Les forces iraniennes ont tiré 20 roquettes sur Israël, selon l’armée
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Les forces iraniennes ont tiré 20 roquettes sur Israël, selon l’armée

Aucun blessé israélien n'a été signalé lors de l'attaque ; les sirènes ont retenti sur le plateau du Golan ; le poste de l'armée syrienne a été bombardé à Quneitra

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Une vingtaine de roquettes ont été tirées sur des bases militaires israéliennes par les forces iraniennes dans le sud de la Syrie juste après minuit jeudi, dans un contexte de très fortes tensions à la frontière nord. Les tirs n’ont pas fait de victimes, quatre des projectiles ont été interceptés par les systèmes de défense anti-aériens, et les autres sont retombés en dehors d’Israël, a dit l’armée.

Il n’y a pas eu de pertes israéliennes lors de l’attaque. Un porte-parole de l’armée a déclaré que des dommages avaient été causés aux bases militaires israéliennes, mais qu’ils étaient « limités ».

L’armée israélienne a déclaré que les missiles ont été lancés par des membres des Brigades Al-Qods, du Corps des Gardiens de la Révolution iraniens (IRGC). C’était la première fois qu’Israël attribuait une attaque directement à l’Iran, qui opère généralement par procuration. Le tir de roquettes nocturne a également été l’attaque la plus importante, en termes de nombre de roquettes tirées, au cours des sept années de la guerre civile syrienne.

Téhéran a maintes fois juré de se venger après que la base militaire T-4 en Syrie a été frappée lors d’un raid aérien – largement attribué à Israël – le 9 avril, tuant au moins sept membres de l’IRGC, dont un officier supérieur responsable du programme de drones du groupe.

Une unité d’artillerie israélienne prend position près de la frontière syrienne sur le plateau du Golan le 9 mai 2018. (Jalaa Marey/AFP)

Immédiatement après l’attaque iranienne à 12 h 10, les médias syriens ont rapporté que les tirs d’artillerie israéliens visaient un poste militaire près de la ville de Baath, dans la région frontalière de Quneitra, où les forces du régime syrien étaient stationnées.

Environ une heure et demie plus tard, le journal Al-Manar, affilié au Hezbollah, a rapporté que les défenses aériennes de l’armée syrienne répondaient à une attaque aérienne israélienne contre une cible au sud-ouest de Damas.

L’agence de presse syrienne a déclaré jeudi matin que les défenses aériennes syriennes avaient intercepté des « missiles israéliens », et les médias syriens ont déclaré plus tard que les missiles avaient été tirés au-dessus du sud-ouest de Damas.

La chaîne de télévision pro-syrienne Al-Mayadeen TV a déclaré que plus de 50 missiles avaient été tirés depuis la Syrie contre les forces israéliennes sur le plateau du Golan.

Le porte-parole de l’armée israélienne a confirmé que l’armée avait riposté à l’attaque iranienne présumée, mais n’a pas voulu commenter sur les détails spécifiques.

« Tsahal considère cette attaque iranienne contre Israël avec gravité », a déclaré le porte-parole de l’armée israélienne, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus.

« Cette affaire n’est pas terminée », a-t-il ajouté.

Un homme à l’intérieur d’un abri anti-aérien dans la ville de Safed, au nord d’Israël, le 8 mai 2018. (David Cohen/Flash90)

Les sirènes ont retenti sur le plateau du Golan tout au long de l’échange, ce qui a obligé les résidents à s’abriter dans des abris anti-aériens. Le commandement du front intérieur de Tsahal a demandé aux résidents de suivre les instructions de sécurité comme il se doit.

Le porte-parole a déclaré que l’armée était encore en train de régler de nombreux détails spécifiques liés à l’attaque, tels que les bases militaires ciblées, les types de projectiles utilisés, le nombre de roquettes tirées, l’endroit d’où elles ont été lancées et le nombre de celles qui ont été interceptées.

Il est difficile de savoir si le tir de roquettes des Brigades Al-Qods constitue la mesure des représailles de l’Iran. Les évaluations des services de renseignement israéliens avant l’attaque ont indiqué que Téhéran ne cherchait pas à faire dégénérer la situation en une guerre totale, mais plutôt à trouver un moyen limité de riposter, ce qui pourrait également expliquer pourquoi les bombardements visaient des sites militaires et non des sites civils.

Capture d’écran d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, montrant apparemment un tir de roquettes iraniennes visant des positions militaires israéliennes sur le plateau du Golan le 10 mai 2018. (Twitter)

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux peu après minuit jeudi a semblé montrer le tir de missiles apparemment tirés par de multiples systèmes de lancement de fusées, ou MLRS, depuis la Syrie vers Israël.

Les résidents du plateau du Golan israélien et du plateau du Golan syrien ont déclaré avoir entendu plusieurs explosions très fortes.

L’attaque a eu lieu au lendemain d’une mise en garde par l’armée, qui a appelé les autorités locales sur le plateau du Golan à ouvrir des abris anti-aériens, à la lumière des activités « anormales » des forces iraniennes en Syrie. Le bombardement a également fait suite à l’annonce faite mardi soir par le président américain Donald Trump qu’il retirait les États-Unis de l’accord nucléaire iranien et réimposait des sanctions contre Téhéran.

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