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Les compagnies aériennes demandent l’aide de l’État pour survivre à la pandémie

Dans une lettre commune à Bennett, El Al, Arkia et Israir ont annoncé être au bord de la faillite et accusé les politiques de lutte contre la COVID d'avoir dévasté leur secteur

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Des avions d'El Al sur le tarmac de l'aéroport Ben Gourion, le 3 août 2020. (Crédit : Jack Guez / AFP)
Des avions d'El Al sur le tarmac de l'aéroport Ben Gourion, le 3 août 2020. (Crédit : Jack Guez / AFP)

La compagnie aérienne phare d’Israël ainsi que deux autres transporteurs locaux ont réclamé jeudi que le gouvernement leur apporte un soutien financier et régulateur, avertissant qu’autrement, ils pourraient s’effondrer sous l’effet de la pandémie de coronavirus sur l’industrie du voyage.

Une lettre, signée par les PDG d’El Al, d’Arkia et d’Israir et envoyée au Premier ministre Naftali Bennett, au ministre des Finances Avigdor Liberman et à plusieurs députés et responsables politiques, accuse les politiques gouvernementales d’avoir mené leurs entreprises au bord du gouffre et a appelé à la levée des restrictions sur les voyages, affirmant que leur industrie n’avait pas bénéficié des renflouements offerts à d’autres secteurs.

« Nous doutons de la capacité des compagnies aériennes israéliennes à survivre à la crise sans le soutien du gouvernement », ont écrit le PDG d’El Al Avigal Soreq, celui d’Arkia Gadi Tepper et celui d’Israir Uri Sirkis.

Dans leur lettre, les entreprises ont noté que l’industrie aéronautique était en crise depuis un an et demi à cause de l’épidémie de coronavirus – qui les oblige à fonctionner dans des « conditions de grave incertitude » et d’une réduction drastique de la demande de voyage.

La baisse du nombre de passagers est une conséquence directe des décisions du gouvernement et des ordonnances du ministère de la Santé, ont fait valoir les PDG. Les règles de quarantaine, les interdictions d’entrée pour les non-citoyens ou résidents et les appels du gouvernement à éviter de voyager quand ce n’est pas vraiment nécessaire : tout cela a eu un impact, ont noté les compagnies.

El Al connaissait des difficultés financières avant même que la pandémie de COVID ne fasse baisser drastiquement le nombre de voyages internationaux. L’année dernière, la compagnie aérienne a été achetée par Eli Rozenberg, un étudiant en yeshiva de 27 ans, soutenu financièrement par son père non-israélien, Kenny Rozenberg. Plus tôt cette année, Rozenberg père est devenu citoyen israélien – une exigence pour détenir une participation majoritaire dans la compagnie aérienne nationale israélienne – et a pris le contrôle de la société.

Illustration : Un Boeing d’El Al à l’aéroport international Ben Gourion en Israël. (Crédit : Flash90)

Un accord global de sauvetage conclu entre El Al et le gouvernement l’année dernière prévoyait le licenciement de près d’un tiers du personnel de la compagnie aérienne en échange d’un achat anticipé par l’État de billets pour le personnel de sécurité à hauteur de 210 millions de dollars. Pour conclure la transaction, El Al a également accepté d’émettre 150 millions de dollars de nouvelles actions et l’actionnaire majoritaire d’injecter 43 millions de dollars dans la société.

Cependant, mercredi, Soreq a envoyé une lettre au directeur de la trésorerie, Ram Belnikov, affirmant que le renflouement de 210 millions de dollars n’avait pas été suffisant pour éviter à la compagnie aérienne de continuer à sombrer.

Soreq a demandé 100 millions de dollars d’indemnisation immédiate pour contrer l’impact des restrictions COVID-19, à inclure dans le cadre d’un plan de rationalisation de ses opérations en échange d’une aide gouvernementale. Ce chiffre est le double des 50 millions de dollars que le ministère des Finances avait offerts à El Al sous forme de prêt amorti.

Le plan de relance verra El Al vendre des avions pour réduire sa flotte de 45 à 29 tout en réduisant ses effectifs en conséquence, a déclaré Soreq.

El Al a déclaré une perte de 86 millions de dollars au cours du premier trimestre de l’année, contre une perte de 140 millions de dollars au cours de la même période un an plus tôt. Les revenus ont chuté de 64 % à 117 millions de dollars contre 321 millions de dollars au cours de la même période l’année précédente, et les coûts, qui incluent les salaires et le carburant, ont diminué de 54 %. Pour l’ensemble de l’année 2020, au cœur de la pandémie, El Al a vu sa perte nette grimper à 531 millions de dollars contre 60 millions de dollars en 2019.

Jeudi, les trois compagnies aériennes ont demandé à Bennett de convoquer une réunion avec les ministères des Finances, des Transports, du Tourisme et de la Santé afin de discuter de « propositions concrètes et détaillées et des mesures nécessaires que le gouvernement doit prendre pour assurer la pérennité de l’aviation israélienne ».

Il a noté que de nombreux États dans le monde entier avaient fourni une assistance à leurs compagnies aériennes locales, ce qui représente un défi supplémentaire pour les entreprises israéliennes qui se sont retrouvées en concurrence avec celles bénéficiant du soutien de leur gouvernement.

Ils ont souligné la récente approbation du Bahreïn pour que son transporteur national exploite une ligne vers Tel Aviv, alors que les compagnies israéliennes n’ont pas encore reçu l’approbation des autorités locales pour offrir un service similaire.

« Les compagnies aériennes locales représentent une infrastructure nationale vitale », ont-ils noté, avertissant que leur effondrement nuirait aux intérêts nationaux.

Des voyageurs arrivent à l’aéroport Ben-Gurion près de Tel Aviv, le 10 septembre 2021. (Crédit : Yossi Zeliger / Flash90)

Parmi les mesures réclamées par les entreprises, figure un modèle d’indemnisation similaire à celui proposé aux autres industries touchées par la crise économique de la COVID-19, ainsi qu’un examen d’un plan du ministère des Finances qui exige des investissements des propriétaires d’entreprises d’aviation, ce qui n’a pas été demandé aux autres industries.

Les entreprises ont également demandé une évaluation de la gestion de la réglementation sanitaire à l’aéroport international Ben-Gurion, notamment au sujet des exigences de quarantaine pour les voyageurs qui entrent dans le pays.

Ils ont également cherché un cadre pour permettre aux touristes vaccinés d’entrer dans le pays en passant des tests PCR ou sérologiques à l’aéroport, actuellement disponibles uniquement pour les Israéliens et certains visiteurs.

Shoshanna Solomon et le personnel du Times of Israel ont contribué à cet article.

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