Ouverture de l’ambassade émiratie à Tel Aviv : « ce n’est que le début »
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Ouverture de l’ambassade émiratie à Tel Aviv : « ce n’est que le début »

La mission diplomatique, située dans l'édifice de la Bourse de Tel-Aviv, fait des Emirats le 3e pays arabe à disposer d'une ambassade en Israël, après l'Egypte et la Jordanie

L'ambassadeur émirati Mohammad Mahmoud Al Khajah et le président Isaac Herzog lors de l'ouverture officielle de l'ambassade des EAU à Tel Aviv, le 14 juillet 2021. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
L'ambassadeur émirati Mohammad Mahmoud Al Khajah et le président Isaac Herzog lors de l'ouverture officielle de l'ambassade des EAU à Tel Aviv, le 14 juillet 2021. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Après l’inauguration récente d’une ambassade israélienne à Abou Dhabi, les Emirats arabes unis ont ouvert mercredi à Tel-Aviv leur première ambassade en Israël, étape clé de la normalisation des relations entre les deux pays.

Avec l’ouverture de cette mission diplomatique, située dans l’édifice de la Bourse de Tel-Aviv, les Emirats deviennent le troisième pays arabe à disposer d’une ambassade en sol israélien après l’Egypte et la Jordanie.

« Les Emirats arabes unis et Israël sont deux pays d’innovation, nous pouvons nous servir de cette créativité afin de travailler ensemble à un futur plus prospère et plus stable pour nos deux pays et la région », a déclaré lors de l’inauguration l’ambassadeur émirati en Israël, Mohamed Mahmoud Fateh Ali Al-Khaja.

« C’est un grand honneur d’ouvrir l’ambassade ici. Il y a dix mois, nos deux pays ont signé les accords d’Abraham avec une vision de dignité, de prospérité et de paix pour les deux peuples », a déclaré Khajah lors de la cérémonie de mercredi.

« Ce n’est qu’un début. Les deux pays sont des nations innovantes et nous exploiterons ces nouvelles approches pour la prospérité des pays », a-t-il ajouté.

« Cet accord historique doit être étendu à d’autres pays qui cherchent la paix avec Israël », a renchéri le président israélien Isaac Herzog, présent à la cérémonie qui s’est tenue dans le lobby de la Bourse, deux étages sous les bureaux de l’ambassade, selon une équipe de l’AFP sur place.

Herzog, qui a pris ses fonctions la semaine dernière, a salué l’ouverture de l’ambassade comme une « étape importante pour l’ensemble du Moyen-Orient ».

« Voir le drapeau émirati dans le ciel de Tel Aviv aurait pu sembler un rêve lointain. Aujourd’hui, c’est une réalité », a déclaré Herzog.

Il a également appelé à une nouvelle expansion des liens diplomatiques d’Israël avec les États de la région.

« Ce processus béni ne peut s’arrêter », a-t-il déclaré. « Lors de mes récentes conversations téléphoniques avec des dirigeants de la région, j’ai de nouveau compris que nous avons plus de partenaires et d’alliés dans cette mission que nous ne le pensions. »

L’ambassade émiratie dans les locaux de la Bourse de Tel Aviv, le 14 juillet 2021. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Les Emirats et Israël avaient annoncé la normalisation de leurs relations à l’été 2020, sous l’impulsion de l’ancienne administration américaine de Donald Trump.

Bahreïn, une autre monarchie du Golfe, ainsi que le Maroc et le Soudan, ont également annoncé ces derniers mois des accords de normalisation avec Israël.

Fin juin, le nouveau chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid s’était rendu aux Emirats afin d’inaugurer la première ambassade israélienne dans un pays du Golfe. Une étape qui avait été saluée par les Etats-Unis, grand allié d’Israël, mais fustigée par les Palestiniens.

Lapid n’était pas présent à l’inauguration. Il est entré en quarantaine mardi soir après qu’un de ses collaborateurs a contracté le coronavirus lors d’une visite cette semaine à Bruxelles.

Lapid a salué l’ouverture de l’ambassade comme un « jour historique ».

« Nous continuerons à élargir le cercle de la paix et de la normalisation », a-t-il écrit sur Twitter.

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid (G) et son homologue émirati Abdullah bin Zayed Al Nahyan se rencontrent au ministère des Affaires étrangères des EAU à Abu Dhabi, le 29 juin 2021. (Shlomi Amsalem/GPO)

Le choix de l’emplacement, dans le bâtiment de la Bourse de Tel Aviv, n’est pas anodin, et les dignitaires israéliens et émiratis ont fait sonner une cloche pour l’ouverture officielle des transactions de la journée. Les deux parties considèrent l’accord de normalisation comme un moteur économique majeur, associant les prouesses technologiques israéliennes à l’accès d’Abou Dhabi aux marchés mondiaux.

Parmi les autres dignitaires présents figuraient l’ancien ministre des affaires étrangères Gabi Ashkenazi, qui était le principal diplomate israélien lorsque le pacte de normalisation entre Israël et les Émirats arabes unis a été annoncé, et la ministre émiratie de la sécurité alimentaire et de l’eau Mariam Al-Muhairi, qui est actuellement en visite dans le pays.

Du Fatah de Mahmoud Abbas aux terroristes islamistes du Hamas, les Palestiniens ont dénoncé ces accords de normalisation les qualifiant de « trahison » de la part de pays arabes, car considérant que ce processus doit intervenir après et non avant la résolution du conflit israélo-palestinien.

Fin de « l’euphorie »

Avec la guerre de 11 jours ayant opposé en mai Israël au Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, la normalisation a passé un « test important », estime Yoel Guzansky, chercheur à l’Institut d’études sur la sécurité nationale de Tel-Aviv.

« Ca a été un succès car aucun pays n’a annulé un accord, pas même le Soudan ou le Maroc », explique-t-il.

Si les accords sont toujours sur les rails, leur développement a toutefois « ralenti » ces derniers mois, a nuancé M. Guzansky, lors d’une discussion en ligne avec des journalistes.

« L’euphorie n’est plus là » aujourd’hui, selon le chercheur, qui s’interroge sur le soutien concret du président américain Joe Biden à ces accords défendus par Donald Trump.

Les Emirats ont multiplié les investissements en Israël mais cherchent aussi, à terme, à investir dans les Territoires palestiniens, y compris à Gaza, où le Qatar — monarchie rivale des Emirats — distribue des millions en aide, a noté mercredi Abdullah Baqer, président du Conseil des affaires Israël/Emirats, qui participait aussi à la discussion en ligne.

« Lorsqu’il y aura une garantie de stabilité politique (à Gaza) alors les investissements vont suivre(…) et nous allons lever des fonds, bâtir des écoles, faire un travail caritatif pour élever le niveau de vie de la population », a-t-il ajouté.

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