Les députés du Likud se préparent à de féroces luttes internes
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Les députés du Likud se préparent à de féroces luttes internes

Alors que le parti se prépare à siéger dans l'opposition, des députés s'opposent à ce que Netanyahu garde entièrement le contrôle et espèrent pouvoir éviter des Primaires

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, avec Yuval Steinitz et Tzachi Hanegbi lors d'une rencontre de faction du Likud à la Knesset, le 27 juillet 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, avec Yuval Steinitz et Tzachi Hanegbi lors d'une rencontre de faction du Likud à la Knesset, le 27 juillet 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Alors que le Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu devrait perdre le pouvoir pour la toute première fois depuis 12 ans, ses députés à la Knesset se préparent à siéger dans l’opposition – et certains auraient bien l’intention de défier le contrôle généralisé que le Premier ministre exerce sur la formation.

Dix-sept des 30 parlementaires actuels du Likud sont ministres dans le gouvernement sortant et la formation devra dorénavant se contenter de quelques postes officiels à la Knesset mis à disposition de l’opposition. Et la bataille pour ces derniers devrait être féroce.

Plusieurs législateurs auraient d’ores et déjà fait part de leur opposition à ce que Netanyahu prenne le contrôle de l’avenir de la faction à la Knesset.

Comme c’est généralement le cas, la nouvelle opposition dirigera trois commissions parlementaires – la commission de supervision de l’État, la commission de l’Économie et la commission des Sciences – et, selon la Douzième chaîne, des membres du Likud refuseraient que Netanyahu décide lui-même de ces nominations.

De haut en bas, de gauche à droite : le chef de Yesh Atid Yair Lapid, le chef de Yamina Naftali Bennett, le chef de Tikva Hadasha Gideon Saar, le chef d’Yisrael Beytenu Avigdor Lieberman, le chef du Meretz Nitzan Horowitz, le chef de Kakhol lavan Benny Gantz, le chef de Raam Mansour Abbas et la cheffe du parti travailliste Merav Michaeli. (Crédit : AFP)

« Cette fois-ci, on ne va pas laisser Netanyahu décider des règles du jeu », aurait déclaré un éminent membre du Likud, des propos cités par la chaîne.

L’alliance formant le « gouvernement du changement », avec à sa tête le Premier ministre désigné Naftali Bennett de Yamina et le leader de Yesh Atid, Yair Lapid, prévoit de remporter une majorité – 61 à 59 – lors du vote de confiance au nouveau gouvernement qui est prévu dimanche après-midi. S’il est confirmé, le nouveau gouvernement représenterait un bouleversement radical dans la politique israélienne, écartant de son poste Benjamin Netanyahu, le Premier ministre le plus pérenne de toute l’histoire d’Israël.

Netanyahu a signalé qu’il prévoyait de rester chef du Likud et qu’il continuerait à diriger le pays dans l’opposition.

Selon le reportage diffusé par la Douzième chaîne, Netanyahu espérerait – une tentative d’étouffer dans l’œuf d’éventuels challengers – organiser des primaires anticipées qui pourraient avoir lieu très rapidement après la prestation de serment du nouveau gouvernement.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef de Tikva Hadasha Gideon Sa’ar. (Crédit : Flash90)

Mais des officiels du Likud affirment qu’ils ne le laisseront pas faire, réclamant une course équitable qui permettrait aux concurrents de Netanyahu de se préparer correctement au scrutin à la tête du parti. Ce qui nécessiterait néanmoins un changement de procédure qui devra être ratifiée par des commissions dont les membres sont encore aujourd’hui des loyalistes de Netanyahu.

Netanyahu avait remporté les primaires de Likud de manière convaincante en 2017 en l’emportant face à Gideon Saar, ancien ministre de la formation. Saar avait ensuite quitté le Likud et formé Tikva Hadasha, qui a fait sa campagne sur la promesse de ne jamais siéger dans un gouvernement placé sous l’autorité de Netanyahu et qui a aujourd’hui l’intention d’intégrer la nouvelle coalition.

Le Likud n’a plus organisé de primaires depuis, dans un contexte de crise politique qui a vu se succéder trois élections non-concluantes en l’espace de deux ans.

Si le parti devait rejoindre les rangs de l’opposition, dimanche, Yuli Edelstein, le ministre de la Santé, prévoit de défier Netanyahu à la tête du Likud, a fait savoir la semaine dernière Zman Yisrael, le site en hébreu du Times of Israel.

Le ministre des Transports Israel Katz, à gauche, et le président de la Knesset Yuli Edelstein, pendant la fête juive de Souccot, le 18 octobre 2016. (Crédit : Flash90)

Edelstein est populaire au sein du parti et il est arrivé premier lors des primaires les plus récentes – mais il n’est pas seul à convoiter le trône de Netanyahu.

Le ministre des Finances, Israel Katz, a dit aux activistes du Likud, la semaine dernière, qu’en tentant d’empêcher la chute du parti au pouvoir, il avait suggéré une démission temporaire de Netanyahu pour permettre la formation d’un gouvernement de droite.

L’ancien maire de Jérusalem, le député Nir Barkat, pourrait être aussi un concurrent sérieux, avec des résultats récents plutôt bons enregistrés dans les sondages concernant la personnalité la plus à même de diriger le Likud.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le député du Likud Nir Barkat, à droite, lors d’un événement de campagne à Tel Aviv, le 16 février 2020 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

S’exprimant devant les caméras de la Douzième chaîne, dans la matinée de mercredi, le député David Bitan, ancien chef de faction du Likud, a rejeté l’idée de primaires, disant que Netanyahu devait continuer à diriger le parti.

« Je suis contre des primaires aujourd’hui, elles ne sont pas nécessaires », a dit Bitan.

« Le chef de l’opposition, c’est Netanyahu. Il n’y a aucune question à se poser. Il n’y a rien à déterminer ».

Le député Likud David Bitan à la Knesset le 15 janvier 2020. (Olivier Fitoussil / Flash90)

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