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Les Etats-Unis exhortent la Turquie à ne plus acheter d’armes russes

"La Turquie est parfois un défi. Je suis sûre qu'ils trouvent que les Etats-Unis sont parfois un défi. Mais ils sont un allié précieux de l'Otan", a déclaré Wendy Sherman

Le président russe Vladimir Poutine, (à droite), avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan à Sotchi, le 22 octobre 2019. (Crédit : Presidential Press Service via AP, Pool )
Le président russe Vladimir Poutine, (à droite), avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan à Sotchi, le 22 octobre 2019. (Crédit : Presidential Press Service via AP, Pool )

Les Etats-Unis ont exhorté vendredi Ankara à ne plus acheter d’armes à Moscou, au risque de dégrader leurs relations, après les tensions provoquées par l’achat du système de défense antiaérienne russe S-400 par la Turquie.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a rencontré mercredi son homologue russe Vladimir Poutine pour la première fois en 18 mois, a déclaré qu’ils avaient évoqué la possibilité d’une plus grande coopération militaire.

« Nous avons exhorté la Turquie à tous les niveaux et à toutes les occasions à ne pas conserver le système S-400 et à s’abstenir d’acheter tout équipement militaire russe supplémentaire », a déclaré aux journalistes Wendy Sherman, numéro deux du département d’Etat, interrogée sur le voyage de M. Erdogan à Sotchi.

« Nous continuons à le faire savoir clairement à la Turquie, et à lui dire quelles seront les conséquences si elle va dans cette direction », a ajouté Mme Sherman, qui était en visite en Suisse.

Elle a aussi réaffirmé que le S-400 n’était « ni compatible ni utilisable avec les systèmes de l’OTAN ».

L’ancienne sous-secrétaire d’Etat aux Affaires politiques, Wendy Sherman, à Jérusalem, le 22 février 2014. (Crédit : capture d’écran YouTube/Ambassade des Etats-Unis à Tel Aviv)

La Turquie, membre de l’OTAN, avait défié les avertissements des Etats-Unis en achetant le système de défense antiaérienne russe S-400, faisant craindre à l’alliance occidentale que ce contrat ne permette à la Russie de perfectionner ses compétences en matière de ciblage des avions américains et des pays de l’ouest de l’Europe.

En réponse, Washington avait imposé des sanctions à la Turquie et l’avait écartée en 2019 de son programme d’avions de combat F-35 à la pointe de la technologie, dans lequel plusieurs entreprises turques étaient impliquées et grâce auquel Ankara espérait obtenir jusqu’à 100 avions.

Mais Wendy Sherman a assuré que la relation avec la Turquie comptait pour les Etats-Unis, soulignant leur accueil de millions de réfugiés syriens et l’aide offerte pour la gestion de l’aéroport international de Kaboul.

« La Turquie est parfois un défi. Je suis sûre qu’ils trouvent que les Etats-Unis sont parfois un défi. Mais ils sont un allié précieux de l’Otan », a déclaré Mme Sherman.

M. Erdogan a déclaré jeudi que sa relation avec Joe Biden avait « mal commencé ». Avant d’être au pouvoir, le président américain avait qualifié le dirigeant turc d’autocrate et exprimé son soutien à l’opposition.

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