Les députés de la Liste arabe unie répondront de leur refus de prêter serment
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Les députés de la Liste arabe unie répondront de leur refus de prêter serment

La conseillère juridique du Parlement recommande notamment la révocation de financements parlementaires ; selon Walla, les députés pourraient prêter à nouveau serment lundi

Le député de la Liste arabe unie Ofer Cassif pendant la prestation de serment de la 24è Knesset à Jérusalem, le 6 avril 2021. (Capture d'écran : Chaîne de la Knesset)
Le député de la Liste arabe unie Ofer Cassif pendant la prestation de serment de la 24è Knesset à Jérusalem, le 6 avril 2021. (Capture d'écran : Chaîne de la Knesset)

La conseillère juridique de la Knesset a indiqué jeudi que les membres de l’alliance de la Liste arabe unie, à majorité arabe, qui ont changé la formulation de leur engagement lors de la prestation de serment du nouveau parlement, seraient privés de certains de leurs droits de législateurs tant qu’ils ne feraient pas la déclaration attendue d’eux pendant la cérémonie.

Les membres de la Liste arabe unie avaient entraîné l’indignation, mardi, lorsqu’ils avaient remplacé la promesse traditionnelle de se placer au service d’Israël et de la Knesset par l’engagement de se mettre au service de la lutte contre « l’apartheid », « l’occupation » et le « racisme ».

Ces sanctions pourraient ne pas être appliquées longtemps – voire pas du tout – dans la mesure où les députés devraient répéter leurs vœux lundi, a rapporté le site Walla.

Les sanctions annoncées par la conseillère juridique de la Knesset, Sagit Afik, comprennent la révocation du financement nécessaire pour les conseillers parlementaires, pour les dépenses juridiques et pour les voyages à l’étranger menés dans le cadre des activités inhérentes à la députation.

La conseillère juridique Sagit Afik lors d’une discussion de commission à Jérusalem, le 28 décembre 2020. (Capture d’écran : Chaîne de la Knesset)

« Dans ce cas, la démarche appropriée – en plus du retrait de certains droits – est de permettre aux députés de refaire leur prestation de serment », a estimé Afik qui a ajouté que la sanction serait accompagnée d’une réduction de salaire s’ils devaient ne pas répéter leur engagement « comme il est attendu d’eux ».

Le serment prêté lors de cette cérémonie par les législateurs qui entrent au Parlement dit : « Je m’engage à être loyal à l’égard de l’État d’Israël et à me consacrer à pleinement à faire mon devoir à la Knesset. »

Pendant la cérémonie, les noms des députés sont cités les uns après les autres et les législateurs répètent alors : « Je m’y engage. »

Mais, suite à une initiative qui avait été proposée par le député juif de Hadash Ofer Cassif, quatre des membres de la Liste arabe unie – ils sont six à siéger à la Knesset – avaient chacun présenté leur propre formulation du vœu.

« Je m’engage à combattre l’occupation », avait déclaré Aida Touma-Suleiman, de Hadash.

Cassif avait dit : « Je m’engage à lutter contre le racisme et les racistes. »

Ces propos avaient entraîné de bruyantes protestations et la colère des autres députés. Le président de la Knesset issu du Likud, Yariv Levin, avait estimé que ces paroles disqualifiaient le serment de leurs auteurs, qui avaient ensuite quitté sous escorte la séance plénière, accusés d’avoir perturbé cette dernière.

La Liste arabe unie est constituée des formations Hadash, Balad et Taal. Les députés Ayman Odeh, Touma-Suleiman et Cassif (Hadash) ainsi que Sami Abu Shehadeh (Balad) avaient tous ajouté des causes variées à leur prestation de serment. Les deux parlementaires de Taal, Ahmad Tibi et Osama Saadi, n’avaient pas pris part à cette initiative.

Ahmad Tibi, au centre, à gauche, membre de la Knesset et leader du Mouvement arabe pour le changement (Taal) lors d’une manifestation organisée dans le quartier Sheikh Jarrah de Jérusalem, le 2 avril 2021. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

Dans une autre manifestation de mécontentement au parlement, jeudi, Ahmad Tibi a quitté la cérémonie traditionnelle organisée à la Knesset lors de Yom HaShoah – lors de laquelle les noms des victimes du génocide juif sont cités – pour protester contre la participation du nouveau député d’extrême-droite Itamar Ben Gvir, qui appartient au Parti sioniste religieux.

« Jamais je ne légitimerai un raciste qui nie mes droits humains et ceux de mon peuple », s’est exclamé Tibi, en référence au chef du parti néo-kahaniste religieux Otzma Yehudit, qui a fusionné avec le Parti sioniste religieux avant les élections.

Le député du Parti sioniste religieux Itamar Ben Gvir lors d’un événement de Yom HaShoah à la Knesset à Jérusalem, le 8 avril 2021. (Capture d’écran : YouTube)

Ben Gvir a rétorqué que Tibi « a blessé la mémoire des survivants et des victimes », ajoutant que le chef de la faction Taal est « un partisan du terrorisme qui ne devrait pas être à la Knesset ».

Les déclarations faites par les législateurs arabes et la sortie de Tibi n’ont pas été les seuls aspects inhabituels des débuts de cette nouvelle Knesset.

La 24e Knesset a prêté serment avec la perspective d’un nouveau vote qui semble se profiler à l’horizon au lendemain du quatrième scrutin ayant livré des résultats non-concluants en l’espace de moins de deux ans.

La cérémonie, habituellement joviale, a été à la fois silencieuse et austère, alors que le pays reste bloqué dans une crise politique toujours en cours et qui ne semble pas trouver d’issue.

La cérémonie a eu lieu après que Rivlin a confié à Benjamin Netanyahu, le chef du parti du Likud, le soin de former un gouvernement, disant qu’il avait pris cette initiative avec réticence – en notant la faible possibilité pour un dirigeant politique israélien quel qu’il soit de parvenir à rassembler une coalition et le procès pour corruption en cours du Premier ministre qui se tient actuellement à Jérusalem.

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