Les canalisations de carburant à Gaza rouvrent partiellement
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Les canalisations de carburant à Gaza rouvrent partiellement

Le ministère de la Défense a indiqué que les acheminements d'essence et de diesel reprendront dans la bande la semaine prochaine

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les marchandises et les fournitures médicales sont transférées vers la bande de Gaza par le terminal de Kerem Shalom, le 19 juillet 2014. Crédit : unité des portes-paroles de l'armée israélienne)
Les marchandises et les fournitures médicales sont transférées vers la bande de Gaza par le terminal de Kerem Shalom, le 19 juillet 2014. Crédit : unité des portes-paroles de l'armée israélienne)

Moins d’une semaine après l’incendie déclenché par des émeutiers dans le terminal des carburants sur le poste-frontière Kerem Shalom qui offre un point de passage vers la bande de Gaza, le ministère de la Défense a fait savoir jeudi soir que les débits d’essence et de diesel avaient partiellement repris au sein de l’enclave côtière.

Dans la matinée, les ingénieurs étaient parvenus à acheminer une petite quantité de carburant à travers deux canalisations. Ils espèrent dorénavant remettre les équipements en service partiel d’ici le début de la semaine prochaine, après la fête juive de Shavuot qui aura lieu dimanche.

« Les travaux de réparation sur la canalisation d’essence se sont conclus aujourd’hui et on s’attend à ce que le système reprenne un service partiel après la fête de Shavuot », a déclaré le ministère de la Défense dans un communiqué.

Le carrefour de Kerem Shalom est le principal point de transit pour les produits commerciaux et l’aide humanitaire qui traversent chaque jour le poste-frontière. Son terminal de carburants est également le seul à pouvoir acheminer des quantités significatives de diesel et d’essence dans l’enclave côtière assiégée.

Ce mois-ci, à trois occasions, des émeutiers de la bande de Gaza sont entrés du côté palestinien du poste-frontière et ont mis partiellement le feu à la structure.

Les émeutiers avaient attaqué une première fois le poste-frontière le 4 mai. Ils avaient cassé les portails et, croyant apparemment qu’ils se trouvaient sur le territoire israélien, avaient mis le feu aux canalisation de carburant, selon les responsables israéliens. En réalité, ils se trouvaient sur le côté palestinien du poste-frontière.

Vendredi dernier, suite à des manifestations violentes sur la frontière, des voyous sont entrés encore une fois à Kerem Shalom et ils ont mis le feu au terminal de carburant, incendiant également un tapis roulant spécialement créé pour transporter des matériaux de construction bruts dans Gaza et vandalisé deux autres, utilisés pour convoyer du fourrage.

Selon les responsables israéliens, le groupe terroriste du Hamas a été à l’origine de cette attaque sur le poste-frontière, ses membres disant aux émeutiers « quoi faire, où aller », a expliqué aux journalistes un haut-responsable israélien de la Défense dimanche.

Le terminal de carburant qui a été incendié par les émeutiers palestiniens le 11 mai 2018 (Capture d’écran : ministère de la Défense)

Les Palestiniens ont ré-attaqué Kerem Shalom lundi, mettant le feu à des parties de la structure pour la troisième fois, alors qu’il était fermé pour les réparations nécessaires des dégâts engendrés par les précédents incendies.

Israël avait annoncé que le point de passage frontalier serait fermé dès le samedi soir afin d’évaluer les dégâts et de déterminer les réparations des équipements.

Dimanche, le vice-directeur du poste-frontière avait indiqué aux journalistes qu’il faudrait au moins une semaine pour remettre le terminal d’essence en état, une fois que les pièces de rechange nécessaires seraient arrivées.

Et pourtant, jeudi soir, après six jours, le ministère de la Défense a déclaré que les ingénieurs étaient parvenus à remettre en service, au moins partiellement, le débit de carburant.

« Aujourd’hui, douze citernes de diesel et une citerne d’essence ont été envoyés dans la bande de Gaza pour un test. Dans la mesure où il ne semble pas y avoir de fuites, l’acheminement continuera le lundi qui suivra la fête », a dit le ministère de la Défense.

Mardi, Israël a rouvert les passages des camions au poste-frontière de Kerem Shalom et a commencé à autoriser l’entrée de fournitures médicales et de produits commerciaux même si, dans deux cas, les responsables palestiniens ont refusé des livraisons.

Des responsables palestiniens ont refusé mardi d’autoriser des camions à entrer dans la bande de Gaza via le carrefour de Kerem Shalom, pour des raisons qui n’ont pas été clairement établies. Le jour suivant, ce sont des responsables du Hamas, à Gaza, qui ont refoulé deux cargaisons de fournitures médicales malgré les pénuries au sein des hôpitaux de la bande parce qu’elles étaient envoyées par les militaires israéliens.

Avec cette incapacité d’importer des équipements médicaux et autres produits essentiels dans la bande de Gaza en raison de la fermeture temporaire du poste-frontière devenue une source d’inquiétude, les responsables internationaux avaient, cette semaine, mis en garde contre les graves conséquences d’une pénurie de carburant.

Vue aérienne d’émeutiers palestiniens mettant le feu au carrefour de Kerem Shalom dans la bande de Gaza, le 14 mai 2018 (Crédit : Armée israélienne)

Dimanche soir, les Nations unies avaient déclaré qu’un moyen alternatif de faire entrer de l’essence et du diesel dans la bande devait être trouvé sans délai, avertissant qu’il viendrait rapidement à manquer pour faire fonctionner les hôpitaux, ramasser les ordures, pomper l’eau et traiter les eaux usées.

Dans son appel, le bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) avait déclaré que « l’impact de la destruction des canalisations de carburant et de gaz se fait déjà ressentir », notant que les réserves dans les hôpitaux, dans les services de collecte de déchets et dans les structures d’assainissement de l’eau ne dureraient que quelques jours.

L’agence avait noté qu’au vu de la pénurie grave d’électricité dans la bande de Gaza, qui dépend actuellement presque entièrement d’Israël pour ses deux à quatre heures d’électricité par jour, l’ONU avait fourni « plus de 220 structures pour la santé, l’eau, l’assainissement et les déchets solides avec 936 000 litres de carburant d’urgence par mois pour faire fonctionner les groupes électrogènes et les véhicules ».

La perturbation de l’approvisionnement à Kerem Shalom mettait dorénavant ces services en danger.

Les émeutiers palestiniens mettent le feu au carrefour de Kerem Shalom dans la bande de Gaza, le 14 mai 2018 (Crédit : Armée israélienne)

« Pour éviter un effondrement de ces services essentiels, un arrangement alternatif pour l’entrée de carburant est urgemment nécessaire jusqu’à la réparation des canalisations de Kerem Shalom », avait ajouté l’agence.

Elle avait expliqué que le manque de gaz de cuisine et de carburant causerait probablement des pénuries de pain et autres préparations alimentaires.

Le Coordinateur humanitaire de l’agence, Jamie McGoldrick, avait déclaré que « les opérations humanitaires dépendent du point de passage de Kerem Shalom pour offrir de l’aide aux personnes qui en ont besoin à Gaza. J’appelle les manifestants à éviter les actions qui affectent de manière négative le fonctionnement du principal point d’entrée à Gaza des produits humanitaires et j’appelle également les autorités concernées à rapidement réparer les dégâts ».

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