Les employés de l’opérateur israélien protestent contre Orange
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Les employés de l’opérateur israélien protestent contre Orange

Les travailleurs ont recouvert le logo de l'entreprise avec un grand drapeau bleu et blanc

Des Israéliens passant devant un magasin de l'opérateur de télécommunications Partner, qui dispose d'une licence de la société française Orange pour utiliser sa marque, à Jérusalem le 4 juin 2015 (Crédit : AFP PHOTO / MENAHEM KAHANA)
Des Israéliens passant devant un magasin de l'opérateur de télécommunications Partner, qui dispose d'une licence de la société française Orange pour utiliser sa marque, à Jérusalem le 4 juin 2015 (Crédit : AFP PHOTO / MENAHEM KAHANA)

Près de 400 employés du fournisseur de services de téléphonie mobile d’Israël, Partner, ont manifesté jeudi leur mécontentement contre le géant français de téléphonie mobile Orange, dont le PDG a déclaré mercredi que son entreprise souhaitait abandonner son association avec Partner pour protester contre la politique israélienne envers les Palestiniens.

Les employés de Partner, qui paient pour utiliser le nom d’Orange, se sont réunis à l’extérieur des bureaux locaux de Rosh Haayin de l’entreprise.

Un certain nombre d’employés ont recouvert le logo d’Orange qui se trouve au sommet du bâtiment de la société avec un grand drapeau israélien.

Pendant ce temps, l’ambassade d’Israël à Paris cherchait à obtenir une « clarification immédiate » des autorités françaises sur les déclarations du PDG d’Orange, Stéphane Richard, a annoncé l’ambassadeur d’Israël en France Yossi Gal. Les fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères devraient « exprimer la gravité » de ces remarques dans les médias français et les bureaux du gouvernement, a poursuivi Gal.

La direction de l’opérateur de télécoms israélien Partner a accusé jeudi le patron du groupe français Orange d’avoir cédé aux pressions des organisations pro-palestiniennes, et a appelé l’opinion israélienne à se mobiliser.

« Je suis très, très en colère. Je pense que ce qu’il a dit est le résultat de pressions très importantes des (groupes) pro-palestiniens », s’est indigné Isaac Benbenisti, appelé à prendre la présidence de Partner le 1er juillet, sur la radio militaire israélienne.

Benbenisti a appelé le public israélien à la mobilisation, en insistant sur le fait que les propos de Richard n’étaient pas une attaque contre son entreprise mais contre Israël en tant qu’Etat.

« Nous devons nous mobiliser en tant que pays pour nous occuper de ce sujet. Israël est attaqué dans le monde. Ils essayent de nous isoler. Ce même Stéphane Richard est lui aussi soumis à ces pressions », a dit Benvenisti. Il a laissé entendre que l’opérateur pourrait envisager de ne plus utiliser la marque et l’image d’Orange, pour lesquelles il a signé un contrat de licence.

Un peu plus tôt dans la journée, le directeur sortant de Partner, Haïm Romano, a menacé de lancer des poursuites judiciaires contre Richard dans les interviews qu’il a accordées jeudi, en expliquant que son entreprise dénonçait la déclaration de Richard, qui pourrait nuire à la rentabilité de Partner et soulever l’ire des abonnés israéliens.

« Nous sommes une société israélienne qui fournit un service à tout le monde », a déclaré Romano sur le site d’informations Walla. « Nous sommes confiants que le peuple israélien saura faire la différence et qu’aucun mal ne sera fait à Orange Israël, qui est une société distincte. »

Romano a expliqué que Partner est une société israélienne de propriété publique qui ne reçoit que les droits de marque d’Orange. « Si Richard veut partir, il va payer beaucoup d’argent », a-t-il menacé.

Malgré l’affirmation de Romano – que les utilisateurs israéliens feront la distinction entre Orange et Partner -, l’entreprise de gazon synthétique israélienne, Pashut Yarok, n’a pas tardé à annoncer jeudi la résiliation immédiate de 34 lignes de téléphonie mobile Partner utilisées par la société. Pashut Yarok a également conseillé à ses employés d’éviter d’utiliser les réseaux mobiles associés avec Orange lors de leurs voyages à l’étranger.

« La lutte contre le boycott devrait être partagée par tous les citoyens d’Israël, indépendamment des opinions politiques, et nous avons le sentiment que c’est un devoir et un droit d’y prendre part », a écrit Pashut Yarok dans un communiqué. « Nous espérons que Partner trouvera un moyen rapide de rompre avec Orange, qui est devenu un fardeau, et poursuivra éventuellement [la société] pour les dommages causés. »

La version en hébreu du logo d'Orange Telecom. Le texte dit : "L'avenir semble Orange" (Crédit : Flash90)
Le logo d’Orange Telecom (Crédit : Flash90)

Le député Yair Lapid, chef du parti de l’opposition Yesh Atid, a fustigé Richard pour ces commentaires, et a appelé France Télécom, qui détient une participation majoritaire chez Orange, à prendre ses distances avec ces commentaires.

« Ceci est d’une grande hypocrisie », s’est-il insurgé par le biais d’un communiqué. « Je ne me souviens pas qu’il ait eu un problème à se faire de l’argent ici et profiter des citoyens israéliens. L’Etat d’Israël est un îlot de bon sens dans cette région difficile et nous n’accepterons certainement pas des leçons de morale de quelqu’un de si bien-pensants et détaché. »

Les organisations de défense des droits de l’homme ont poussé le gouvernement, qui détient une participation chez Orange (27 %), et l’entreprise elle-même, pour qu’elle mette fin à la relation commerciale avec Partner Communications Ltd. dans les implantations israéliennes, qui sont considérées comme étant illégales par la communauté internationale.

Ce fournisseur, l’un des trois principaux fournisseurs sur le marché de la téléphonie mobile israélienne, est disponible dans les implantations israéliennes en Cisjordanie.

À la fin du mois de mai, Cinq ONG et deux syndicats, dont CCFD-Terre Solidaire, l’Association France Palestine Solidarité et la CGT, ont demandé fin mai à Orange « de communiquer publiquement sa volonté de désengagement et de dénoncer les atteintes aux droits humains commises par Partner ».

Selon un rapport de ces organisations, Partner, en exerçant des activités économiques « dans les ‘colonies’ israéliennes contribuerait à leur viabilité économique et à leur maintien, et aiderait ainsi à perpétuer une situation considérée comme illégale par la communauté internationale ».

En Egypte, Mobinil, une franchise d’Orange a été également mise sous pression par les militants BDS pour protester contre les relations commerciales de l’entreprise d’Orange avec Israël.

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