Les bonnes recettes de l’école juive française
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Les bonnes recettes de l’école juive française

Avec pour caractéristiques de bons résultats au bac et des départs nombreux vers Israël, les écoles juives françaises se maintiennent grâce à l'afflux d'élèves venant du public

Soldats déployés devant le centre communautaire juif où 3 soldats de Vigipirate ont été attaqués par un homme avec une arme blanche, à Nice, le 3 février 2015. (Crédit : Valéry Hache/AFP)
Soldats déployés devant le centre communautaire juif où 3 soldats de Vigipirate ont été attaqués par un homme avec une arme blanche, à Nice, le 3 février 2015. (Crédit : Valéry Hache/AFP)

Les écoles juives françaises semblent afficher une bonne santé : plurielles dans leurs orientations (moderne, traditionalistes, orthodoxes ou Loubavitch…), certaines d’entre elles se vantent de résultats spectaculaires au bac, et leurs effectifs restent stables malgré de nombreux départs vers Israël.

Si le nombre d’élèves ne chute pas dans les écoles juives de France – autour de 32 000 à la rentrée 2017 – c’est que des élèves arrivent de l’école publique, et qu’un grand nombre d’entre eux ne décident de partir en Israël qu’une fois le bac en poche, rapporte Le Figaro qui consacre un reportage complet aux établissements juifs.

« Que deviennent les anciens élèves ? se demande Le Figaro. La plupart de ceux de Yavné partent à Dauphine, en médecine, en droit et dans des écoles de commerce. Par crainte de l’antisémitisme et d’un avenir économique incertain, beaucoup partent à l’étranger. Et plus d’un tiers des bacheliers fréquentant les écoles juives partent faire leurs études en Israël, selon Patrick Petit-Ohayon, directeur de l’action scolaire du Fonds social juif et coordinateur des écoles juives. Une tendance induite par les lycées français eux-mêmes puisque beaucoup participent au programme « bac bleu-blanc », chaque année en décembre, co-organisé avec l’Agence juive. Pour renforcer l’identité juive des élèves, ils visitent des lieux emblématiques de l’histoire d’Israël, pendant une dizaine de jours. Mais ils découvrent surtout ce qu’Israël leur propose après le bac : études universitaires, Tsahal, service civil. Certains reviennent. Mais beaucoup s’y installent aussi définitivement ».

Pour expliquer l’afflux des élèves provenant des établissements publics, les témoignages pour raconter les difficultés d’un ou d’une élève juive sont nombreux :

« Si, dans le XVIe arrondissement de Paris, les élèves juifs sont beaucoup scolarisés dans le public ‘de bon niveau et bien fréquenté’, c’est moins vrai dans l’est de la capitale, continue le quotidien, où l’on peut être plus tenté par l’enseignement juif.

« J’ai fait mes études au lycée public Arago, place de la Nation », raconte Simon*, un informaticien du XIe arrondissement, « mais vu le climat d’antisémitisme, j’ai dû mettre mes filles dans une école juive » (…).

« Les enfants font tout pour se fondre dans la masse mais les faits les rattrapent. On les ramène à leur identité juive, on les insulte, ils sont pris à part. Plus rarement, ça va jusqu’aux coups. Parfois, ce sont les enseignants qui font des réflexions… », raconte Yaël, mère de cinq enfants.

« Une famille vient d’inscrire ses enfants chez nous car les camarades de ses filles, inscrites à l’école publique, chuchotent sur son passage : “Méfie-toi ! Elle est juive ! », raconte Élie Ebidia. Cette crainte de l’antisémitisme, parfois un moteur, ne suffit pas à expliquer ce choix.

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