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Les corps des terroristes de Hadera rendus aux familles puis inhumés

Les funérailles des deux cousins arabes israéliens ont eu lieu à Umm al-Fahm, la police limitant le public ; certains auraient scandé des slogans prônant sur le martyre

Les deux terroristes responsables de la fusillade à Hadera, le 27 mars 2002 : Ayman Ighbariah (à gauche) et Ibrahim Ighbariah (à droite), ce dernier photographié au tribunal de Haïfa le 29 juin 2016 lors de son procès pour tentative de rejoindre l’État islamique en Syrie (Crédit : Capture d'écran)
Les deux terroristes responsables de la fusillade à Hadera, le 27 mars 2002 : Ayman Ighbariah (à gauche) et Ibrahim Ighbariah (à droite), ce dernier photographié au tribunal de Haïfa le 29 juin 2016 lors de son procès pour tentative de rejoindre l’État islamique en Syrie (Crédit : Capture d'écran)

Deux terroristes arabes israéliens qui avaient commis un attentat terroriste meurtrier à la fin du mois de mars à Hadera ont été inhumés pendant la nuit dans leur ville natale d’Umm al-Fahm, après qu’Israël a accepté de restituer leurs dépouilles.

Les membres de la famille de ces deux cousins ont accepté la demande de la police de procéder à la cérémonie de funérailles aux premières heures de la matinée de lundi. Par ailleurs, le public a été limité à cinquante personnes pour chacune des inhumations.

Les familles ont aussi accepté qu’il n’y ait aucune incitation à la violence proférée, aucune bannière et aucune procession, selon le site d’information Walla. Mais, selon le site Ynet, certains ont scandé des slogans prônant le martyre de manière sporadique.

Les forces de l’ordre avaient fait savoir qu’elles s’inquiétaient de la présence de milliers de personnes pendant les funérailles et que les cérémonies ne deviennent un site de ralliement pour les terroristes.

Début avril, la police israélienne avait demandé, selon des informations, au ministre de la Défense, Benny Gantz, que les corps des cinq terroristes qui avaient commis les attentats de Beer Sheva, Hadera, Bnei Brak et Jérusalem ne soient pas rendus aux familles pour être enterrés.

Des responsables de la Défense ayant conservé l’anonymat, sans doute de la police, avaient dit au site Ynet que les forces de l’ordre craignaient que les funérailles ne soient l’occasion de nouvelles incitations au terrorisme. Toutefois, avait fait savoir le site, l’agence de sécurité du Shin Bet et l’armée israélienne avaient déclaré à Gantz qu’elles estimaient que les dépouilles devaient être restituées, et en particulier celles des attaquants de Beer Sheva et de Hadera, qui étaient des citoyens israéliens.

Les forces de sécurité israéliennes sur les lieux d’une attaque terroriste à Hadera, le 27 mars 2022. (Crédit: Flash90)

La police aurait été particulièrement préoccupée à l’idée de rendre les corps des terroristes de Hadera, se rappelant des milliers de personnes qui avaient assisté à l’inhumation de deux résidents d’Umm al-Fahm qui avaient perpétré une attaque à l’arme à feu meurtrière dans la Vieille Ville de Jérusalem qui avait fait deux morts, deux agents de police, en 2017.

Et cette année, le 27 mars, deux cousins originaires de cette ville du nord du pays, Ayman et Ibrahim Ighbariah, ont mortellement blessé par balle deux membres de la police des Frontières, Yazan Falah et Shirel Aboukrat. Ils ont été tués par les policiers au cours de cet attentat inspiré par l’État islamique.

Cela avait été la première attaque au sein de l’État juif revendiquée par l’État islamique depuis 2017.

La police avait fait savoir que les deux cousins étaient arrivés sur les lieux en possession de 1 100 balles, d’au moins trois armes de poing et de six couteaux.

Ibrahim, 31 ans, avait été précédemment arrêté par la police turque en 2016 alors qu’il tentait de rejoindre l’État islamique en Syrie. Il avait été ultérieurement appréhendé par les forces de sécurité israélienne et il avait purgé une peine d’un an et demi de prison pour appartenance à un groupe terroriste.

Yazan Falah et Shirel Aboukrat, deux agents de la police des frontières tués dans une attaque terroriste à Hadera, photographiés à leur base, quelques heures avant d’être tués le 27 mars 2022. (Crédit : Police israélienne)

Une vidéo qui avait circulé sur les réseaux sociaux avait montré les deux cousins s’étreignant devant un drapeau de l’État islamique avant l’attaque.

L’efficacité de la non-restitution des dépouilles des terroristes fait l’objet de débats au sein de l’establishment chargé de la sécurité.

Certains pensent que cette pratique donne plus de poids à Israël dans le cadre de négociations avec les groupes terroristes, en particulier avec le Hamas, et qu’elle est un bon outil de dissuasion contre les attaques. D’autres la considèrent comme inefficace et peu défendable au point de vue du droit.

En 2019, la Haute-cour avait déclaré que l’armée israélienne pouvait conserver les corps sans vie des terroristes présumés à des fins de sécurité nationale – en utilisant, par exemple, les dépouilles de terroristes du Hamas comme monnaie de marchandage lors d’un éventuel échange avec le groupe terroriste à la tête de Gaza.

Capture d’écran d’une vidéo non-datée où les deux terroristes qui ont tué quatre Israéliens à Hadera prêtent allégeance à l’État islamique, le 27 mars 2022. (Capture d’écran)

Cette décision historique avait renversé un jugement précédent, dans lequel la Haute-cour avait rejeté la pratique pour une question de procédure.

Les députés d’extrême-droite ont condamné la décision de restituer les dépouilles des terroristes, s’en prenant âprement au gouvernement.

« Au lieu d’imposer des sanctions sur les familles des terroristes à des fins de dissuasion et de lutte contre le terrorisme, [le Premier ministre Naftali] Bennett et [le ministère des Affaires étrangères] Yair Lapid se battent pour la survie de la coalition de manière à ce que le gouvernement ne s’écroule pas », a déclaré Avi Maoz, député du parti Sionisme religieux, qui est à la tête de la faction ultra-conservatrice Noam.

« Des funérailles pour les terroristes d’Umm al-Fahm – mais pourquoi en méritent-ils ? Pourquoi en méritent-ils ? Le gouvernement a insisté de manière répétée sur la nécessité de tendre l’autre joue au terrorisme », a écrit sur Twitter une autre législatrice du parti Sionisme religieux, Orit Strock, taguant un certain nombre de membres de droite du gouvernement dans sa publication.

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