Les candidats pour remplacer Corbyn jugés « lâches » sur l’antisémitisme
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Les candidats pour remplacer Corbyn jugés « lâches » sur l’antisémitisme

Ruth Smeeth considère que beaucoup des principaux candidats à la tête du parti n'en ont pas fait assez pour combattre l'antisémitisme

Le leader du parti britannique d'opposition du Labour Jeremy Corbyn tient une copie du programme du parti durant le lancement de ce manifeste de campagne électorale à  Birmingham, dans le nord-ouest de l'Angleterre, le 21 novembre 2019 (Crédit : Oli Scarff/AFP)
Le leader du parti britannique d'opposition du Labour Jeremy Corbyn tient une copie du programme du parti durant le lancement de ce manifeste de campagne électorale à Birmingham, dans le nord-ouest de l'Angleterre, le 21 novembre 2019 (Crédit : Oli Scarff/AFP)

Une ancienne députée du parti Travailliste a condamné les prétendants dans la course pour remplacer Jeremy Corbyn à la tête du parti. Ruth Smeeth les a traités de « lâches » lorsqu’il s’agissait de s’occuper de l’antisémitisme rampant au sein du parti.

Ruth Smeeth, qui a perdu son siège lors de l’élection de décembre, a présidé le Mouvement travailliste juif, qui s’était séparé de Corbyn en raison de sa mauvaise gestion face à l’antisémitisme au sein du Labour.

Ecrivant mardi dans le Jewish Chronicle, Smeeth a fustigé les principaux concurrents comme Rebecca Long-Bailey, Keir Starmer et Emily Thornberry, déclarant qu’ils avaient été des hypocrites alors que le débat sur l’antisémitisme faisait rage au sein du parti.

« Trop des principaux concurrents étaient prêts à dénoncer l’antisémitisme si c’était bénéfique politiquement, et non parce qu’il s’agissait de la chose juste à faire », a écrit Smeeth. « Cela signifie qu’aucun membre actuel du cabinet fantôme ne mérite notre vote ».

Ruth Smeeth, une députée travailliste britannique. (Parlement britannique)

« Ils ont été timides quand nous avions besoin de force, a-t-elle dit. Ils nous ont laissé tomber quand nous avions le plus besoin d’eux. Ils ont permis à M. Corbyn et à ses amis de faire de nous une cible ».

« Le prochain chef des Travaillistes devra être issu des députés qui nous ont soutenus, que ce soit Jess Phillips, Lisa Nandy, Dan Jarvis et Yvette Cooper. Ils ont tous fait preuve de leadership quand d’autres ont été lâches », a déclaré Smeeth.

Les Juifs britanniques ont quitté en masse le parti parce qu’ils pensaient que les Travaillistes étaient devenus institutionnellement racistes sous Corbyn, un politicien pro-Palestine qui a été élu à la tête du parti en 2015.

Corbyn a été accusé d’avoir échoué à traiter des centaines d’incidents antisémites au sein de son parti, mais aussi pour sa réticence à faire adopter par son parti la définition de l’antisémitisme qui incluait certaines critiques anti-Israël.

Ses liens avec des membres des groupes terroristes du Hamas et du Hezbollah et une photo de lui en train de déposer une couronne de fleurs sur la tombe d’un terroriste palestinien ont également provoqué l’inquiétude parmi les Juifs britanniques et les Israéliens, qui ont craint que l’Etat juif puisse perdre son proche allié du Royaume-Uni si Corbyn venait à remporter les élections.

Jeremy Corbyn porte une gerbe de fleurs durant une visite aux Martyrs de Palestine, en Tunisie, en octobre 2014. (Crédit : page Facebook officielle de l’ambassade palestinienne en Tunisie)

Dans un acte inédit, le grand rabbin de Grande-Bretagne, Ephraim Mirvis, a publié en novembre une lettre ouverte dans le Times of London, appelant effectivement les électeurs à ne pas voter pour les Travaillistes à cause du problème de l’antisémitisme, déclarant que Corbyn est « complice dans ce préjugé ».

Pourtant, Smeeth a appelé les Juifs à rester dans le parti et à l’aider a choisir le prochain chef, déclarant que c’était le seul moyen d’expulser les antisémites des Travaillistes.

« Le prochain responsable du parti Travailliste peut [opter pour] une politique de tolérance zéro à l’égard de l’antisémitisme ou alors il peut continuer à valoriser et aider des racistes, permettant ainsi à la politique de la haine de conduire notre politique », a-t-elle écrit.

« Cela signifie que l’issue de cette élection est vitale pour la communauté. On peut rester là sans rien faire et laisser l’horrible haine anti-juive se répandre au sein du parti travailliste ou alors on peut rejoindre le Mouvement juif travailliste et voter pour le prochain chef de parti. Je vous appelle à opter pour la deuxième solution », a déclaré Smeeth.

« La manière dont la lutte contre la haine antisémite sera menée dépend de qui gagne les élections. Mais je peux vous promettre que même si je ne suis plus députée, ce n’est pas un combat que je vais fuir, a-t-elle conclu. Je vais avoir besoin de votre aide pour régler ce problème ».

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