Les Femmes du mur : la proposition de l’Etat est humiliante
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Les Femmes du mur : la proposition de l’Etat est humiliante

Durant une audience à la Haute cour, le gouvernement a promis de présenter de nouveaux plans pour un site de prière égalitaire d'ici avril ; le mouvement réformé conteste

Anat Hoffman (d), présidente de l'organisation "Women of the Wall" à la Cour suprême de Jérusalem lors de l'audience concernant l'accord du Mur occidental, le 14 janvier 2018. (Yonatan Sindel / Flash90)
Anat Hoffman (d), présidente de l'organisation "Women of the Wall" à la Cour suprême de Jérusalem lors de l'audience concernant l'accord du Mur occidental, le 14 janvier 2018. (Yonatan Sindel / Flash90)

Les Femmes du mur ont critiqué la dernière proposition du gouvernement concernant un compromis sur un espace de prière égalitaire au mur Occidental lors d’une audience de la Haute cour dimanche, des mois après que l’Etat a renoncé à ses engagements initiaux.

Orly Erez-Lachovsky, représentant du groupe qui organise des services mensuels au cours desquels les femmes lisent dans les rouleaux de la Torah sur le lieu saint, a déclaré que la proposition du gouvernement, visant à développer le côté sud pour la prière égalitaire avait pour objectif de placer ces fidèles derrière les clôtures et les murs afin d’envoyer le message que … [ils] devraient prier comme des lépreux. »

Elle a indiqué que son groupe avait accepté de faire des compromis, de prendre en compte les sensibilités des fidèles orthodoxes sur le site. « Nous avons convenu d’éviter de blesser leurs sentiments et de nous mettre sur le côté », mais selon elle « l’Etat intervient et annonce : « Acceptez un accord séparé et inégal qui vous humilie. »

L’audience, qui a duré plusieurs heures, a été la première présidée par le nouveau juge en chef de la Cour suprême, Esther Hayut. Elle a critiqué la police qui a failli à son devoir d’empêcher les manifestants de perturber les séances de prière organisées par les Femmes du mur.

Esther Hayut, juge de la Cour suprême, à Jérusalem, le 2 janvier 2017. (Crédit : Flash90)

La cour débattait de l’expansion de la plate-forme de prière égalitaire sur le site sacré après que le gouvernement a annulé le compromis du mur Occidental l’année dernière.

L’avocat du gouvernement a déclaré que l’Etat présenterait ses plans pour le site d’ici début d’avril. Yuval Roitman a affirmé que le gouvernement avait déjà alloué un budget pour le développement de l’esplanade sud.

« Nous avons un accord avec le meilleur entrepreneur – l’Autorité des Antiquités d’Israël », a déclaré Roitman à la Cour. « Au début du mois d’avril, nous sommes censés recevoir le plan complet et détaillé pour le développement du site. Nous travaillons pour l’avancer le plus rapidement possible, mais ce n’est pas simple. »

« L’Etat est responsable du maintien de l’ordre et nous pouvons espérer que vous ferez plus pour empêcher de tels débordements », a-t-elle dit.

En réponse, un porte-parole de la police a déclaré : « La situation est complexe et pas simple. »

En novembre, le tribunal a donné à la police et aux représentants du mur Occidental 30 jours pour expliquer pourquoi ils ne protégeaient pas les femmes harcelées sur le site sacré juif de Jérusalem.

Les Femmes du mur se plaignent depuis longtemps du harcèlement et de la discrimination des instances orthodoxes qui régissent le site.

Des membres du mouvement réformiste et du Collège de l’Union hébraïque luttent contre les manifestants sur l’esplanade en face du mur Occidental, dans la vieille ville de Jérusalem, le 16 novembre 2017. (Noam Rivkin Fenton)

Le Centre d’Action Religieux d’Israël du Mouvement réformé a critiqué les efforts du gouvernement.

« Lors du débat de la Cour suprême aujourd’hui, il est devenu clair que le gouvernement d’Israël n’avait pas de calendrier pour établir la plate-forme égalitaire et qu’aucun processus de planification détaillé n’avait eu lieu », a déclaré le Rabbin Gilad Kariv chef du Mouvement israélien pour la réforme et le judaïsme progressiste.

« Les actions du gouvernement au cours des deux dernières années montrent qu’il a évidemment l’intention de maintenir la plate-forme égalitaire existante totalement séparée du kotel, sans utiliser les budgets appropriés et sans représentation pour les groupes priant dans la plate-forme égalitaire dans la gouvernance du site », a-t-il ajouté.

Yizhar Hess (2D), directeur exécutif et chef du mouvement conservateur du judaïsme à la Cour suprême à Jérusalem lors d’une audience du tribunal concernant l’accord du mur occidental, le 14 janvier 2018. (Yonatan Sindel / Flash90)

Le groupe a déclaré qu’il est « de notre conviction et notre espoir que lorsque la Cour verra les plans partiels et inappropriés du gouvernement, elle décidera que sa conduite discrimine des millions de Juifs en Israël et dans le monde entier. Nous continuerons d’agir tant dans le domaine juridique que dans le domaine public afin d’atteindre la réalité souhaitée où chaque Juif et chaque communauté juive peut prier selon leurs traditions au mur Occidental d’une manière respectueuse et égalitaire. »

En juin, le cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu a voté le gel de la mise en place d’une section de prière pluraliste permanente au mur Occidental, qui a été approuvée par les ministres en janvier 2016.

La décision du cabinet a été accueillie par une consternation générale des groupes libéraux et des Juifs de la diaspora.

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