Les experts prônent le retour des jeunes enfants dans les écoles
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Les experts prônent le retour des jeunes enfants dans les écoles

Si les enfants de moins de dix ans doivent retourner dans les classes dès la fin du confinement, les collèges et les lycées doivent rester "très longtemps fermés", dit un groupe

Une petite fille part à l'école pendant la pandémie. (Crédit : FamVeld via iStock by Getty Images)
Une petite fille part à l'école pendant la pandémie. (Crédit : FamVeld via iStock by Getty Images)

Les jeunes enfants poseraient le moins de risque, parmi toute la population israélienne, de propager le virus et ils doivent être renvoyés dans les classes dès la fin du confinement, a affirmé un groupe d’experts.

Des médecins et des universitaires du centre médical Hadassah et de l’Université hébraïque de Jérusalem viennent d’envoyer leur rapport au gouvernement, avec un plaidoyer en faveur de l’ouverture rapide des crèches et des écoles élémentaires.

« Les jeunes enfants ne sont pas le principal moteur de transmission de ce virus et nous devons donc faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger leurs capacités à apprendre », déclare Ora Paltiel, épidémiologiste et co-autrice du rapport, au Times of Israël.

Elle ajoute que le gouvernement ne doit pas attendre davantage que la date fixée pour la fin du confinement – elle est prévue, pour le moment, à la mi-octobre – disant que cela sera le moment le plus sûr pour la reprise des classes dans la mesure où cela fait des semaines que les enfants sont très largement placés à l’isolement. Si une grande partie du pays doit rester bouclée, les élèves doivent reprendre le chemin de l’école, dit-elle vivement.

Le maire de Jérusalem rencontre de jeunes jumeaux israéliens entrant en première année dans une école de Jérusalem, le 1er septembre 2020. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Elle ajoute que, par prudence, les enfants devront être divisés en « capsules » plus petites que ce n’est le cas habituellement pour les cours comme pour les programmes extrascolaires, appelés les tzaharonim.

Paltiel note que les enfants présentent des modèles très différents face au virus jusqu’à l’âge de dix ans mais, qu’au-delà de cette âge, ils ont la même vulnérabilité face à la maladie et posent le même risque de transmission du coronavirus que les adultes. Sachant cela, ajoute-t-elle, les parents d’adolescents et de jeunes adultes doivent se préparer à garder leurs enfants auprès d’eux, chez eux.

Ora Paltiel, professeure à l’Ecole de santé publique Braun et au département d’hématologie à l’université hébraïque – Hadassah. (Crédit : Jared Bernstein)

« Pour les collèges et les lycées, les taux enregistrés actuellement n’encouragent pas à envisager la réouverture des établissements scolaires et cela ne sera pas le cas avant très longtemps », précise Paltiel.

Elle ajoute que la rentrée scolaire, au mois de septembre, n’aurait pas été un tel désastre si les décisionnaires politiques avaient compris la grande différence entre les enfants jeunes et plus âgés.

« Si on met tout le monde dans le même sac, on ne renverra jamais personne à l’école », déplore-t-elle.

Cette nouvelle recherche survient alors que la hausse du taux des infections au coronavirus, qui a grimpé en flèche, est largement attribuée à la décision de rouvrir les écoles, au mois de septembre. La semaine dernière, ce taux a placé Israël en tête du classement mondial, avec 683 nouveaux cas par million de citoyens – ce qui représente presque le triple de l’Espagne, qui arrive à la deuxième place.

Mais, selon le rapport, « pointer du doigt » le système éducatif est une erreur car près de la moitié des enfants ne présentent qu’une faible probabilité de propager la maladie.

« Il est clairement établi que les enfants de zéro à neuf ans sont protégés des effets dévastateurs du coronavirus », affirme Paltiel. « Ils l’attrapent moins, ils n’ont que des symptômes modérés, et nous avons des preuves que s’ils sont eux-mêmes touchés, ils le transmettent moins. »

La semaine dernière, les CDC (Centers for Disease Control and Prevention), aux Etats-Unis, ont fait savoir que les enfants les plus jeunes avaient 50 % de moins de risque que les adolescents d’être infectés par le coronavirus. Paltiel précise que les conclusions qu’elle a elle-même tirées sont basées sur des études variées qui ont établi que les jeunes enfants – ceux de moins de 10 ans – ont un potentiel de contamination auprès de leur entourage largement plus faible que les adultes. Elle ajoute s’être intéressée avec soin aux observations réalisées sur les modèles d’infection au sein de l’Etat juif.

Parmi ces dernières, le fait que les jeunes enfants ont tendance à ne pas transmettre le virus aux enseignants, mais que la contamination se fait fréquemment dans le sens contraire. Les chercheurs ont également constaté qu’à Bnei Brak, les enfants touchés par la maladie jouaient un rôle disproportionnellement marginal dans la propagation du virus au sein de familles entières.

Une équipe désinfecte une salle de classe au lycée Gymnasia Rehavia à Jérusalem, le 3 juin 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

« Les jeunes enfants ne sont pas des super-propagateurs, et les preuves dont nous disposons indiquent qu’ils transmettent moins le virus que les autres », explique Paltiel, qui est professeure à l’Ecole de santé publique Braun et au département d’hématologie à l’université hébraïque – Hadassah.

Le groupe de Paltiel a la conviction que les enfants « souffrent » actuellement des initiatives prises dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, même s’ils ne sont pas touchés de manière significative par la maladie et que leurs capacités de transmission aux autres sont faibles.

Le rapport recommande vivement aux décisionnaires politiques d’orienter leurs travaux à la lumière de ces réflexions et à la lumière, aussi, de l’importance du système de l’enseignement dans le développement des enfants et pour leur santé mentale. Il souligne, de même, la nécessité de lutter contre les inégalités – les familles plus pauvres étant frappées plus durement par la fermeture des écoles – et la nécessité d’aider les parents à retourner au travail.

Concernant l’ouverture des collèges et des lycées, Paltiel déclare qu’il faut, au préalable, que le nombre de cas de coronavirus chute de manière significative et qu’il faut procéder à des changements dans les infrastructures et dans les approches d’enseignement. « Nous avons besoin de classes pour accueillir des groupes plus petits, il faut vérifier les systèmes de ventilation et réduire le nombre de contacts que les enfants ont les uns avec les autres tout au cours de la journée, dit-elle.

Une enseignante dirige une classe par correspondance depuis son domicile à Mevaseret Zion, dans la banlieue de Jérusalem, le 19 avril 2020, en pleine pandémie de coronavirus. (Flash90)

Les lycéens se trouvent souvent dans des classes différentes, au gré des matières, ce qui fait augmenter le nombre de personnes avec lesquelles ils se trouvent quotidiennement en contact. Pour résoudre cela, Paltiel déclare que les établissements scolaires pourraient devoir modifier leurs emplois du temps de manière à ce que les élèves puissent ne travailler qu’avec leur groupe de maths exclusivement pendant quinze jours, puis avec leur groupe de sciences pour la même période, et ainsi de suite.

Le port du masque au collège et au lycée doit être plus strict, avec des systèmes audio installés dans les classes si les professeurs ont du mal à se faire entendre lorsqu’ils sont masqués, dit encore Paltiel.

« Si l’enseignant doit avoir un micro pour être entendu tout en portant le masque, c’est une amélioration », dit-elle.

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