laissé traîner le dossier Leifer « bien au-delà du raisonnable ».

Une fois que Leifer sera renvoyée en Australie, Waks a déclaré que son organisation « relancerait un appel à ce que tous les faits soient réexaminés en Israël de manière à découvrir pourquoi cette affaire a duré si longtemps, et à déterminer si les accusations d’interventions politiques sont fondées ».

Au mois de septembre, la cour de district de Jérusalem avait estimé que Leifer, ancienne directrice d’école qui s’était enfuie en Israël après avoir été accusée de pédophilie, pouvait être renvoyée en Australie.

Si la Cour suprême devait rejeter l’appel, le mois prochain, il faudra encore qu’Avi Nissenkorn, ministre de la Justice, signe l’ordonnance d’extradition pour que Leifer soit placée dans un avion en partance pour l’Australie – une autre initiative susceptible de donner lieu à un appel.

Pendant des années, les audiences consacrées à la pédophile présumée auront été reportées sous couvert de l’inaptitude psychologique de l’accusée à être traduite en justice. Un tribunal de Jérusalem avait suspendu les procédures en 2016, estimant qu’elle n’était pas capable de supporter un procès. Elle avait été arrêtée une nouvelle fois en 2018 après avoir été filmée vivant une vie totalement normale et sans difficultés.

Leifer aurait été aidée par le chef du parti Yahadout HaTorah Yaakov Litzman, dont la police avait recommandé l’inculpation l’année dernière en raison de pressions qu’il aurait exercées sur les psychiatres, avec pour objectif de changer les expertises des médecins soumises aux magistrats, faisant en sorte que l’accusée soit considérée inapte à être envoyée vers l’Australie.

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